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Pass ou passe sanitaire

L'être humain et le langage, ce ne sera jamais terminé. Image: Montage watson

Analyse

Après «le ou la Covid», le français revient se mêler du virus

Après le genre du mot «covid», la taille de sa première lettre et la variante erronée «réouvrir», voilà que le lexique pandémique fait à nouveau parler de lui.



Il y aurait mieux à faire en période de crise que de discuter du sexe des anges, non? Ce n'est pas si évident. Car si des discussions pointilleuses, parfois houleuses et – il faut bien le dire – souvent futiles sur le lexique pandémique s'invitent sur la place publique, c'est que les mots que nous employons pour raconter la crise, s'en plaindre, y réfléchir et même tenter de l'oublier sont désormais omniprésents dans nos vies.

Commençons par ce qui n'est pas un débat, mais une erreur qui s'est implantée partout dès les premières réouvertures: «réouvrir». Un mot qu'il s'agit de rayer de nos cartes auditives et optiques, car on dit «rouvrir», comme tous les verbes commençant par une voyelle à qui l'on ajoute le préfixe «re», devenant «r». Alors oui, cette langue qui ne fait pas s'aligner «rouvrir» sur «réouverture» est complexe. Mais c'est surtout peut-être l'immense espoir placé dans les réouvertures qui en a fait oublier jusqu'au français.

Ensuite, il y a eu la fameuse discussion langagière en deux étapes au sujet de l'entité dont on ne voudrait plus prononcer le nom: le (ou la) Covid (ou covid). La question de son genre et celle de savoir si ce mot prend une majuscule ou pas a occupé bien des spécialistes et des discussions de comptoir. Au final, la pratique populaire semble s'être cristallisée autour du masculin, cette variante ayant été longtemps utilisée par les médias. Le féminin, indiqué par l'Académie française, a un usage plutôt savant.

Et c'est maintenant à peu près le même phénomène qui, vraisemblablement, se produit avec le pass – versus le passe – sanitaire, équivalent français du certificat Covid. A regarder les articles du jour dans Google Actualités, par exemple, on remarque que des journaux comme Le Temps ou Le Figaro publient des articles ayant dans leur titre l'expression «passe sanitaire», rejoignant ainsi un titre comme Le Monde, friand de cette orthographe traditionnelle depuis le début.

Les utilisateurs de Twitter semblent également basculer dans une autre graphie que celle majoritairement utilisée jusqu'à maintenant – et l'un d'eux accueille la nouvelle comme un événement:

«Passe» est le mot français, que l'on utilise de manière naturelle dans des expressions comme «passe-partout», «passe-muraille», «passe-montagne» ou encore «passe-droit». «Pass» est le mot anglais, c'est donc un anglicisme qui s'est pointé chez nous, et on ne sait pas exactement quand.

Or, comme pour «le Covid», «le pass» restera sans doute l'option privilégiée par le nombre, ayant été utilisée dans le contexte sanitaire par la plupart des médias jusqu'à récemment. Mais la crise, par nature compliquée, crée des modes et des moutons de tous bords. Elle engendre aussi remises en question et controverses. C'est dans l'ordre des choses. Le langage n'y échappe pas. Et c'est tant mieux. Une société qui se soucie de son expression ne peut pas être totalement condamnée.

Un peu en lien avec notre propos, mais pas trop, voici 25 trucs énervants que les gens font dans la vie:

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25 trucs énervants que les gens font dans la vie
source: reddit
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