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Se brosser les dents et faire pipi aide à détecter le taux de reproduction du Covid

Une équipe interdisciplinaire soutenue par le Fonds national suisse vient de montrer qu'il est possible d'estimer rapidement et à moindre coût le taux de reproduction du coronavirus à partir des eaux usées.
15.12.2021, 08:5315.12.2021, 18:26

Nombre de mesures sanitaires sont prises pour lutter contre la propagation du coronavirus. L'une d'elles consiste à connaître le nombre de personnes infectées, en moyenne, par une personne contaminée. C'est ce qu'on nomme le taux de reproduction du virus qui sert plus précisément à connaître la dynamique de transmission de la maladie.

Si ce taux de reproduction est généralement estimé à partir du nombre de cas positifs recensés, du nombre d'hospitalisations ou encore de décès, une équipe de scientifiques soutenue par le Fonds national suisse (FNS) montre, pour la première fois, qu'il est également possible de l'estimer en surveillant les eaux usées. L'étude fait l'objet d'une prépublication dans le Medrxiv et n'a pas encore été revue par le corps scientifique.

«Nous déterminons la charge virale des eaux usées en réalisant un test semblable aux tests PCR que l'on fait sur les personnes»
Jana Huisman, post-doctorante à l'ETH Zurich, première autrice de l'étude.

On a tendance à l'oublier, mais les personnes infectées excrètent en effet le virus dans les égouts. Par exemple en se brossant les dents ou en allant aux toilettes. Selon le nombre de personnes malades à un moment donné, les eaux usées contiennent plus ou moins de traces du virus.

Au moins trois fois par semaine

Testée à Zurich ainsi qu'aux Etats-Unis, la méthode a prouvé son efficacité. Ces taux de reproduction sont comparables à ceux estimés avec les données cliniques. A condition d'analyser les eaux usées au moins trois fois par semaine. D'après les scientifiques, ce rythme représente un optimum en termes de précision et de coûts.

La surveillance du virus Sars-Cov-2 dans les eaux usées n'est pas une méthode inédite. Mais grâce à la méthode développée par les scientifiques, il est désormais possible de traduire rapidement et à moindre coût ces mesures en une valeur dite «R» directement utile pour les épidémiologistes. «Et ce, indépendamment des données cliniques», précise Jana Huisman. Cet aspect est important. En effet, les données cliniques peuvent présenter des biais. Par exemple, les critères pour se faire tester peuvent changer, ce qui fait faussement varier le nombre de cas positifs décelés. De même, les critères d'hospitalisation ou la définition des décès liés au Covid-19 peuvent aussi changer.

Autre avantage: ce procédé permettra de continuer à surveiller le coronavirus lorsque les tests sur la population seront moins fréquents et livreront moins d'informations. Il pourrait également être utilisé pour la surveillance de pathogènes pour lesquels on ne dispose pas de données cliniques, par exemple d'autres coronavirus humains, d'entérovirus, de norovirus, de rotavirus ou même de la grippe. (ats/ots/mndl)

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