Suisse
commerce

Conforama Suisse risque gros pour une sacrée arnaque

Conforama Suisse risque gros pour une sacrée arnaque

C'est au Tribunal d'arrondissement de Lausanne, à Montbenon, que Conforama Suisse doit se défendre d'avoir enfreint la loi fédérale sur la concurrence déloyale (archives).
Le siège helvétique de Conforama est en procès depuis lundi matin, face au Tribunal correctionnel de Lausanne.Image: sda
Il est reproché au magasin de meubles d'utiliser de faux «prix barrés» lors de ses actions, soit des prix qui sont censés montrer le tarif d'un article avant le rabais.
19.12.2022, 14:0019.12.2022, 17:09

Conforama Suisse s'est retrouvé au tribunal lundi matin à Lausanne. La chaîne de magasins, basée à Ecublens (VD), est accusée d'avoir grugé ses clients en affichant des rabais trompeurs.

Ces prix barrés n'auraient jamais été pratiqués durant la période précédant la promotion. Le groupe aurait aussi parfois indiqué des comparaisons de prix avec la concurrence qui, elles aussi, ne correspondaient pas à la réalité.

C'est la Fédération romande des consommateurs (FRC) qui, à l'issue d'une vaste enquête, a dénoncé cette pratique et porté plainte en avril 2019. L'affaire a ensuite été instruite par le Ministère public vaudois, qui a rapporté que l'enseigne avait suivi:

«Une politique d'affichage volontairement trompeuse, susceptible d'infraction à la loi fédérale sur la concurrence déloyale, subsidiairement de violation de l'obligation d'indiquer les prix au consommateur»

La pratique incriminée remonterait à plusieurs années, «mais à tout le moins depuis le mois de juin 2018», indique le procureur Stephan Johner dans son acte d'accusation. Elle aurait été en vigueur dans tout le pays. La chaîne est d'origine française et compte une vingtaine de filiales en Suisse. «La totalité ou la quasi-totalité» des actions seraient par ailleurs concernées, tant dans les magasins, sur internet ou dans les catalogues.

La société, spécialisée dans les équipements de la maison (meubles, décoration, électronique et autres électroménagers), conteste ces accusations.

Procès suspendu

Lundi matin face au Tribunal correctionnel de Lausanne, Stephan Johner a indiqué que le Ministère public avait poursuivi son enquête au cours des quatre derniers mois, soit après le dépôt de l'acte d'accusation en août. Des relevés hebdomadaires sur douze articles, pris au hasard, montreraient que Conforama ne s'est toujours pas remis en question.

Si l'avocate du groupe, Clara Poglia, a critiqué «les problèmes méthodologiques» et l'absence de «pertinence» de ce nouveau pointage, la FRC l'a jugé important:

«Cela montre que cette pratique continue, que Conforama n'a pas réalisé l'ampleur du phénomène»
Jean Tschopp, responsable du service juridique de la FRC

Les juges ont aussi estimé que ces nouvelles pièces devaient être versées au dossier, sachant qu'elles permettent «d'apprécier» l'éventuelle culpabilité de Conforama. Toutefois, comme ces pièces ont été déposées trop tardivement pour un examen détaillé, la présidente Malika Turki a préféré ajourner le procès à une date ultérieure.

Longue enquête

Avant la suspension de l'audience, deux témoins ont encore été entendus. Un ancien collaborateur de la FRC a notamment raconté comment l'enquête s'était déroulée, à la suite de dénonciations de plusieurs consommateurs. Durant près d'un an, des bénévoles de la FRC, appelés «enquêteurs mystères», ont fouillé magasins et internet pour suivre l'évolution des prix. Quatre enseignes et 350 articles ont été suivis, dont 160 pour le seul Conforama, où les pratiques auraient été les plus douteuses.

L'acte d'accusation contient une centaine d'exemples, pour tous types d'articles. Le premier de la liste est un frigo, dont le prix a oscillé entre 699 et 799 francs entre juillet 2018 et avril 2019. L'action, ou fausse action selon la FRC, était à chaque fois accompagnée d'un prix barré de 1099 francs. (ats/jch)

Un chiot se retrouve coincé dans une vitrine au milieu de Londres
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
1 Commentaire
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
1
Le plan suisse pour surveiller les auteurs de violences domestiques
Face à des réponses cantonales jugées trop inégales, le Parlement suisse veut instaurer des standards nationaux pour mieux prévenir et sanctionner les violences domestiques.
Les violences domestiques font une victime toutes les deux semaines en Suisse, a rappelé Marianne Maret mardi au Parlement, à Berne. La Valaisanne est à l'origine de la motion adoptée à la Chambre haute ce mardi. Pour la politicienne du Centre, les mécanismes de protection actuels sont insuffisants et trop fragmentés. Les réponses de chaque canton diffèrent. Dans certains cantons, l'offre en foyers est insuffisante voire inexistante, a-t-elle expliqué.
L’article