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Fin de l'isolement Covid, pourquoi les médecins pourraient être pris d'assaut

A partir du mois d'avril, l'obligation d'isolement dû au Covid-19 sera probablement levée. Mais les personnes malades qui resteront à la maison auront toujours besoin d'un certificat médical pour justifier leur absence.
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29.03.2022, 11:4629.03.2022, 14:25
Maja Briner / ch media

Pendant deux ans, un test positif au Covid-19 était suivi d'une obligation légale de vous isoler et de rester à votre domicile. Ceux qui ne respectaient pas cette règle pouvaient être amendés. Mais tout cela est bientôt de l'histoire ancienne. A la fin du mois, le Conseil fédéral devrait, comme il l'a annoncé, lever l'obligation d'isolement. A partir du mois d'avril, la responsabilité individuelle si souvent citée par le Conseil fédéral sera appliquée. Mais attention, Patrick Mathys, de l'Office fédéral de la santé publique, a été on ne peut plus clair à ce sujet.

«Même sans obligation d'isolement, une personne malade ne doit pas fréquenter de lieu public ni se rendre à son lieu de travail»
Patrick Mathys,chef de la gestion de crise de l'OFSP

Mais quelles sont les conséquences de l'abandon de l'isolement? Et bien, selon Lukas Engelberger, cela pourrait déclencher un nouveau goulet d'étranglement. En effet, toute personne absente de son lieu de travail a besoin d'un certificat médical - souvent à partir du troisième jour de maladie. Compte tenu des dizaines de milliers de contaminations par jour, cela pourrait poser problème.

Les personnes présentant des symptômes doivent rester chez elles - même après la levée de l'obligation d'isolement.
Les personnes présentant des symptômes doivent rester chez elles - même après la levée de l'obligation d'isolement.Bild: shutterstock.com

Faire preuve de souplesse

Les médecins de famille souhaitent que les employeurs fassent preuve de souplesse. Marc Jungi, membre du comité des Médecins de famille et de l'enfance Suisse, déclare :

«Nous espérons que les employeurs appliqueront leurs règles avec discernement.Ce serait important pour nous.»
Marc Jungi, membre du comité des Médecins de famille et de l'enfance Suisse

Selon le médecin de famille, il n'est pas judicieux que les personnes infectées qui n'ont pas besoin de consultation médicale doivent se rendre dans un cabinet pour obtenir un certificat. La situation est différente si la maladie se prolonge bien entendu. Si les symptômes persistent au-delà de cinq jours ou s'aggravent, il faut de toute façon aller voir un médecin, conseille-t-il.

Les employeurs veulent être généreux, dans la mesure du possible. C'est ce qui ressort d'une brève enquête menée par l'Union patronale suisse auprès de ses membres. L'enquête explique que de nombreuses entreprises ont déjà fait preuve de souplesse ces derniers mois. On a veillé à "exiger le certificat seulement lorsqu'il était nécessaire", a déclaré Fredy Greuter de l'Union patronale suisse.

«Les employeurs s'efforcent de rechercher des solutions non bureaucratiques»
Fredy Greuter, responsable communication de l'Union patronale suisse.

Par exemple, la présentation d'un résultat de test positif pourrait servir d'alternative au certificat médical. Mais selon l'Union patronale suisse, les entreprises ont cependant en partie les mains liées : «Là où il a été convenu contractuellement avec l'assurance de demander un certificat médical en cas de maladie, il faudra toutefois respecter ces règles contraignantes ou conclure de nouveaux accords à court terme». Dans de nombreux cas, le certificat médical est la base du paiement des indemnités journalières de maladie par les assurances.

Peur de ne pas être payé

Cela pourrait mettre les employés dans une situation inconfortable. Christian Capacoel, du syndicat Unia, déclare :

«Il est important que les employés malades n'aient pas à craindre une perte de salaire»
Christian Capacoel, chef du département communication d'Unia

Si les certificats médicaux ne peuvent pas être délivrés dans les délais, c'est en effet ce qui pourrait se produire, prévient-il.

Une des solutions évoquées serait que les centres de tests puissent délivrer un certificat médical rapidement. Selon Christian Capacoel d'Unia: «S'il devait malgré tout y avoir des goulets d'étranglement, les employeurs devraient veiller à ce que les collaborateurs n'aient pas à craindre de perte de salaire». Sinon, il y a un risque que les employés viennent travailler malgré leur maladie.

Pendant ce temps, le syndicat des secteurs du service public (SSP) s'inquiète pour les médecins de famille. Elvira Wiegers, spécialiste santé du syndicat, prévient que la levée de l'obligation d'isolement ne doit pas conduire à ce que les médecins de famille soient mis sous pression. «Il n'est pas question de mettre maintenant le secteur ambulatoire au pied du mur». La charge de travail du personnel de santé est très importante, et pas seulement depuis le début de la pandémie. Actuellement, la situation du personnel dans les hôpitaux est parfois très tendue. Les conditions de travail doivent maintenant être améliorées durablement, exige Elvira Wiegers.

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Selon Marc Jungi, la charge de travail des médecins de famille est actuellement importante.

«La charge de travail des médecins de famille est généralement élevée et elle a encore augmenté à cause du Covid»

Les consultations médicales n'ont certes pas augmenté, car il y a eu moins d'autres infections. Mais la vaccination et les tests ont généré une augmentation de travail. En outre, les cabinets ont dû prendre des mesures pour éviter que les patients ne se contaminent mutuellement, par exemple dans la salle d'attente. «C'est quelque chose que nous avons appris aussi grâce au Coronavirus, et cela garde tout son sens», conclut-il.

Une année de Covid-19 en Suisse, retour en images

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Une année de Covid-19 en Suisse, retour en images
source: keystone / jean-christophe bott
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