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Image: Shutterstock / montage: saïnath bovay
Analyse

Pas de rappel, pas de piqûre et pas d'infection? Le vaccin nasal fait rêver

Face aux limites des vaccins actuels contre le Covid, certains spécialistes mettent en avant les traitements nasaux. Ceux-ci pourraient ne nécessiter qu'une seule dose et bloquer beaucoup plus efficacement la transmission du virus. Alors, comment ça marche?
18.01.2022, 05:4918.01.2022, 17:47
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De plus en plus de voix s'élèvent pour pointer les faiblesses des vaccins actuels. La semaine passée, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) jugeait la stratégie basée sur des rappels réguliers, ni «appropriée» ni «viable». L'institution affirmait, par ailleurs, que des traitements «ayant un impact élevé en matière de transmission et de prévention de l'infection sont nécessaires et doivent être développés». Une situation confirmée pour watson par l'infectiologue romand Philippe Eggimann:

«L'important, désormais, c'est de trouver un vaccin qui bloque davantage la transmission. L'une des pistes est de passer par la voie nasale pour protéger les muqueuses respiratoires»
Philippe Eggimann, président de la société médicale de la Suisse romande

Un sérum injecté directement dans le nez semble donc une solution prometteuse. Elle est d'ailleurs déjà utilisée depuis près de 20 ans aux Etats-Unis contre la grippe saisonnière. «Face à un pathogène respiratoire comme le SARS-CoV-2, les vaccins muqueux fonctionnent très bien, car ils bloquent rapidement le virus au niveau du nez, de la bouche, etc», confirme l’immunologue française Sandrine Sarrazin, citée par Le Parisien.

Ainsi, sur les 333 sérums en cours de développement recensés par la liste officielle de l'OMS en date du 14 janvier 2022, 17 traitements intranasaux sont à l'étude. Très bien, mais qu'est-ce qu'un vaccin nasal au juste et est-ce vraiment efficace? Réponse en trois questions.

Un vaccin nasal, comment ça marche?

Un vaccin nasal consiste à injecter, à l'aide d'une seringue sans aiguille, du virus atténué dans les narines du patient. «Il s'agit d'un virus qu'on a modifié en laboratoire pour qu'il se réplique moins vite. Le but, c'est de simuler une infection naturelle afin d'entraîner le système immunitaire à créer des anticorps», détaille le vaccinologue genevois Alessandro Diana.

Image: DR

Seul bémol, selon le spécialiste, le traitement ne convient pas aux personnes possédant un système immunitaire affaibli, car ils risquent tout de même de déclencher la maladie, ce qui n'est pas le cas avec les vaccins à ARN par exemple.

Par ailleurs, Serge de Vallière, infectiologue au Centre hospitalier universitaire vaudois (Chuv) et Unisanté, précise que le fait que le traitement passe par nos narines ne nous garantit pas d'être en pleine forme après l'injection:

«Les effets secondaires sont les mêmes que pour un vaccin classique. Une infection, même atténuée, peut causer des symptômes bénins»

Quels sont les avantages de passer par le nez?

Pour Serge de Vallière, l'atout principal des vaccins nasaux, c'est qu'ils stimulent les mécanismes de défense directement au niveau du nez. «Contrairement aux vaccins actuels, ils produiraient des anticorps IGA qui offrent une meilleure protection contre la transmission», souligne l'expert, tout en rappelant qu'aujourd'hui les vaccinés sont certes protégés contre les formes graves, mais qu'ils contribuent tout de même à propager la maladie.

Un vaccin nasal, vous seriez prêt à essayer?

De son côté, Alessandro pointe un avantage pratique de ce type de traitements: ils ne nécessitent pas de piqûre et sont presque indolores, comme des gouttes dans le nez:

«On sous-estime la peur de l'aiguille, même chez les adultes. Je suis sûr qu'on aurait davantage de volontaires pour la vaccination s'il s'agissait d'un spray dans le nez»
Alessandro Diana, vaccinologue

Le spécialiste voit aussi un autre atout potentiel et non négligeable des sérums intranasaux. «Plus un vaccin mime l'infection naturelle, moins on a besoin de rappel. Il n'est donc pas impossible qu'une seule dose suffise. Mais ça, seules les études nous le diront.» A noter que sur les dix vaccins nasaux au stade des essais cliniques recensés par l'OMS, six pourraient ne nécessiter qu'une seule injection.

Super, mais alors quand est-ce qu'ils arrivent?

«Il est difficile de donner un calendrier précis. La rapidité de leur développement va dépendre des fonds à disposition», observe Alessandro Diana. Car si la technologie est déjà utilisée contre la grippe saisonnière, rien ne dit que la méthode pourra être adaptée à d'autres virus. Serge de Vallière va dans le même sens:

«La théorie est convaincante, mais ce n'est pas si facile à mettre en œuvre»
Serge de Vallière

Aux yeux de l'infectiologue, nous allons devoir encore patienter avant de bénéficier d'un sérum à injecter dans nos narines et la vague Omicron sera passée depuis longtemps. Il craint également que les traitements de ce type aient de la peine à atteindre la même efficacité contre les formes graves que les vaccins actuels. «On pourrait imaginer combiner les deux solutions, mais cela va demander encore plus de temps.»

Malgré tout, il affirme que cela vaut la peine de continuer les recherches dans le domaine: «Si cela marche contre le Covid, on pourra utiliser cette technologie contre d'autres maladies respiratoires». Alessandro Diana approuve. «On ne sait pas quel est l'avenir du Covid donc c'est un pari qu'il faut prendre. Il n'est pas exclu que dans trois ans ces vaccins nasaux soient les bienvenus.»

Celui qui est également pédiatre voit aussi dans les vaccins nasaux un avantage pour ses petits patients:

«Ce serait un bon moyen de vacciner les enfants - qui seront la nouvelle population sans immunité - quand le virus sera devenu endémique chez les plus âgés»

A court de masques, elle se déshabille et utilise sa robe à la place

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