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Coupe du monde 2022: chers Américains, arrêtez de vouloir gagner au foot

Quand il ne perd pas avec la sélection américaine, Tim Weah joue à LOSC Lille. Mais c'est surtout un Ricain qui, enfant, a décidé de ne pas faire de basket ou de base-ball. How dare you?
Quand il ne perd pas avec la sélection américaine, Tim Weah joue à LOSC Lille. Mais c'est surtout un Ricain qui, enfant, a décidé de ne pas faire de basket ou de base-ball. How dare you?
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Chers Américains, please: arrêtez de vouloir gagner au foot

Vous avez inventé le base-ball, le Coca-Cola, Britney Spears, la guitare électrique, le revolver, le ventilateur et le Bureau ovale. Laissez donc le reste du monde se disputer le ballon rond.
05.12.2022, 20:5006.12.2022, 06:44
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Que vous soyez chargés de boutiquer la prochaine Coupe du monde en 2026 n'y change rien: chers Américains, for God's sake, arrêtez d'aimer le football. Le nôtre, s'entend. Ce football qui peut se jouer sans gouttière dentaire et sans décoiffer les coupes de douille. Celui qui est actuellement célébré dans un pays occupé à enterrer des ouvriers et à pourchasser les homosexuels. Et qui, ces jours, fait dangereusement miroiter à la Nati un ersatz de panthéon national, laissé vacant par un certain Roger Federer.

Please give up, guys. Bottez en touche, remisez les cuissettes et laissez-nous doucement départager nos égos, dans cette surface de réparation beaucoup trop dense pour y abriter une nation qui baptise ses équipes de soccer comme des blockbusters de chez Pixar.

(Coucou, Los Angeles Galaxy.)
(Coucou, Los Angeles Galaxy.)

Certes, votre «réservoir démographique permet de produire de bons footballeurs», osait Le Monde peu avant votre élimination. Certes encore, le Qatar ne fut qu'une énième étape dans votre ambition de faire bouffer le gazon aux grandes nations en 2026. Or, sans provocation aucune, vous resterez sans doute au football ce que la Suisse est au cinéma: un centre d'animation socio-culturel.

Loin de nous l'idée de vous empêcher de perdre des matchs, ce que vous avez d'ailleurs brillamment fait contre les Pays-Bas samedi après-midi. Même le maire de New York concède avoir «aimé assister» à votre «défaite» depuis les tribunes. Avant de s'avouer plus volontiers «impressionné par le nouveau système de métro de Doha», si l'on en croit la stupéfaction de cet honnête journal local américain.

N'en déplaise aussi à papy Biden, investi comme jamais dans votre adorable aventure qatarie. Jusqu'à s'afficher dans des vidéos désuètes et au budget moins conséquent que le prix des homards glissés sous le nez d'Emmanuel Macron, vendredi soir à la Maison Blanche.

Tout cela peut paraître un poil malhonnête, vous avez raison. Au Qatar, le onze américain n'a pas démérité. Et ce fut même plutôt touchant de boire votre optimisme à la paille.

Cependant, échouer avec les honneurs n'est pas dans les habitudes d'un pays qui hisse au pouvoir des milliardaires férocement mauvais perdants. C'est même plus triste que ça. Nous, le reste du monde, avons été biberonnés à vos victoires plurielles, caloriques et spectaculaires. Les pectoraux aux firmaments et l'épate au ceinturon. God bless vos véritables compétences!

Quand on abrite Jimmy Hendrix, Michael Jordan, Jay-Z, Paris Hilton, The Rock, Mark Zuckerberg et Ronald McDonald, ça fait mal aux fesses de vous voir trébucher dans les seize mètres. N'ayez pas les yeux plus gros que le ventre, vous qui maîtrisez déjà le base-ball, le dunk, le Coca-Cola, la pop, le box-office, les flingues, l'entertainment, les réseaux sociaux et les chicken wings.

Autant d'exploits qu'on décalque à la va-vite, en vous insultant au passage, quitte à glisser du fromage à raclette dans des burgers ou à considérer Eric Stauffer comme notre mini Donald Trump. En Suisse, on vous admire tellement que la moindre érection d'une tourelle dédiée à la tech peut devenir une «Silicon Valley du Nord-Vaudois». Tout ça, dans l'espoir un peu vain de briller comme le capot d'une Mustang Fastback sous le soleil de Tucson.

Et puis, ne vous fatiguez pas: on sait très bien que vous faites semblant d'ignorer très fort l'existence d'une équipe de football américain baptisée AFC Morges Bandits.

Franchement, chacun sa merde, non?

Votre truc à vous, c'est l'esbroufe de haut niveau, le WTF érigé en doctorat, le divertissement efficace (et rentable), les superlatifs en take-away, les Air Max exposés dans des musées. Et c'est avec la même énergie galvanisante que vous noyez nos meilleurs joueurs sous les dollars, une fois officiellement en pré-retraite. A l'image de notre cher Xherdan Shaqiri, qui met le feu à la rigolote équipe des Chicago Fire.

Mais oui, vous savez, cette équipe qui porte le même nom qu'une série TV... et qui apparaît en premier lorsqu'on tente de s'en enquérir sur Google (que vous avez aussi inventé, motherfukers).

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Alors, please, en toute bonne foi, chers Américains: arrêtez d'aimer notre football. Même si on nous faire croire que Messi envisage sérieusement de finir ses jours à l'Inter Miami (LOL), propriété d'un certain David Beckham.

Dans quatre ans, contentez-vous de triompher dans ce qu'on salopera toujours ici: le grand spectcale. Faire chanter Beyoncé à la mi-temps d'un nouveau Suisse-Portugal, tiens.

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