Suisse
Arabie Saoudite

Celui qui a précipité la chute de Credit Suisse est viré

L'homme qui a précipité la chute de Credit Suisse s'est fait virer

Le chef de la Saudi National Bank s'est montré un peu trop bavard à propos de Credit Suisse. Ce qui a coûté des centaines de millions à son pays. Tombé en disgrâce, il a été poussé vers la sortie.
29.03.2023, 05:5629.03.2023, 11:08
Daniel Zulauf / ch media

Ammar bin Abdulwahed Faleh Al Khudairy est en mauvaise posture dans son pays, l'Arabie saoudite. Lundi, cet homme d'affaires respecté et fondateur de nombreux groupes d'entreprises dans cette monarchie riche en pétrole a annoncé sa démission en tant que président de la Saudi National Bank (SNB). Cette démission est due à des «raisons personnelles», selon un communiqué diffusé par la banque.

La communication ne laisse guère de doute sur le fait qu'Al Khudairy n'a pas pris cette décision de son plein gré. «Les changements brusques de personnel aux plus hauts niveaux hiérarchiques sont très inhabituels dans la culture de l'Arabie saoudite et dans d'autres pays de la région du Golfe», explique Mounir Khouzami, président et cofondateur de l'association «Swiss Arab Network».

Le plus grand actionnaire de Credit Suisse

Le président de la SNB, manifestement viré sur ordre des plus hautes instances, a provoqué la colère du gouvernement. Selon Mounir Khouzami, ce licenciement pourrait faire suite à l'interview malheureuse de Al Khudairy sur Credit Suisse mi-mars.

A la question d'une journaliste de savoir si la Saudi National Bank était ouverte à investir encore de l'argent dans Credit Suisse, Al Khudairy a répondu:

«La réponse est: absolument pas, et ce, pour de nombreuses raisons, hormis la plus simple, à savoir les raisons réglementaires et légales»

Après ce refus, les actions du Crédit Suisse ont dégringolé de 25% en bourse, entraînant dans leur chute de nombreuses actions de grandes banques européennes. Cinq jours plus tard, la reprise forcée par l'UBS a eu lieu.

En novembre 2022, la Saudi National Bank avait investi 1,18 milliard de francs dans des actions Credit Suisse et était ainsi devenue le plus grand actionnaire de CS avec une part de 9,9%.

Suite au rachat forcé de Credit Suisse, il y a une dizaine de jours, la valeur de la participation saoudienne ne vaut plus que 234 millions de francs. Près d'un milliard se sont donc évaporés.

La vision du prince héritier

Mounir Khouzami, du Swiss Arab Network, pense que l'interview d'Al Khudairy, lourde de conséquences, a été considérée dans les cercles gouvernementaux saoudiens comme nuisible à la réputation de son propre pays.

Le prince héritier Mohammed bin Salman poursuit de grands objectifs de développement pour son pays. Il veut stimuler le tourisme et diversifier l'économie. Il souhaite également impliquer le secteur bancaire local dans ces projets.

«Je pense que l'Arabie saoudite voulait montrer que la communication d'Al Khudairy était une erreur et qu'un mauvais comportement de la part des managers est également sanctionné en Arabie saoudite.»
Mounir Khouzami

Derrière la colère face à leur propre échec, les Saoudiens ont sans doute aussi ressenti une grande désillusion à l'égard de la Suisse et de ses banques, qui jouissaient jusqu'à présent d'un grand prestige dans la région du Golfe. Même si la crise ne s'étend plus à d'autres grandes banques, elle ne devrait pas rester sans conséquences pour les autres banques suisses, estime Khouzami qui a lui-même été banquier pendant de longues années.

Ce taureau court au milieu d'une banque et provoque le chaos
Video: watson
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
«Pour uriner, c’est humiliant»: ils racontent leur nuit dans la nasse
Plus de 500 personnes, dont des enfants, se sont retrouvées encerclées durant près de 10 heures à Genève dimanche. Certaines assurent n’avoir même pas participé au défilé. Après des contrôles d’identité, la plupart ont été relâchées. D’autres, dont le porte-parole de la coalition No G7, ont été menottés puis emmenés en garde à vue. Témoignages.
«Je suis ébranlée dans ma confiance envers nos autorités après la façon dont les forces de l’ordre nous ont ratés!» Suzy* semble encore sous le choc, après sa nuit blanche sur le béton du Quai Wilson. Habitante des Pâquis, elle avait participé pacifiquement dimanche après-midi, au défilé anti-G7 dans les rangs féministes. Fatiguée par la marche et la chaleur, elle dit avoir fait une pause en rentrant chez elle vers 18h30 pour se désaltérer.
L’article