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«Graves incidents» chez Skyguide: grosse enquête pour laver l'honneur

Skyguide, Zurich.
Skyguide, Zurich.image: keystone

Panne à Skyguide: enquête exceptionnelle pour tout savoir et «laver l'honneur»

La panne sans précédent survenue le 15 juin dernier chez le contrôleur aérien suisse Skyguide donnera lieu à une «commission d'enquête indépendante», a appris watson. Explications.
22.06.2022, 19:1023.06.2022, 06:18
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C’est une démarche inédite. A la hauteur du préjudice subi par l’entreprise en termes d’image. Le contrôleur aérien Skyguide va mandater une «commission d’enquête indépendante» chargée de faire la lumière sur la panne qui a paralysé le trafic aérien en Suisse dans la nuit et la matinée du 15 juin, a appris watson. La direction de Skyguide en a informé, ce mercredi, l’ensemble de ses personnels.

«Tirer le plus d'enseignements possibles»

«Il s’agira d’enquêter sur la cause de la panne, les aspects techniques en jeu, ainsi que sur la manière dont cette crise a été gérée. Afin de nous permettre, ainsi qu'à l'ensemble de l'industrie et de la chaîne de valeur de l'aviation, de tirer le plus d'enseignements possibles de cet événement», rapporte la direction de Skyguide, par la voie de sa porte-parole Prisca Huguenin, jointe par watson.

Quand cette commission d’enquête indépendante sera-t-elle nommée? Aucune précision pour l'heure. Qui en fera partie? Des collaborateurs de Skyguide et des tiers, répond l'entreprise. Quels tiers?

  • Des ingénieurs rattachés aux écoles polytechniques fédérales?
  • Des fonctionnaires de la Confédération?
  • Des contrôleurs aériens opérant dans des entreprises étrangères?
  • Des compagnies aériennes clientes du contrôle aérien suisse?

Ces questions restent pour l’instant ouvertes, affirme la porte-parole.

Pas une enquête, mais trois

Cette enquête indépendante sera la troisième déclenchée après la panne du 15 juin. La première, menée par le «Safety office», le département de la sécurité de Skyguide, est à présent terminée. Ses conclusions, provisoires, ont été transmises à l’Office fédéral de l’aviation aérienne (Ofac), l’organe de tutelle. «C’est la procédure habituelle. Tout incident, même le plus minime, donne lieu à un rapport destiné à l’Ofac», explique Quentin Tonascia, contrôleur aérien chez Skyguide et président du syndicat suisse de la branche, HelvetiCA.

Quentin Tonascia, syndicaliste chez Skyguide.
Quentin Tonascia, contrôleur aérien chez Skyguide et président du syndicat suisse de la branche, HelvetiCA.Image: DR

Une deuxième enquête de Skyguide sur les «incidents graves» du 15 juin est en cours. Elle devrait être rendue, à l'Ofac également, «d’ici à la fin de l’été». Le personnel n'y est pas associé, mais «il la commentera», assure Quentin Tonascia. Elle doit déterminer le plus précisément possible les causes de ce dysfonctionnement majeur. Ce que l’on sait pour l’instant, c’est qu'il serait dû à un problème de matériel, de «hardware». Une «pièce» était, semble-t-il, défectueuse. Ceci étant posé, il reste à comprendre pourquoi la redondance, ce système informatique de secours qui prend normalement le relais en cas de défaillance, n’a pas fonctionné.

25 000 passagers

Le 15 juin, le jour de cette panne qualifiée d’«historique» par le directeur de Skyguide, ce sont près de 6400 passagers de la compagnie Swiss et 25 000 en tout qui ont été affectés par la fermeture de quelques heures de l’espace aérien. Pour le contrôle aérien suisse, les enquêtes en cours et à venir sont aussi, entend-on, un moyen de restaurer l'honneur d'une profession qui se sent atteinte par les conséquences, ce jour-là, d'une panne sans précédent.

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