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Analyse

Le mystère du moment? Les Suisses se jettent sur les autotests Covid 🤔

Depuis que les tests Covid sont devenus payants en Suisse, leur nombre a diminué d'un tiers. En parallèle, certains commerçants signalent une hausse des ventes des autotests. Watson a cherché à comprendre.
14.10.2021, 11:4514.10.2021, 16:57
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Le nombre de tests Covid en Suisse a chuté depuis le début de la semaine. Alors qu'en moyenne 33 000 Helvètes se faisaient tester quotidiennement la semaine passée, ils n'étaient que 23 708 lundi et 20 958 mardi. Une surprise? Pas tellement puisque depuis le 11 octobre, les tests sont devenus payants pour les personnes n'ayant ni symptômes, ni certificat médical justifiant de leur impossibilité de se faire vacciner.

«Vous pouvez avoir toutes les convictions que vous voulez, quand vous devez payer de votre poche, c'est différent»
Philippe Eggimann, président de la société médicale de Suisse romande

«Que le nombre de tests diminue, c'était l'effet attendu. Toute la question, c'est de savoir combien de temps les non-vaccinés vont accepter de se priver de sorties», analyse Philippe Eggimann, président de la société médicale de Suisse romande.

Mais est-ce que la chute du nombre de tests en Suisse s'explique uniquement par le renoncement social de certains non-vaccinés? «C'est le pari qu'il y a là-derrière. Les restaurants nous le diront dans deux ou trois semaines quand nous aurons des statistiques plus précises», pointe Didier Trono, virologue à l'EPFL. A ses yeux, il se pourrait que ce soit un effet choc:

«Au moment où cela devient payant, plus personne ne veut se faire tester, tout le monde reste chez soi»
Didier Trono, virologue à l'EPFL

A moyen-terme, cela ne devrait toutefois pas durer, selon le spécialiste. Il estime que les non-vaccinés finiront par adopter une réponse moins émotionnelle, en acceptant de mettre la main au porte-monnaie ou de passer par la case piqûre.

«On espère que cela se traduira par davantage de vaccinations»
Didier Trono, virologue à l'EPFL

L'énigme des autotests

Depuis l'annonce de la fin de la gratuité des tests, le 24 septembre dernier, une autre tendance semble se dessiner: Les autotests ont la cote. Si Aldi observe une légère augmentation de la demande depuis fin septembre, c'est chez Galaxus que le constat est le plus marqué.

La dernière semaine de septembre, la plateforme a observé une hausse de ses ventes de 36% par rapport à la semaine précédente. Pour les sept premiers jours d'octobre, ce chiffre a carrément grimpé à +355% avec un record de +800% le lundi 4 octobre. La croissance semble désormais se stabiliser aux alentours des +100% par rapport à la semaine précédant les annonces du Conseil fédéral.

«Si vous êtes un peu malade et que vous devez visiter quelqu'un, je peux comprendre que vous ayez recours à un autotest. Mais même là, je ne serais pas rassuré»
Didier Trono, virologue à l'EPFL

«Les autotests sont une fausse solution au problème Covid. Ils sont moins sensibles que ceux effectués par un professionnel», met en garde Didier Trono. Le virologue rappelle, par ailleurs, que ces tests ne donnent pas accès au certificat Covid.

«Les autotests manquent de fiabilité. Si le résultat est négatif, vous risquez d'être faussement rassuré»
Philippe Eggimann, président de la société médicale de Suisse romande

Mais alors à quoi bon effectuer un autotest? Philippe Eggimann y voit une utilité dans le cercle familial en cas de repas avec des proches âgés, par exemple. «De ce point de vue là, cette hausse des ventes est positive, elle montre que les gens sont conscients que le virus circule. Ils cherchent quand même une manière de se rassurer.»

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