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Giro et Covid: le sort s'acharne sur le cyclisme

epa10619235 Belgian rider Remco Evenepoel of team Soudal Quick-Step during the signing in ahead of the fifth stage of the 2023 Giro d'Italia cycling race over 171 km from Atripalda to Salerno, It ...
Le Belge a quitté le Giro après avoir été touché par le virus.Keystone

Le sort s'acharne sur le cyclisme

Contrairement à de nombreux autres sports, le vélo effectue encore des tests Covid. La discipline la plus surveillée et contrôlée en paie une fois de plus seule le prix.
16.05.2023, 16:4516.05.2023, 18:46
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Les masques sont à nouveau obligatoires sur les routes italiennes. Le renforcement des contrôles sur le Giro sonne comme un vieux refrain, une musique entêtante qu'on essaie de se sortir de l'esprit, mais qui vous reste inlassablement en tête. Les suiveurs et fans ont dû le ressentir au moment où Remco Evenepoel, alors maillot rose et vainqueur du contre-la-montre dominical, a annoncé son retrait pour un test positif au Covid.

Quelle poisse, alors que les écarts s'étaient resserrés, que les Ineos-Grenadiers montaient en puissance et que Roglic se bonifiait au fil des jours. Et voilà que ce fichu virus vient tout flanquer par terre.

Le Covid régnait déjà sur le Tour de Romandie

Outre la déception sportive, il en va (d'abord) de la santé du coureur. Selon les informations des différents médias belges, la décision de le retirer était la plus sage. «Quand le médecin de l’équipe (Toon Cruyt) dit stop, on arrête, tout simplement…», relativisait le père du prodige de Brabançon.

Plus tard, Sven Erik Bystrøm a avoué (avant d'abandonner aujourd'hui) continuer sa route sur le Giro malgré un test positif après de légers symptômes. Interrogé par la chaîne Eurosport Norvège, le coureur de la formation Intermarché poursuit:

«Si tout le monde doit abandonner après un test positif, il ne restera presque plus de coureurs quand nous arriverons à Rome»
Sven Erik Bystrøm

Si le règlement de l’UCI a été revu et allégé depuis juin 2022, et n’oblige plus les coureurs à abandonner dès qu’un test s’avère positif, les effets du Covid restent encore incertains pour le corps - surtout pour d'hypothétiques dégâts cardiaques.

Sur l'asphalte transalpin, il y a une hécatombe dans le peloton, où plusieurs cyclistes seraient sont en train de pousser la machine alors qu'ils sont malades. Mais une question se pose: pourquoi le cyclisme continue à être touché par le Covid?

Le tennis préfère taire ses symptômes

Dans les autres sports, spécialement dans le monde du tennis, les joueurs préfèrent taire les symptômes, étouffer une toux et ne surtout pas faire un test. En somme, il faut faire profil bas pour ne pas éveiller les soupçons, pour s'éviter une bulle sanitaire, ce vieux cauchemar que les joueurs et joueuses avaient mal vécu les conditions drastiques.

Mais le cyclisme continue son travail de sape, ses contrôles incessants et se retrouve dès à présent en première ligne. Ces athlètes de haut niveau enchaînent des efforts monstrueux et peuvent avoir des conséquences cardiaques. Patrick Lefevere assurait devant la presse: «Vous ne savez jamais ce qu'il se passe dans le corps. Ce n'est pas un travail de 9h à 17h.»

L'autre spectre qui persiste

Il est bien connu que pratiquer un sport (surtout de manière intensive) pendant une infection, c'est se mettre dans une situation à risque. Alors quand l'accumulation de soupçons s'empile sur les réseaux sociaux, le boss de la Soudal Quick-Step s'énerve et le cyclisme retrouve l'autre (et éternel) spectre qui lui pèse sur les épaules: le dopage. Il se disait même très agacé par «l'accumulation de bêtises» écrites sur Twitter, au journal Le Soir.

Retirer le joyau belge de la course au maillot rose était une décision réfléchie et sage, sacrifiant les sommes d'argent investies et l'objectif d'un titre à Rome. Le spectre du Covid n'a surtout jamais disparu, il traîne encore dans les esprits de coureurs chevronnés tels que Chris Froome, incapable de revenir du covid de son propre aveu, ou comme Jakob Fuglsang, scotché par un deuxième vaccin et se plaignant de ne plus avancer. Le cyclisme est un sport où la souffrance extrême est synonyme de plat principal.

Le Britannique avait même confié que «beaucoup de gars se battent vraiment avec des séquelles deux ou trois mois plus tard», en décembre 2022.

La sagesse a donc parlé du côté de Patrick Lefevere, bien décidé à ne pas amocher sa perle, ou son futur cannibale.

Un accident entre un cycliste et un automobiliste sème le doute
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