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Lukas Engelberger (à gauche) et Alain Berset (à droite).
Lukas Engelberger (à gauche) et Alain Berset (à droite). image: capture d'écran, chaîne Youtube du conseil fédéral
Commentaire

Face au Covid, le fédéralisme jusqu'à l'absurde?

Que d'égards, ce lundi matin à Berne, sur le front du Covid, de la part du ministre Alain Berset envers le représentant des cantons dans le domaine de la santé, Lukas Engelberger!
13.12.2021, 13:1214.12.2021, 09:54

Il n'y a pas mieux que les conventions. Ce sont elles qui forment le socle du véritable vivre-ensemble. Céder sa place assise à une personne âgée dans un transport public est une convention. De celles qui fondent la civilisation universelle. Il en est une autre, tout aussi forte, quoique plus spécifique. Son nom: le fédéralisme. Le nôtre. Cœur battant du système politique suisse. La conférence de presse donnée conjointement ce lundi matin à Berne par le conseiller fédéral Alain Berset, en charge des questions sanitaires, et le président de la Conférence des directeurs cantonaux de la santé, le Bâlois Lukas Engelberger, à propos du Covid, en a été l'illustration. Peut-être jusqu’à l’absurde.

Une vague covidaire, cinquième du nom, frappe la Suisse. Et une nouvelle fois, les capacités hospitalières montrent leurs limites. Au point que le canton de Neuchâtel, puis celui de Vaud ont décrété l’état de crise, synonyme de restrictions et de contraintes pour les citoyens. Question: comment se fait-il que ce soit des cantons et non pas la Confédération qui aient pris cette décision? Après tout, le territoire couvert par Neuchâtel et Vaud forment une seule et même métropole, à laquelle on peut ajouter Genève à l’Ouest et Bienne à l’Est. Les mouvements pendulaires y sont légion, brassant les populations et avec elles le virus. Nous ne sommes déjà ici plus dans une configuration cantonale.

Comme au spectacle

Alors, voilà, ce matin, lors de la conférence de presse, un journaliste a posé «la» question façon les pieds dans le plat: «Face au Covid, le fédéralisme n’est-il pas l'ennemi d’une bonne gestion de crise?» Le ministre fédéral et son partenaire du jour, l'envoyé des cantons, ont tous deux répondu «non». Ils n'allaient pas dire «oui». Ils n’ont fait qu’implicitement rappeler la structure fédérale de la Suisse, inscrite dans le marbre de la Constitution à l’article 3. Le fédéralisme, qu'on retrouve dans la notion plus actuelle de subsidiarité, joue ici à plein: la Confédération (l’Etat central) n’a de pouvoirs que ceux que lui délèguent communes et cantons.

Ce principe est sain, il fait vivre la démocratie. Comme tout principe, il souffre des exceptions. Sans surprise, les guerres et les épidémies, l’Etat central prenant en ces circonstances la main pour une période déterminée.

A présent que Vaud et Neuchâtel font sonner la cloche, on peut se demander si la stricte observation des consignes fédéralistes, absolument parfaite ce lundi 13 décembre, n’obéit pas à une mise en scène visant à sauver les apparences. On imagine une scène différente en coulisses: «Dites, on a vu les stats Covid, ça serait pas mal si vous pouviez déclarer l’état de crise. Si c’est vous qui le faites, ça passera mieux que si c’est nous», aurait très bien pu dire Alain Berset aux autorités neuchâteloises et vaudoises. Ceux qui pensent qu'avoir le souci des apparences relève du complot se trompent. Mais on n'est pas non plus obligé d'être dupe du spectacle des bonnes manières.

A la Diète!

Oui, on peut se demander si le but premier de cette conférence de presse conjointe de début de semaine, deuxième de l’Avent, n’était pas de faire la démonstration du respect absolu de la Constitution fédérale par les parties en présence, Confédération et cantons.

L’esprit de la Diète (première pierre de notre moderne Confédération en 1803) est comme réapparu lorsque Lukas Engelberger, le président de la Conférence des directeurs cantonaux de la santé, a, tel un ambassadeur, émis le souhait qu’une autre conférence, celle des directeurs cantonaux de l’instruction publique, fasse commencer plus tôt les vacances de Noël, précisant qu’il n’avait pas le pouvoir de l’ordonner. Rarement la Confédération (ici le ministre Alain Berset) était apparue aussi effacée, aussi faible. Ou si fortiche.

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