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Tennis: Maxime Cressy veut devenir numéro 1 mondial

Maxime Cressy, mélange de «fighting spirit» américain et de gouaille française.
Maxime Cressy, mélange de «fighting spirit» américain et de gouaille française. Image: sda

Encore un joueur qui veut devenir n°1 mondial 😏

Vous ne connaissez pas Maxime Cressy? Vous ne perdez rien pour attendre: le Franco-Américain envisage de «devenir n°1 et de dominer le circuit». Nous avons retrouvé ceux qui, jadis, ont eu la même idée, mais n'ont pas pu la mettre en œuvre.
03.02.2023, 16:4604.02.2023, 12:40
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Ce n'est pas une promesse lancée en bout de table, avec des ardeurs de fin de banquet, pour épater les filles. C'est à son patron (l'ATP) que Maxime Cressy a dévoilé dans une vidéo son projet de devenir le meilleur joueur du monde, comme tant d'illustres hurluberlus avant lui. Que sont-ils devenus?

Maxime Cressy: «No limit»

Maxime Cressy est donc le dernier en date, mais pas le plus timoré. Né à Paris de parents étrangement discrets, il a pris la citoyenneté américaine tout en gardant le bagou français. Le mélange est détonant: «Ma mentalité est unique. Je mets beaucoup l’accent sur ce que je peux contrôler, sur mon service, sur mon efficacité sans pareil en service-volée. C’est ce qui fait le plus peur à mes adversaires.» Et là Novak prend un Prozac.

Maxime Cressy of the U.S. plays a backhand return to Holger Rune of Denmark during their second round match at the Australian Open tennis championship in Melbourne, Australia, Thursday, Jan. 19, 2023. ...
Maxime CressyImage: AP

Ce qu'il a dit

«Je dois me concentrer sur moi et non sur eux. Mon objectif principal est d’être n°1 mondial et de dominer le circuit. Je ne m'impose aucune limite, je ne l’ai jamais fait jusqu’à présent et c'est ce qui m'a amené à ce niveau. Je peux simplement visualiser qui je veux être et quand. J’ai une grande confiance dans la réalisation de mes objectifs. D'ailleurs, je les ai presque toujours atteints.»
Maxime Cressy au site de l'ATP le 2 février 2023

Ce qu'il a fait. Maxime Cressy, 25 ans déjà, occupe la 54e place à l'ATP. Son meilleur résultat en Grand Chelem est un huitième de finale à l'Open d'Australie 2022, où il a battu successivement Isner, Machac et O'Connell. Devenir n°1 serait une suite logique, comme 2 et 2 font 7.

Borna Coric, le Djokovic
du pauvre

Il a suffi d'une rime facile et de quelques effets de style (technique, capillaire) pour créer un lien imaginaire. Certes, tous deux défendent avec beaucoup d'énergie, ils lisent bien le jeu, ils vont souvent chez le médecin et leurs colères font vriller les rombières. Mais entre Coric et Djokovic, il y a plus qu'un hic. Il y a un gap.

Borna Coric, of Croatia, yells after defeating Félix Auger-Aliassime, of Canada, during the Western & Southern Open tennis tournament, Friday, Aug. 19, 2022, in Mason, Ohio. (AP Photo/Aaron Doster ...
Borna CoricImage: sda

Ce qu'il a dit

«N’importe quel enfant qui joue au tennis et passe beaucoup de temps sur le court a le même rêve: devenir n°1 mondial. C’est ce qui me motive. Bien sûr, si vous remportez un titre du Grand Chelem, ça vous aide. Peu de joueurs parviennent au sommet du classement ATP sans remporter un titre majeur, donc la combinaison des deux serait idéale pour moi.»
Borna Coric dans Tennisaddict en 2015

Ce qu'il a fait. Opéré de l'épaule en 2021, Borna Coric est retombé au-delà de la 300e place mondiale, dans une indifférence quasi totale. A 26 ans, il revient de loin (ATP 23), après un travail ingrat, avec beaucoup d'allant et de sagesse: «Idéalement, je voudrais entrer dans le top ten mais le plus important est d'être en bonne santé, ensuite les résultats viendront».

Océane Dodin, la femme pressée

Nous avions assisté à son premier match en Grand Chelem, Open d'Australie 2015, où les élites journalistiques françaises s'étaient pressées au bord du court pour observer «le nouveau phénomène du tennis moderne». Océane Dodin, 18 ans, avait offert une séance de tir au pigeon: chaque balle était frappée dans le but d'en finir, chaque point était un coup gagnant ou une faute directe. Après sa victoire, dans une salle de presse un peu exiguë pour ses grandes ambitions, Dodin avait encore fait parler la poudre.

France's Oceane Dodin returns a ball to Switzerland's Susan Bandecchi during the first round match at the WTA International Ladies Open Lausanne tennis tournament, in Lausanne, Switzerland,  ...
Océane DodinImage: sda

Ce qu'elle a dit

«Mon style, c'est bim, bam, boum! Si je cours, après dix minutes, j’ai un point de côté. La pression n'a aucune prise sur moi. Je ne stresse pas. Moi, je n'ai peur de personne, je ne suis jamais intimidée par une adversaire. Et je vous promets que ce n'est pas pour faire ma maligne que je vous dis ça! Il faut toujours être sûre de soi dans ce que l'on fait. Alors moi, je le dis, mon objectif est de remporter les quatre tournois du Grand Chelem et d'être numéro un mondial d'ici deux à trois ans.»

Ce qu'elle a fait. Un an après, «la Française a distribué des pains pendant 2h10 avant de renverser Alison Riske au premier tour de l'Open d'Australie. Un match à montrer dans toutes les boulangeries», écrivait notre collègue Julien Caloz, également présent.

Océane Dodin en est toujours là, à distribuer les pains plutôt qu'à construire les points. Huit ans après son effet d'annonce, elle n'a jamais franchi deux tours en Grand Chelem et a péniblement atteint la 46e place mondiale en 2017 (109e aujourd'hui).

Ernests Gulbis, une vie
de caprices

Le brave Ernests est un fils de milliardaire dilettante dont la carrière n'a jamais cessé d'osciller entre fêtes et défaites, beuveries et déboires. Le zouave a disposé de son talent à bien plaire, au gré de ses humeurs volages. Sans renier un tempérament joueur - guidé par un instinct farceur.

Ernests Gulbis, of Latvia, reacts after losing a point against Alexander Zverev, of Germany, during their second round match, at the ATP 250 Geneva Open tournament in Geneva, Switzerland, Tuesday, May ...
Ernests GulbisImage: KEYSTONE

Top 20 à 18 ans, Gulbis a toujours pensé que rien ne sert de courir, il faut partir au bar du coin. Quand il décidait d'arrêter la picole et/ou la gaudriole, quand ses parents lui confisquaient leur jet privé, il n'avait plus qu'une chose à faire: devenir n°1. Le pire, c'est qu'il en était capable.

Ce qu'il a dit

«Depuis toujours, mon but a été de gagner des Grand Chelem et de devenir n°1 mondial. C'est évidemment possible»
Ernests Gulbis en 2014

Ce qu'il a fait. De conquêtes en aventures sans lendemain, Gulbis s'est lassé de courir des objectifs, lui qui préférait de loin le jupon et le goujon. Il n'a pas disputé la moindre finale majeure. «Pourquoi, je vous le demande, le jeune talent que j'étais aurait dû repousser ses limites? Pourquoi souffrir quand on a autant d'opportunités dans la vie? Moi, j'avais tout.» Gagner n'était pour lui qu'une tocade, un caprice de petit surdoué oisif.

«Oui mais...»

Faut-il blâmer un quelconque athlète d'afficher ses ambitions? Dans le tennis de haut niveau, il existe un peu deux philosophies. La première, d'obédience anglo-saxonne, considère que pour aller loin, il faut voir grand - et affirmer ses convictions. La seconde, portée avec panache par Stan Wawrinka, dit qu'il ne faut jamais regarder la montagne et avancer pas à pas - en silence. Deux façons d'atteindre les sommets - de se donner du courage.

Parmi le top 50 actuel, de très nombreux joueurs ont affirmé jeune, tôt, leur envie de dominer le monde: Jannik Sinner, Stefanos Tsitsipas, Novak Djokovic. Même Alexander Zverev a annoncé fièrement il y a deux ans: «Je sens que le but est proche». Sauf que chez tous ceux qui ont réussi, les fanfarons comme les taiseux, il y a une constante. Il y a un passage à l'acte. Accompagné souvent de doutes inavouables.

Cas d'école

«Mon ambition est de devenir n°1. Absolument. Oui mais avant, je dois améliorer mon service, mon coup droit, mon physique, ma gestion des émotions...»
Jannik Sinner en 2021
Djokovic pleure dans les bras de ses proches
Video: watson
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Il a couru avec «du vomi sur le visage» pour accomplir l'impensable
L'odyssée achevée ce dimanche par Russ Cook, un Britannique de 27 ans aux allures de Viking, donne le tournis: 352 jours d'aventure; plus de 16 000 kilomètres parcourus, soit 19 millions de pas ou l'équivalent de 380 marathons; 16 pays traversés. Récit d'un défi complètement dingue entamé il y a près d'un an.

Lorsqu'il franchit la ligne d'arrivée, ce 7 avril 2024, vers 16h40, vêtu d'une chemise rétro et d'un bob, Russ Cook a l'air incrédule. Sourire béat, yeux écarquillés, il pose ses mains sur sa tête. Autour de lui, supporters, journalistes et photographes se pressent pour lui arracher une réaction. Ses premiers mots sont pour la chaîne Sky News. «Je suis un peu fatigué», admet-il avec un sourire. Le célèbre flegme britannique. Puis Russ Cook fléchit les muscles et s'élance vers la mer, pour un bain de fraîcheur bien mérité. Voilà. C'est fait. Dans ces eaux s'achève un périple entamé près d'un an plus tôt.

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