Ce moment a tout changé pour la nouvelle star romande de l'athlétisme
Audrey Werro brille cette année sur le 800 mètres. La Fribourgeoise l'a encore prouvé cette semaine aux Européens de Birmingham, où elle disputera les demi-finales ce jeudi (13h10).
Lors de ses victoires en Diamond League à Stockholm (1’53’’98) et Paris (1’53’’80), elle est devenue seulement la troisième coureuse de l’Histoire à passer sous la barre des 1’54’’. Et personne n’a eu l’impression que la Suissesse avait déjà atteint le sommet de ses capacités.
Christiane Berset Nuoffer, qui entraîne Werro depuis junior au sein de son club de toujours, le CA Belfaux, a elle aussi été surprise par ces chronos. Cette enseignante de métier – elle l'a mis entre parenthèses depuis un an – se consacre désormais pleinement à sa protégée. Aussi grâce à sa promotion au comme coach nationale du demi-fond.
Celle qui est aussi la sœur de l'ex-conseiller fédéral, Alain Berset, envisage l’entraînement d’Audrey Werro dans une approche globale. «J’en apprends encore tous les jours en travaillant avec elle», confie la coach.
Le principal enseignement est «qu’il faut adapter la planification de l’entraînement au rythme de l’athlète». Il est évident qu’un entraîneur nourrit des ambitions pour ses athlètes.
Christiane Berset Nuoffer a suivi l’évolution d’Audrey Werro dans le détail et étape par étape. Le nombre d’entraînements a été augmenté parallèlement à sa progression scolaire. Dans l’ensemble, cela a bien fonctionné.
Depuis qu’elle a obtenu sa maturité il y a un an, Audrey Werro est sportive professionnelle. Elle explique elle-même que cela lui permet surtout de disposer de nettement plus de temps pour récupérer. Ce temps supplémentaire n’a pas été consacré à une forte augmentation du volume d’entraînement: là aussi, la progression continue de se faire étape par étape.
«Audrey s’entraîne entre dix et douze fois par semaine. Elle ne s’entraîne pas avec des charges extrêmement élevées. Dans notre philosophie, il s’agit en fait simplement de placer les bonnes séances d’entraînement au bon moment. C’est là que je vois ma tâche principale», explique Christiane Berset Nuoffer.
L'importance du bien-être hors de la piste
Elle est par ailleurs régulièrement en contact avec les parents d’Audrey afin de savoir si tout va bien dans sa vie privée.
Elle constate une grande évolution sur le plan de la confiance en soi chez la coureuse, qui avait franchi pour la première fois la barre des 2 minutes sur 800 m dès l’âge de 18 ans. Après sa quatrième place aux Mondiaux de Tokyo en septembre dernier, elles ont beaucoup travaillé sur l’aspect mental.
Alors qu’Audrey Werro améliore ses chronos d’environ deux secondes par saison depuis plusieurs années, elle a franchi un grand cap psychologique depuis qu’elle a remporté, en mars aux Mondiaux en salle à Torun (Pologne), sa première médaille (argent) lors d’un grand championnat chez les élites. La peur de l’échec lors des grands rendez-vous a laissé place à la conviction qu’elle peut rivaliser avec tout le monde. Sa nouvelle célébration, la lionne qui rugit, reflète cet état d'esprit.
Mais malgré ses chronos exceptionnels et ses victoires, l’humilité reste de mise chez la Fribourgeoise. Elle ne parle pas d’or aux Européens, mais se fixe comme objectif de décrocher une médaille. «Pour moi, peu importe sa couleur.»
Adaptation en français: Yoann Graber
