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Faut-il vraiment annuler (encore une fois) les soupers de boîte?

Cinquième vague et annonces du Conseil fédéral obligent, plusieurs grandes entreprises ont déjà annulé leur repas de Noël. En 2020, les traditionnels raouts étaient déjà passés à la trappe. Faut-il faire de même cette année ou peut-on trouver des solutions?
03.12.2021, 05:5106.12.2021, 12:54
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Swisscom, La Poste, Rolex, les grandes entreprises helvétiques annulent leurs repas de fin d'année en cascade. Il faut dire que le contexte n'est pas favorable: des statistiques qui titillent les 10 000 cas par jour, un nouveau variant qui se balade et le Conseil fédéral qui prépare de nouvelles mesures pour freiner la cinquième vague.

Alors, faut-il suivre le mouvement et annuler tous les soupers de boîte? «Il est très clair qu'avec le variant Delta, même les gens vaccinés peuvent être porteurs du virus donc ils contribuent à propager l'épidémie», rappelle Philippe Eggimann, président de la société médicale de Suisse romande. L'infectiologue poursuit:

«Ce n'est pas très sympathique, mais de ce point de vue là, cela paraîtrait plus prudent de renoncer et de reporter»
Philippe Eggimann, président de la société médicale de Suisse romande

Pourtant, il y a bien une solution

Il y a pourtant une solution acceptable médicalement pour espérer maintenir la grande sauterie de fin d'année. «Si vous êtes vaccinés ou guéris et testés, là, c'est la ceinture et les bretelles. Ce serait un compromis tout à fait défendable et, dans ce cas-là, le risque est minime», affirme le spécialiste, tout en précisant que les tests PCR ne sont fiables qu'à 90% environ.

«En revanche, si j'étais ni vacciné ni guéri, j'hésiterais parce que vous avez quand même davantage de risques d'être contaminé»
Philippe Eggimann, président de la société médicale de Suisse romande

Si le médecin met en avant cette solution de secours, c'est parce qu'il souligne l'importance de maintenir le lien entre les employés dans une entreprise. «Les événements de convivialité sont super importants pour l'ambiance de travail. Surtout en ce moment. Nous vivons une période où il faut redonner de la convivialité, de la lumière aux gens», confirme Isabelle Laugier, médiatrice en entreprise chez IML coaching et médiation.

Laisser à chacun la liberté de venir (ou pas)

Elle observe que ce repas partagé en dehors des relations habituelles de travail permet de faciliter les relations professionnelles le reste de l'année. Malgré l'importance que peut revêtir un tel événement dans la vie de l'entreprise, Isabelle Laugier invite les directions à ne mettre aucune pression sur leurs employés pour qu'ils participent:

«C'est vrai que parfois, c'est presque une obligation. Mais, au vu du contexte, il est important de communiquer pour dire que chacun est libre de participer ou pas»
Isabelle Laugier, médiatrice en entreprise chez IML coaching.

Philippe Eggimann va dans le même sens. «Il y a une discussion à avoir au sein de l'entreprise pour mettre le moins possible de contraintes sociales et professionnelles sur les gens. Sinon, vous avez le risque de contraindre certains qui ne seront pas à l'aise».

Si Blaise Matthey, directeur général de la fédération des entreprises romandes, comprend cette prudence, il nuance: «Si vous dites aux gens, sentez-vous libres, autant leur dire que vous annulez. Il y a peu de sens de faire un tel événement s'il y a beaucoup d'absents».

Et vous, votre souper de boîte?

De son côté, la FER a décidé de repousser son souper de fin d'année, notamment à cause de nombreux désistements et du fait que les nouvelles mesures du Conseil fédéral risquaient de chambouler l'esprit des festivités. Mais Blaise Matthey ne recommande pas pour autant de généraliser la mesure:

«Chacun doit analyser sa situation. Si une entreprise veut maintenir son événement de fin d’année et peut l’organiser dans le respect des mesures sanitaires, elle doit pouvoir le faire»
Blaise Matthey, directeur général de la fédération des entreprises romandes

Faire preuve d'imagination

Malgré tout, le directeur général de la FER reconnaît qu'il est important de marquer le coup, d'une manière ou d'une autre, en fin d'année. «Pour nous, ce sera symbolique, mais les symboles ont un rôle important dans la cohésion des entreprises».

Isabelle Laugier approuve. «Même si le repas de Noël est annulé, il y a d'autres solutions. On peut faire quelque chose à distance ou en plein air». Au cours des différentes vagues, certaines entreprises avaient, par exemple, fait envoyer des paquets apéritifs au domicile de leurs employés. «Il faut faire preuve d'imagination. Mais c'est positif parce que cela va nous pousser à renouveler nos traditions».

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