Fellations, plans à 3: cette boutique Tom Ford est au cœur d'un scandale
Pour vous figurer Design District, à Miami, il suffit d'imaginer une sorte de terrain de jeux pour adultes fortunés. Une ambiance dubaïote, à la fois proprette et bling-bling. Des palmiers si parfaits qu'ils ont l'air d'être en plastique. Des trottoirs plus brillants que les robes de créateurs qui s'étalent dans les boutiques Fendi et Ferragamo, de part et d'autre de la route.
Ici et là, sur des parcelles de pelouse tondue avec maniaquerie, des œuvres d'art moches (de celles que les riches plantent devant la piscine de la terrasse de 1200 mètres carrés) se tiennent compagnie.
Pendant que, non loin d'un étoilé Michelin et de «Maman», le dernier spot où les influenceuses du coin vont s'approvisionner en salades aux supergreens et matcha au lait d'avoine, un «café Dior» accueille les touristes qui n'ont pas peur de débourser 20 dollars pour un cappuccino et un croissant (dites-le avec l'accent américain).
Bref, vous voyez l'idée.
C'est dans ce quartier aussi neuf que fake, globalement dépourvu d'intérêt pour ceux qui n'ont pas les moyens de lâcher 10 000 dollars dans un complet Saint Laurent, où il fait bon de voir et d'être vu, que s'est tenu le dernier scandale salace qui anime les dîners en ville.
Selon Page Six, cette affaire implique l'un des meilleurs vendeurs de la boutique Tom Ford de Design District, un «vétéran du commerce de luxe», et sa manager – une« femme grande, mince et élégante, bien connue dans les cercles mondains de la ville», décrit le tabloïd.
Dans une plainte déposée par cet employé expérimenté, qui œuvre au sein de la marque de luxe depuis des années, l'homme affirme avoir observé sa responsable user de méthodes commerciales pour le moins... singulières.
Selon le document, c'est à partir de 2020 que ladite manager aurait commencé à raconter à ses employés ses «aventures» avec «plusieurs baleines» ( un terme désignant des clients extrêmement fortunés) dont un riche réalisateur, désigné dans le document sous le nom de «Mr. B».
Jusque-là, pourquoi pas. Sauf que le pauvre vendeur se retrouve bientôt impliqué dans les affaires de sa responsable. Ainsi, un jour, l'intéressée lui aurait ainsi demandé de «monter la garde» pendant «qu’elle pratiquait une fellation sur Mr. B dans les cabines d’essayage».
«Elle exigeait que je distraie l’épouse de Mr. B avec des démonstrations de maquillage pendant qu’elle avait des relations sexuelles avec Mr. B dans la cabine du magasin», détaille le vendeur, dans sa plainte.
Par souci de conserver son statut de vendeur d'élite de la boutique et de voir sa vie passablement se complexifier s'il ne s'exécute pas, il se plie aux demandes de sa supérieure.
Mais Mr. B ne serait pas le seul client à bénéficier des largesses présumées de la manager; selon le vendeur, au moins trois autres «baleines», dont un avocat influent de Palm Beach, auraient eu des relations avec cette gérante pas comme les autres.
Par la suite, lorsque la responsable s'inquiète de perdre un important client du magasin (selon Page Six, le PDG de l’une des «plus grandes entreprises du monde», désigné dans la plainte comme «Mr. L»), elle soumet à son employé une idée pour le moins peu orthodoxe.
«Un jour, alors que j’étais en surface de vente, la manager m’a dit que Mr. L voulait faire un plan à trois avec moi», explique-t-il dans les documents. «Elle a laissé entendre que la fidélité de Mr. L à la marque dépendait de mon consentement à sa demande sexuelle.»
L'histoire ne dit pas si le vendeur a fini par accéder à cette demande. Reste que, après des années de silence, ce dernier s'est décidé à signaler le comportement de sa supérieure à l’entreprise, Tom Ford Fashion. Laquelle n’aurait d’abord «rien fait pendant des mois», avant d’exercer des représailles à son encontre. Et de licencier la manager.
En octobre 2025, le vendeur en remet un couche: il dépose plainte contre Tom Ford Fashion auprès de l’EEOC, l’agence fédérale américaine chargée de lutter contre les discriminations. Selon les registres en ligne, l’agence a ouvert une enquête. Le vendeur, pour sa part, a attesté l’exactitude de ses déclarations sous peine de parjure.
Contacté par Page Six, un porte-parole de Tom Ford Fashion affirme avoir «mené une enquête approfondie sur les affirmations de [l’employé]. Nous contestons fermement la manière dont il caractérise cette affaire ainsi que les accusations qu’il formule aujourd’hui, et nous y répondrons au moment opportun par les voies juridiques appropriées.»
Quant à la manager mise en cause, elle n'a pas donné suite aux sollicitations du média américain. Et encore moins souhaité fournir quelques précieux conseils marketing.
