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Ici c'est pas Genève: la justice vaudoise, une justice bien de chez nous

Outgoing Vaud canton general prosecutor Eric Cottier arrives for the trial of French-Swiss far-right writer Alain Soral at the "Palais de justice de Montbenon" courthouse for his trial for h ...
Le procureur général du canton de Vaud, Eric Cottier, Lausanne, le 14 décembre 2022.Image: KEYSTONE
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Ici, c'est pas Genève: la justice vaudoise, une justice bien de chez nous

On ne devrait pas, mais il arrive qu'on sourie dans les procès. Souvent, le juge, l'avocat ou le procureur y sont pour quelque chose. Et quand s'y mêle du patriotisme vaudois, alors là...
18.01.2023, 11:5718.01.2023, 19:38

En terrain identitaire, il est de coutume de répartir pertes et profits selon le tracé de la frontière. Tout le mérite pour soi, tout le tort pour l’autre. Tenez, Genève et Vaud. A la lecture d’un compte-rendu d’audience paru lundi dans la Tribune de Genève, à propos d’un procès intenté par la commune genevoise de Versoix à notre confrère et ami Vigousse, hebdomadaire satirique, la chose sautait aux yeux.

«Ce sont des trucs de politique genevoise»

Jugée en terre vaudoise («la terre ne ment pas», disait l’autre), cette affaire semblait agacer au plus haut point le président du Tribunal d’arrondissement de Lausanne qui, non sans humour, comprend-on entre les lignes, mais non dénué d’un puissant quant-à-soi, s’exclama, on cite: «Ce sont des trucs de politique genevoise». Ou encore: «C’est une spécialité de l’Ouest».

Chapeau l’artiste! Pardon, chapeau Monsieur le juge! Ces réparties sont dignes des revues de fin d’année de la Côte ou du Tribunal des flagrants délires, une parodie judiciaire télévisée, qui fit beaucoup rire au début des années 1980 dans les chaumières de France et de Romandie. Dignes, encore, des plus belles pagnolades, avé l’assent vaudois. Foi de Venoge!

Minute, papillon

Mauvaise foi, faudrait-il dire ici. Est-ce parce que Versoix la Genevoise fait frontière avec le canton de Vaud? La voilà assimilée à cet «Ouest» peu recommandable, quasi la France, quelque chose de pas de chez nous. C’est oublier que le plaignant, le secrétaire général de la commune de Versoix, qui poursuit Vigousse au civil pour diffamation, fut longtemps fonctionnaire dans le canton de Vaud, d’abord porte-parole de la police lausannoise, puis commandant de la police de l'ouest lausannois – l’Ouest, déjà. C’est donc un peu, aussi, une histoire vaudoise, avec des manières de Vaudois, qu’avait à juger – la procédure n’est pas terminée – le président du tribunal d’arrondissement de Lausanne.

Provincialisme

Ce provincialisme vaudois un brin surjoué, qui ne manque pas de sel (de Bex), on l’a vu sporadiquement à l’œuvre dans le procès qui opposait une consœur de la Tribune de Genève au polémiste d’extrême droite Alain Soral, le 14 décembre à Lausanne. Le procureur général, dont c’était le dernier tour de piste, n’a pas manqué de faire comprendre au Parisien exilé dans le chef-lieu vaudois, qu’ici c'est pas ailleurs. Sa robe semblait empesée de cet accent d’arrière-pays échappé d'archives de la RTS. Soral, venu chercher de l’authentique en Suisse, son deuxième pays, était servi. L’humble, dans sa modeste suffisance, fit la leçon au péteux.

Voilà, voilà.

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