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Suisse
Alain Berset

«On n'est pas des Bisounours»: Alain Berset se lâche

Bundesrat Alain Berset spricht waehrend der Wintersession der Eidgenoessischen Raete, am Mittwoch, 14. Dezember 2022 im Nationalrat in Bern. (KEYSTONE/Anthony Anex)
Image: sda

«On n'est pas des bisounours au Conseil fédéral»: Berset se lâche

A l'occasion de sa deuxième année présidentielle à venir, le conseiller fédéral Alain Berset a donné plusieurs interviews. Dans lesquelles il balance nombre de punchlines.
22.12.2022, 14:47

L'année prochaine, Alain Berset sera président de la Confédération pour la deuxième fois, après une première en 2018. Le Fribourgeois aura comme vice-présidente Viola Amherd.

Dans la foulée, il a accordé plusieurs entretiens, dont un à la RTS et un autre au quotidien Le Temps. Il revient sur ses douze ans au Conseil fédéral, la crise du Covid et un pays qui change. Voici, tout d'abord, ce qu'il déclare face à Philippe Revaz, du 19.30:

Il donne le ton très vite:

«Après le Covid, la Suisse a clairement changé. On a un autre pays aujourd'hui»

Au sujet de la guerre:

«Ce qui se passe en Ukraine nous laisse sans voix. C'est inconcevable»

Et au sujet du déséquilibre au Conseil fédéral avec une majorité de latins?

«La question de l'équilibre se joue dans le temps et dans le mouvement. C'est comme sur un vélo: si vous restez sur place, vous allez tomber, il faut du mouvement. C'est pareil avec les institutions»

Beaucoup de blabla pour dire: «Je vais y rester tant que je veux, au Conseil fédéral, mon coco». Berset continue:

«On peut imaginer sans problème, pour quelques années, une majorité de latins. C'est une bonne chose que ça puisse évoluer en fonction des compétences et des moments»
Comprenez: «Je suis compétent» et «C'est mon moment» et «Fous-moi la paix avec tes questions, mon siège va rester bon chaud un moment au Conseil fédéral»

Revaz persiste et signe: «Ca vous met une pression supplémentaire pour quitter plus tôt?»

«Je ne crois pas. Le Parlement a pris une décision consciente, qu'il faut respecter et appliquer»
Comprenez: «Bon, c'est clair, maintenant?»

Philippe Revaz essayera encore pendant cinq minutes de lui arracher le fait qu'il commence à trop traîner au Conseil fédéral, mais sans succès. Alain Berset le répète: il reste le benjamin du Conseil fédéral (50 ans), il est plein d'énergie et on ne sait pas «ce que le futur nous réserve». Bon. Soit.

Et à propos de la collégialité du Conseil fédéral?

«On n'est pas des bisounours, au Conseil fédéral. On n'est pas des Barbapapas»
Il manque plus que la «poudre de perlimpinin», et on y est.

«Va-t-on vous croiser sur les pistes, sans garde du corps?»

«Vous savez avec un casque et des lunettes, en principe, j'arrive à être assez discret sur les pistes»
Dat swag.

Le socialiste était également au cœur d'un grand entretien avec le quotidien Le Temps:

La guerre en Ukraine est aussi évoquée:

«Certes, quelques éléments rappellent la guerre froide. Mais il serait simpliste de tout lire avec les lunettes de l’époque pour expliquer le monde actuel»

En d'autres mots:

«Le monde est aujourd’hui beaucoup plus fragmenté, plus complexe»

Il tient à relativiser:

«Même si certains n’ont pas voulu le voir, l’Ukraine était en guerre depuis 2014»
Il a dit pareil à la RTS.

Au sujet de l'attitude de la Suisse, il copie Ignazio Cassis:

«Evidemment, neutralité ne veut pas dire indifférence! Dans son application, tout est question de proportionnalité»
Ça aussi, il l'a dit à la RTS.

Il kalashe aussi le monde moderne:

«Le diktat des réseaux sociaux est catastrophique, dans la mesure où il ruine la culture du débat»

Et la pandémie?

«La crise du Covid est en vérité la seule crise brutale que nous ayons traversée durant ces 50 dernières années»

Et au sujet du réchauffement climatique:

«On écoute les scientifiques, mais est-on prêt à les entendre? C’est cela la vraie question!»

Il rappelle:

«Sur le climat, on entendait il y a encore cinq ou six ans des voix affirmer au parlement que le réchauffement climatique n’existait pas»

A propos des activistes qui se collent les mains sur un Van Gogh:

«Il ne faut pas oublier qu’à la fin, la culture est ce pour quoi il vaut la peine de vivre et de se battre»

A propos du clivage ville-campagne

«Soyons clairs: personne n’est à 100% rural, ni à 100% urbain. La Suisse n’est pas noire ou blanche, comme le drapeau fribourgeois»

Et sinon... Berset accro au pouvoir?

«Je ne pense pas que le pouvoir rende "accro", mais c’est extrêmement prenant et on ne peut pas faire les choses à moitié»

Question finale: y aura-t-il une vie pour vous après le Conseil fédéral?

«Ce n’est pas pour demain»
C'est allé plus vite qu'à la RTS, avouons-le.

(acu)

Copin comme cochon: la fin des restrictions Covid

Video: watson
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La ministre, la syndicaliste et les «fillettes voilées»: clash à Genève
Révélée par watson, l'affaire du visuel scolaire aux «fillettes voilées» a fait réagir la cheffe de l'Instruction publique genevoise, Anne-Emery Torracinta, sollicitée par un réseau laïque suite à des propos tenus par une syndicaliste enseignante.

Tout est parti de la distribution d’un «visuel pédagogique» illustrant un manuel d’apprentissage de la lecture. C’était en octobre, dans une école primaire genevoise, en cours de français. Il y avait sur cette image des fillettes voilées. Des petites musulmanes, caractérisées par un signe religieux.

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