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Breel Embolo a donné une mauvaise image de lui au tribunal

Der Fussballspieler Breel Embolo, links, und sein Berater, rechts, fotografiert am Mittwoch, 21. Juni 2023 beim Gericht fuer Strafsachen in Basel. (KEYSTONE/Patrick Straub)
Breel Embolo devant le tribunal avant l'audience, mercredi à Bâle.Image: KEYSTONE
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Insolent, Embolo donne une très mauvaise image de lui à son procès

Jugé et condamné mercredi à Bâle, l'attaquant de la Nati s'est révélé être un macho irrespectueux. Insulte aux journalistes, masculinité toxique, rires pendant l'audience: il a aligné les faux pas.
26.06.2023, 07:18
Andreas Maurer / CH MEDIA
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Breel Donald Embolo considère que les lois humaines ne sont pas légitimes pour se prononcer sur son cas. Sur Instagram, il écrit, après le verdict – qui le condamne – du tribunal pénal de Bâle, que seul Dieu peut le juger.

Le juge n'a pas accédé à la demande de la star de la Nati de pouvoir s'absenter du reste de l'audience. Néanmoins, le footballeur ne s'est pas présenté à l'énoncé du jugement. Son avocat explique dans la salle qu'Embolo veut éviter les projecteurs des médias. Qu'il s'agit aussi d'une question de respect à son égard.

Et quel respect montre Embolo, lui? Dans sa story Instagram, il publie une photo des vidéo-journalistes et des photographes présents au tribunal et les insulte. Apparemment, de son point de vue, les médias ne doivent être là que lorsqu'il marque des buts. Mais lorsqu'il se comporte mal, ils doivent détourner le regard.

La story Instagram en question

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Pourtant, même lors de son passage au tribunal, Embolo a été accompagné avec bienveillance. Un journaliste local, qui a cru jusqu'au bout à l'innocence de la star du football, n'attendait que cela pour lui demander un autographe pour son fils.

Et même le procureur qui a poursuivi Embolo a estimé, en justifiant la peine pécuniaire avec sursis, que le footballeur avait sans doute mieux maîtrisé ses émotions aujourd'hui, à 26 ans, qu'à l'époque des faits, à 21 ans. En insultant des journalistes après le procès, Embolo prouve le contraire.

Arrogance, violence verbale et ami «justicier»

La juge unique Katharina Giovannone (Les Verts) le condamne à une amende avec sursis de 180'000 francs pour menaces multiples. Elle qualifie son comportement de «sournois». Elle estime en outre injuste qu'il ait profité de son statut social («Tu ne sais pas qui je suis?», avait-il dit à son adversaire lors de la bagarre). Il a commis cet acte par fierté blessée, tranche la femme de loi.

Selon l'état des connaissances après les deux jours d'audience au tribunal, l'incident s'est déroulé comme suit une nuit du mois de mai 2018. A cinq heures du matin, une jeep noire arrive dans le quartier festif de Steinenvorstadt, à Bâle. De nombreuses personnes s'y trouvent. Embolo attend qu'une place de parking se libère pour aller en boîte.

Embolo prend les journalistes en photo, mercredi à Bâle.
Embolo prend les journalistes en photo, mercredi à Bâle. image: keystone

Une femme le reconnaît dans la rue et lui fait signe. Il baisse la vitre et pose pour une photo. Lorsqu'une autre femme s'approche, Embolo lui demande si, elle aussi, veut une photo avec lui. Elle répond par la négative: «Je n'en ai pas besoin». C'est alors qu'un homme en arrière-plan rit aux éclats.

Embolo sort de la voiture et veut demander des explications à ce dernier. En même temps, il s'intéresse à la femme qui voulait une photo avec lui. Il lui demande sans cesse comment ils se connaissent. Car, oui, ils se sont déjà rencontrés une fois. Elle trouve certes «super sympa» de sa part d'avoir accepté la photo. Mais elle veut désormais retourner discuter avec ses amies. La rencontre avec la star du foot envahissante devient désagréable pour elle.

Un ami s'interpose alors et dit à Embolo: «Tu ne vois pas qu'elle ne veut plus te parler?» L'attaquant de la Nati répond: «Tu ne sais pas qui je suis?»

Une bagarre éclate. Les femmes s'enfuient pour éviter le danger. Les deux hommes se retrouvent tête contre tête. Embolo balance à son adversaire: «Je vais te casser la gueule!» Et il le menace de se faire taper par ses amis: «Si tu veux du stress, je trouverai vite des gens qui voudront du stress avec toi».

L'attaquant de la Nati s'est souvent montré plus inspiré sur le terrain que mercredi au tribunal.
L'attaquant de la Nati s'est souvent montré plus inspiré sur le terrain que mercredi au tribunal. image: Keystone

Le meilleur ami d'Embolo, un attaquant d'un club de troisième division, passe à l'action. Il arrive par le côté et donne un coup de poing au visage de l'un des hommes qui accompagnaient les jeunes femmes. La victime n'a pas le temps de se protéger. L'os nasal est fracturé à plusieurs endroits. Aujourd'hui encore, cinq ans plus tard, il y a des séquelles.

Un macho au-dessus des lois

Et que dit Embolo à ce sujet? Au tribunal, il minimise l'affaire. «Je pensais que c'était une petite chose qui pouvait arriver entre garçons». Il banalise le coup sur le nez en le qualifiant de «poussette». Lorsque son avocat veut lui donner l'occasion de se montrer sous son meilleur jour en lui posant une question amicale, Embolo donne un aperçu de sa représentation de la masculinité:

«Je n'ai pas besoin de menaces. Je mesure 185 cm»
Breel Embolo

Lorsque la juge lui pose des questions, il rit et l'interrompt. Lorsque les parties civiles font des déclarations, il grimace et lève les yeux au ciel.

Avec cette attitude, Embolo porte atteinte à sa réputation. Par le passé, il s'est déjà fait remarquer à plusieurs reprises par des gros titres négatifs en dehors du terrain. Mais même dans ce cas, il a toujours été jugé avec bienveillance. On a toujours dit de lui qu'il était un petit garçon.

La condamnation d'Embolo en détail👇

Mais une ébauche du personnage se dessine: l'attaquant de la Nati et de Monaco semble détaché et ne se sent pas lié par les règles qui s'appliquent aux citoyens ordinaires. Pour lui, il n'y a pas de limites de vitesse, pas de règles sanitaires anti-Covid, pas d'obligations de présence. Et même pas de règles de bienséance.

Lors du procès, Embolo a demandé une réparation pour préjudice moral en raison de la couverture médiatique. La juge a balayé en affirmant qu'elle n'était pas responsable de ça. A l'adresse d'Embolo, qui n'était pas présent, elle a botté en touche: «Pour ça, vous devez vous adresser aux médias».

L'avocat du footballeur revendique le dernier mot. «Nous allons faire appel», promet-il.

Pour avoir séché le prononcé du jugement, la juge pourrait infliger une amende à Embolo. Mais elle y renoncera, comme elle le révèle dans un entretien avec CH Media, groupe auquel appartient watson. La magistrate peut comprendre dans une certaine mesure que le footballeur veuille éviter les médias, concède-t-elle dans le couloir du tribunal.

Adaptation en français: Yoann Graber

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