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Ovnis: on a épluché les 36 pages du rapport de la Nasa

Bill Nelson est l'administrateur de la National Aeronautics and Space Administration.
Bill Nelson est l'administrateur de la National Aeronautics and Space Administration.image: getty, montage: watson
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On a fouillé les 36 pages du rapport de la Nasa sur l'existence des ovnis

Jeudi, 16 experts ont scruté les ovnis et les (in)compétences de l'agence spatiale américaine. En gros? Il y a les «phénomènes anormaux non identifiés» qui ont une explication rationnelle et ceux qui n'en ont pas... encore. Et la Nasa est officiellement appelée à faire le ménage, parce que c'est un peu le bordel.
16.09.2023, 16:1716.09.2023, 17:33
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Le hasard du calendrier est fantastique. Mercredi, lors d'une session spéciale du Congrès mexicain, deux momies prétendument «extraterrestres» ont été exposées au public. «Des aliens vieux de mille ans», selon l'ufologue controversé Jaime Maussan. Or, quelques heures plus tard, plusieurs médias américains, flairant la supercherie, démontraient que l'hurluberlu avait déjà présenté ce tas d'os (humains) dans un documentaire datant de 2017.

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Jeudi, et sans se concerter avec l'ufologue, seize scientifiques mandatés par la Nasa ont livré leurs recommandations au sujet des objets volants non identifiés. Plus spécifiquement, ils nous dévoilent pourquoi et comment la célèbre agence fédérale pourrait se bouger le popotin pour offrir ses compétences. Afin de détecter des ovnis? Nan! Pour aider à couper court aux spéculations loufoques.

Trente-six pages qui louent avant tout les qualités de la Nasa, avec des photos d'objets volants étranges et une conclusion qui n'en est pas vraiment une: soit les «phénomènes anormaux non identifiés» ont une explication rationnelle, soit les «phénomènes anormaux non identifiés» qui n'en ont pas... encore.

«Nous n'avons trouvé aucune preuve suggérant que les phénomènes anormaux non identifiés sont d'origine extraterrestre»
L'astrophysicien David Spergel, qui a supervisé l'étude.
Un bien joli rapport avec une photo de la Terre!
Un bien joli rapport avec une photo de la Terre!

En d'autres termes, ce n'est pas demain qu'on voudra nous dire que la vie extraterrestre est une réalité.

En attendant, on a soigneusement épluché les trente-six pages de ce rapport publié en fin de semaine. (Savez-vous, par exemple, qu'il existe un «Bureau de résolution des anomalies dans tous les domaines» aux Etats-Unis?)

Allez, voici le rapport en punchlines:

Bonjour! Que fait la Nasa?

«Une partie essentielle de la mission de la Nasa consiste à explorer l'inconnu en utilisant le processus rigoureux de la méthode scientifique»

La méthode scientifique?

«Elle incite à résoudre les problèmes en évaluant de manière impartiale nos propres idées et en acceptant de nous tromper»

Ok, on passe aux ovnis?

«Récemment, de nombreux témoins crédibles, souvent des aviateurs militaires, ont rapporté avoir vu des objets qu'ils ne reconnaissaient pas dans l'espace aérien américain»

Il paraît oui.

«La plupart de ces événements ont, depuis, été analysés et expliqués»

La plupart!

«Mais un petit nombre d'entre eux ne peuvent être immédiatement identifiés comme des phénomènes naturels ou d'origine humaine»

Oui, ce qu'on appelle des ovnis...

«Ces événements sont désormais collectivement appelés Phénomènes Anormaux Non identifiés (PAN)»

Ah? C'est plus des objets?

«Notre principal défi, c'est que les données nécessaires pour expliquer ces anomalies n'existent pas»

Et les témoins alors?

«Y compris les rapports de témoins oculaires, qui peuvent être intéressants et convaincants, mais...»

Mais?

«... qu'on ne peut pas reproduire»

Mince. C'est quoi le plan?

«Pour comprendre les PAN, il est donc essentiel de disposer d'un cadre scientifique rigoureux»

Vous avez un cadre déjà, non?

«La Nasa dispose d'un large éventail de moyens d'observation de la Terre et de l'espace»

Oui, ça, on savait.

«La flotte de satellites d'observation de la Terre, qui appartient à la Nasa, est celle qui recueille le plus de données»

C'est un bon début!

«Mais ils n'ont pas la résolution nécessaire pour détecter des objets relativement petits, tels que les phénomènes anormaux non identifiés»

C'est pas de chance.

«Mais ces satellites devraient encore jouer un rôle important de soutien pour déterminer les conditions environnementales qui coïncident avec la présence d'un PAN»

Donc il faut se concentrer sur ce qu'il y a autour de ce qu'on ne comprend pas?

«Par exemple, les capteurs avancés des missions Terra et Aqua»

On dirait des groupes de pop...

«Nous avons encore confiance en ces outils»

C'est rassurant. Autre chose?

«Le réseau de radars Doppler NEXRAD, 160 radars météorologiques exploités conjointement par la FAA, l'U.S. Air Force et le National Weather Service»

C'est bien de bosser en équipe!

«Il y aussi les satellites géostationnaires opérationnels»

D'accord.

«Ils sont essentiels pour détecter des objets intéressants dans le fouillis aérien»
«Sans oublier l'observatoire Vera C. Rubin, qui offrira de puissants compléments dans la recherche d'objets anormaux au-delà de l'atmosphère terrestre»

Vous êtes bien équipés, dites.

«Mais quels que soient les outils...»

Ah...

«Il faut noter que le rôle central d'une approche rigoureuse est fondé sur des données probantes»

Vous l'avez déjà dit ça.

«A ce jour, les données relatives aux PAN sont constituées d'observations initialement acquises à d'autres fins, qui manquent souvent d'informations adéquates»

Bon, on peut avoir un exemple de phénomène anormal non identifié?

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«Objet en Asie du Sud»

Images prises par un MQ-9 d'un objet non identifié en Asie du Sud avec un sillage atmosphérique apparent ou une cavitation apparente.

Et c'est quoi cet objet?

«Cet objet a été évalué plus tard comme un avion commercial par le Bureau de résolution des anomalies dans tous les domaines. La cavitation est probablement un artefact de capteur résultant de la compression vidéo»

Le «Bureau de résolution des anomalies dans tous les domaines»?

«C'est un site web lancé par le ministère de la Défense, qui informe aussi le public de ses efforts pour comprendre et résoudre les phénomènes anormaux non identifiés»

Ça pourrait aussi faire un bon titre de film réalisé par Tim Burton.

«Il faut savoir que l'industrie américaine de la télédétection commerciale possède des capteurs d'observation de la Terre qui ont le potentiel de résoudre directement les phénomènes anormaux»

Il y a forcément un mais.

«La limite de ces données est qu'à tout moment, la majeure partie de la surface de la Terre n'est pas couverte par ces satellites»

Aïe, vous comptez sur un coup de bol?

«Il faut donc aussi à chaque fois avoir de la chance, pour obtenir des observations paranormales à haute résolution depuis l'espace»

Vous vous sentez utiles?

«Dans le cas des études des PAN, où les données proviennent souvent d'instruments qui n'ont pas été conçus pour cela, la Nasa peut jouer un rôle consultatif important»

Les outils ne sont pas les bons?

«Il a été démontré que plusieurs phénomènes n'étaient en réalité que des artefacts du capteur»

Genre, un bruit bizarre, c'est pas un ovni, mais l'appareil photo?

«Les caractéristiques du bruit, le moment de son enregistrement et le fabricant doivent être analysés en même temps pour une caractérisation précise d'un phénomène»

Quoi d'autre?

«Il faudra aussi travailler sur l'automatisme de stigmatisation»

Ne plus se foutre de la gueule de celui qui croit voir un ovni?

«L'implication de la Nasa dans la collecte de données futures jouera un rôle important dans la prise au sérieux des personnes qui rapportent la présence d'un phénomène anormal»

Pourquoi?

«Le public accorde depuis longtemps une grande confiance à la Nasa»

Allez, petite pause avec un objet bizarre:

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«Objet au Moyen-Orient»

Images prises par un MQ-9 d'un objet argenté ressemblant à une sphère. En raison du manque de données, l'objet n'a pas été identifié.

Comment peut-on analyser un truc pas normal qui a été signalé?

«Il y a deux approches principales»

On commence par la première?

«La première consiste à construire un modèle qui représente les caractéristiques attendues du signal. Puis à rechercher les correspondances par rapport à ce modèle»

Et l'autre?

«La seconde approche consiste à utiliser un modèle des propriétés de l'arrière-plan et à rechercher tout ce qui s'écarte de ce modèle»

C'est quoi le mieux?

«La première approche est difficile, car nous ne disposons pas d'une description cohérente des caractéristiques physiques de l'objet en question»

Y en n'a pas d'autres?

«Une troisième voie potentielle d'analyse scientifique consiste à croiser les bases de données étendues de la Nasa avec les lieux et les heures des événements anormaux signalés»

Ah, oui, ça paraît logique, les flics font pareil avec les criminels.

«Et l'intelligence artificielle permettra à la Nasa d'offrir une contribution de premier plan»

Rien à voir: que faire des "objets" détectés qui ont une vitesse anormale?

«Nous connaissons la gamme de vitesses et d'accélérations que peuvent atteindre les plates-formes, les drones, les ballons et les avions les plus modernes»

Chapeau!

«Les écarts par rapport à ce comportement sont scientifiquement intéressants pour l'évaluation et l'analyse des phénomènes anormaux»

Un machin qui vole à 2 millions de km/h par exemple?

«En ce qui concerne la vitesse, le groupe d'experts insiste sur le fait qu'il est essentiel de déterminer clairement les distances pour comprendre et corroborer toute anomalie»

Oui, vous l'avez déjà dit...

«Mais on rappelle que la grande majorité des PAN ont des explications prosaïques»
«Il est donc essentiel de mettre en place un cadre plus solide et plus systématique ainsi qu'un référentiel de données pour les signalements de phénomènes anormaux non identifiés»

Le 911, c'est pas suffisant?

«Les citoyens souhaitant signaler des anomalies contactent les forces de l'ordre locales ou une ou plusieurs organisations non gouvernementales»

Et alors?

«C'est inadéquat»

Pourquoi?

«Bien que ces témoins oculaires soient parfois convaincants, ils ne permettent pas à eux seuls de tirer des conclusions définitives»

Mmmh.

«Cela devrait se faire au sein d'un cadre solide et avec un suivi fondé sur des données recueillies de manière systématique»

C'est là que la Nasa entre en jeu?

«Le système de rapports sur la sécurité aérienne de la Nasa est une voie particulièrement prometteuse»

Pourquoi?

«En 47 ans, cette entité a reçu 1'940'000 signalements, soit une moyenne d'environ 100'000 par année»

Ah ouais, quand même.

«Elle pourrait également mener des recherches concernant de possibles algorithmes incorporés dans les futurs systèmes de gestion du trafic aérien»

Une ufo-tour de contrôle?

«Pour détecter et analyser les phénomènes anormaux en temps réel»

Mais, en gros, vous recommandez quoi exactement?

«Que la Nasa joue un rôle de premier plan dans les efforts déployés par l'ensemble du gouvernement pour comprendre les phénomènes anormaux non identifiés»

Parce que c'est le bordel?

«À l'heure actuelle, la détection de ces phénomènes est souvent fortuite»

Et les gens sont pris pour des fous.

«En étant présente, la Nasa réduira immédiatement l'impression de stigmatisation au moment de signaler un phénomène»
«Les citoyens sont importants dans ce processus»

Oui, mais comment?

«La Nasa devrait étudier la viabilité du développement ou de l'acquisition d'un système de crowdsourcing»

Un Tinder de l'ovni à télécharger sur son smartphone?

«Des applications libres installées sur les smartphones, afin de recueillir des données, des images de manière plus simple et plus sécurisée»

Vive la Nasa?

«La Nasa doit jouer un rôle de leader dans ce domaine»
Cette vidéo d'OVNI serait authentique, selon un expert.
Video: watson
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