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Vaccin, attente

Image: Shutterstock

Mais pourquoi les jeunes seraient forcément les derniers vaccinés?

Mi-avril, l'OFSP a modifié sa stratégie: la vaccination des moins de 65 ans se fera par tranches d'âge. Un procédé qui inquiète les jeunes, alors que le Conseil fédéral annonce des privilèges pour les personnes immunisées.



Mi-avril, sans rien dire, l'OFSP a ajouté quelques lignes dans sa stratégie de vaccination, dévoilée fin 2020. Désormais, l'accès à la piqûre contre le Covid pour les moins de 65 ans se fera «par tranches d’âge décroissantes (p. ex. en tranches de 5 ou de 10 ans, selon les consignes cantonales).»

Justifiée par l'argument que le risque de développer une forme grave du COVID-19 est directement corrélé avec l’âge, ce changement dans les documents officiels fait écho à ce que l'on peut constater en Suisse romande. Genève a ouvert la vaccination aux 45 ans et plus, Vaud aux 50 ans et plus, Neuchâtel aux 55 ans et plus. À en croire l'OFSP, l'accessibilité devrait continuer à se décliner selon cette pyramide des âges. Les plus jeunes devront donc patienter pour être vaccinés:

«Nous pensons que la vaccination sera disponible pour la population générale à partir de mai/juin ̶ dans quelques cantons plus tôt, dans d'autres plus tard»

Office fédéral de la santé publique.

Le problème, c'est que le fait d'être immunisé, grâce à la vaccination ou parce qu'on a contracté la maladie, devrait bientôt donner accès à certains avantages, selon le Conseil fédéral. Alain Berset l'a indiqué ce mercredi en conférence de presse: dès que 40 à 50% de la population helvétique aura été vaccinée, les autorités envisageront des ouvertures différenciées.

Pas des citoyens de seconde zone

Une situation que les jeunes redoutent. Début avril, cinq jeunesses de partis ont envoyé une missive au Conseil fédéral, dans laquelle ils indiquaient: «Nous demandons que les jeunes ne soient pas désavantagés/discriminés par les mesures d'assouplissement liées à la vaccination.»

Une inquiétude qui avait déjà créé des remous en Suisse allemande en mars, les jeunes UDC n'hésitant pas à dire que les membres de leur génération étaient traités comme des «citoyens de seconde zone».

Co-président des Jeunes Verts suisses, Oleg Gafner rappelle les souffrances traversées par sa génération durant cette pandémie. Pour autant, il ne remet absolument pas en question le fait que l'on vaccine d'abord les personnes les plus vulnérables.

«Je peux comprendre que les quinquagénaires soient encore des personnes à risque, mais en dessous de 40 ans, je m'interroge. Y a-t-il vraiment une différence entre un jeune de 30 ans en bonne santé et un de 19 ans? L'important, pour moi, c'est qu'il n'y ait pas de discrimination parce qu'on a décidé de suivre cette pyramide des âges.»

Oleg Gafner

En dessous de 40 ans, les différences sont-elles justes?

À ses yeux, il est donc nécessaire que les privilèges qui se dessinent n'existent pas, tant que tous ceux qui veulent être vaccinés n'ont pas pu l'être. Le co-président des Jeunes Verts suisses invite aussi à mettre en place des solutions alternatives à la vaccination comme moyen d'accès aux différents services, notamment les tests.

«Il ne faut pas confiner la jeunesse dans un rôle de petit dernier de la famille»

Oleg Gafner

Du côté de Fribourg, Jean-Thomas Vacher, président de la section cantonale des Jeunes du Centre, met également en avant la crainte que les membres de sa génération continuent à être privés de certains avantages, parce qu'ils ne sont pas vaccinés, alors qu'ils souhaitent l'être.

Les jeunes derniers à être vaccinés, qu'en pensez-vous?

Lui aussi pointe la barre des 40 ans. «En dessous de ce seuil, faire des différences entre les âges ne se justifie pas vraiment, à mon avis», observe-t-il, tout en reconnaissant l'intérêt organisationnel de cette hiérarchie.

Ne pas oublier le Covid long

Un argument également mis en avant par le vaccinologue Alessandro Diana, notamment en charge du centre de vaccination des Grangettes à Genève. «Une fois les catégories à risque protégées, ce qui définit les tranches d'âges, de manière prépondérante, c'est un mélange de science, d'approvisionnement et de logistique», explique-t-il, tout en confirmant qu'il existe une différence de risques – bien que minime – entre une personne de 35 ans et une autre de 25.

«Ce qui peut faire sens en matière de santé publique peut être une catastrophe au niveau individuel»

Dr. Alessandro Diana, vaccinologue.

Mais même si les plus jeunes ont moins de chances de décéder du Covid, ils ne sont pas épargnés par la maladie pour autant. Jusqu'à un malade sur trois de cette génération peut développer une forme de Covid long, assure celui qui est également expert auprès d'INFOVAC. «Même à 22 ans on peut dire: "je veux être vacciné rapidement, je ne veux pas avoir des séquelles six à huit mois après», pointe-t-il.

De manière générale, le médecin invite les jeunes à faire preuve d'encore un peu de patience, mais reconnaît qu'ils ont été laissés pour compte durant toute la pandémie. «Il était sans doute justifié de se focaliser sur les plus âgés, à la guerre comme à la guerre, mais nous devons faire notre mea-culpa. J'ai été choqué par la souffrance psychologique de cette génération.»

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source: sda / clemens bilan
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Annulation, maintien ou report (encore!), les Girons de jeunesse adoptent différentes stratégies pour limiter la casse face à la pandémie. Après s'être investis plusieurs années dans leur projet, difficile pour les organisateurs de trouver la moins mauvaise solution.

Ces derniers jours, les annonces se sont succédé. Dans le canton de Vaud, les Girons de Monnaz, Rances et Chavannes-le-Chêne, déjà repoussés d'une année, ont décidé de maintenir leur événement pour cet été. Celui de Puidoux, lui, a choisi d'arrêter les frais. Du côté de Fribourg, le Giron de Cheiry rend également les armes, tandis que celui de la Glâne opte pour un deuxième report sous le nom de «Lussy 2020+2».

Autant le dire tout de suite, il n'y a pas de bonne solution et chacun fait au mieux …

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