Keller-Sutter défend la stabilité et le compromis suisses
La conseillère fédérale Karin Keller-Sutter a plaidé samedi pour la stabilité, des finances publiques saines et la recherche du consensus. Evoquant de l'histoire de l'hymne national, elle a illustré avec humour les particularités de la politique suisse.
«La stabilité est le principal atout de la Suisse dans le contexte mondial actuel», a déclaré la ministre PLR des finances dans son discours du 1er Août à Kradolf-Schönenberg (TG).
Des finances saines et le faible endettement du pays constituent la meilleure prévention contre les crises, a-t-elle souligné. Cela vaut aussi en ces temps difficiles marqués par les guerres d’agression et commerciales, l'isolement économique, le vieillissement de la population et le changement climatique.
A ses yeux, la fiabilité et la constance sont déterminantes dans un monde en mutation accélérée. Le système suisse, fondé sur le fédéralisme et la démocratie directe, prend certes parfois plus de temps pour prendre des décisions, mais il inspire confiance.
De la musique au Conseil fédéral
La St-Galloise a illustré le processus politique helvétique à travers l'exemple du Cantique suisse. Ce chant a été composé en 1841 déjà, mais pendant longtemps, le Conseil fédéral «ne s’est pas considéré comme l’autorité suprême en matière de chant».
Il a fallu attendre 140 ans pour que le gouvernement en fasse, en 1981, l'hymne national officiel de la Confédération. Auparavant, le Conseil fédéral avait écouté, dès 1965, des disques avec différents candidats lors d’une de ses séances.
Dans son intervention, la St-Galloise a rappelé que, lors d'une consultation en 1975, seuls quatre cantons avaient refusé le Cantique suisse, le jugeant «expressément inadapté». Parmi eux, la Thurgovie, a-t-elle souligné dans une petite pique à son canton hôte.
Un hymne pour bâtit des ponts
Le fait que ce chant ait été écrit par le protestant Leonhard Widmer pour les paroles et le prêtre catholique Alberik Zwyssig pour la musique montre en outre que la Suisse cherchait déjà en 1841 un lien fédérateur. A cette époque de forte polarisation, les deux hommes n’étaient «pas sur la même longueur d’onde», a relevé Mme Keller-Sutter.
Le Cantique suisse symbolise ainsi «le fait qu’il s’agit toujours, et notamment en politique, de surmonter les divergences par le dialogue afin d’atteindre un objectif commun», a-t-elle conclu. Cela peut prendre du temps, mais les résultats durent généralement plus longtemps. (tib/ats)
