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Voici l'effet des smartphones sur le sperme

Voici l'effet des natels sur le sperme

Plus un homme utilise son téléphone portable, plus son sperme sera pauvre en spermatozoïdes. C'est en tout cas ce que dit une étude menée par l'Université de Genève (Unige) et l'Institut tropical et de santé publique suisse (Swiss TPH).
01.11.2023, 06:4501.11.2023, 13:08
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Pour parvenir à ce constat, les scientifiques se sont appuyés sur les données de 2886 hommes suisses, âgés de 18 à 22 ans, qui ont été recrutés entre 2005 et 2018, au sein de six centres de conscription militaire du pays, indique l'Unige mercredi. Cette étude a d'ailleurs fait l'objet d'un article dans la revue Fertility & Sterility.

Comment ça marche?

Un questionnaire a été soumis à ces jeunes hommes, portant sur leurs habitudes de vie, leur état de santé et la fréquence à laquelle ils utilisaient leur mobile. On leur a aussi demandé l'endroit où ils plaçaient leur appareil quand ils ne s'en servaient pas, relève le professeur genevois Serge Nef, cité dans le communiqué. Les informations ainsi récoltées ont permis «d'établir une corrélation entre une utilisation importante et une concentration plus faible de spermatozoïdes», écrit l'Unige.

En chiffres, la concentration médiane chez un groupe d'hommes qui n'utilisaient pas leur téléphone plus d'une fois par semaine s'élève à 56,5 millions de spermatozoïdes par millilitre. Elle tombe à 44,5 millions de spermatozoïdes par millilitre pour les hommes qui se servent de leur mobile plus de 20 fois par jour.

De la 2G à la 4G

Par ailleurs, l'évolution technologique des appareils semble aussi jouer un rôle. La corrélation s'est avérée plus prononcée au cours de la première période d'étude (2005-2007) que par la suite. «Cette tendance correspond au passage de la 2G à la 3G, puis à la 4G», qui a entraîné une baisse de la puissance d'émission des téléphones, explique Martin Röösli, professeur associé au Swiss TPH.

Ce travail de l'Unige et de Swiss TPH repose sur des bases plus solides que les études précédentes sur la question. Ces dernières avaient, en effet, été réalisées sur un nombre relativement faible d'individus. Elles prenaient aussi rarement en compte le mode de vie et les participants étaient recrutés dans des cliniques de fertilité, entraînant ainsi un biais de sélection.

L'analyse des données «semble également démontrer que la position du téléphone, dans la poche du pantalon par exemple, n'est pas associée à des paramètres de sperme plus faibles». Rien d'évident, toutefois, concernant ce volet, car le nombre de personnes ayant affirmé ne pas porter leur mobile près du corps était trop petit pour tirer des conclusions solides.

Une recherche toutefois limitée

Les constats issus des travaux qui ont été menés par l'UNIGE et Swiss TPH sont à prendre avec une certaine prudence. Comme la plupart des recherches qui portent sur les effets de l'utilisation du téléphone portable sur la qualité du sperme, ils se sont appuyés sur des données autodéclarées, «ce qui constitue une limite».

Une toute nouvelle recherche financée par l'Office fédéral de l'environnement (Ofev) devrait permettre d'en savoir plus. Il s'agit, en effet, de mesurer précisément et directement l'exposition aux ondes électromagnétiques selon la manière d'utiliser le téléphone portable (appel, navigation, message) et d'en évaluer les impacts sur la santé reproductive masculine.

De nombreuses études ont déjà montré que la qualité du sperme a diminué ces cinquante dernières années dans les pays industrialisés en raison de plusieurs facteurs (perturbateurs endocriniens, pesticides, radiations). Le nombre de spermatozoïdes par millilitre serait ainsi passé, en moyenne, de 99 millions à 47 millions.

«En outre, le pourcentage de chance de grossesse diminuera si cette concentration est inférieure à 40 millions par millilitre»

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a établi qu'un homme mettra plus d'un an à concevoir un enfant si sa concentration en spermatozoïdes est inférieure à 15 millions par millilitre. (ats/sia)

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