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La Suisse achète des avions militaires depuis 1931. Petit tour de piste 🤓

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30.06.2021, 06:0201.07.2021, 09:43
Pascal Scherrer
Pascal Scherrer
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Le Conseil fédéral doit annoncer ce mercredi le nom de l'heureux élu: quel type d'avion de combat va remplacer la flotte vieillissante qui assure la sécurité de notre espace aérien.

Un peu d'histoire. Il faut savoir que la Confédération décide en 1930 que les Forces aériennes sont tenues d’effectuer, en plus de leurs tâches d'observation, des tâches de combat. Pour la première fois, le Parlement valide l’achat d’un avion de combat: Le Dewoitine D-27 de France. Depuis, la Suisse s’est procuré d’autres appareils, comme le montre notre liste.

Note: Les avions d’entraînement et amateurs ne figurent pas sur cette liste. L’année renvoie toujours au début de l’exploitation des modèles.

1931: Dewoitine D-27 III

La version de combat du Dewoitine D-26, le Dewoitine D-27 III de France, était doté d’un moteur et d’un armement plus puissants. La Suisse en achète 65. Puis, le 29 juillet 1948, elle les laisse tomber pour les remettre à l'Aéro-Club de Suisse, qui les utilise comme avions remorqueurs pour leurs planeurs.

1937: K+W C-35

Le K+W C-35, un avion de chasse suisse, est destiné à des missions de reconnaissance et de bombardement. Développé à partir de 1936 par les Ateliers fédéraux de construction de Thoune, c’est en 1937 que le premier modèle est livré aux Forces aériennes suisses. Toutefois, au début de la Seconde Guerre mondiale, le C-35 est déjà largement dépassé. Les chasseurs-bombardiers de nuit l’utilisent jusqu'en 1954.

1939: Messerschmitt Me 109

A partir du milieu des années 30, les Forces aériennes suisses disposent d’un matériel de vol peu adapté à la guerre. C’est pourquoi Rudolf Minger, le conseiller fédéral à la tête du Département militaire fédéral (aujourd'hui le DDPS), insiste pour acheter des avions plus modernes. Il s’intéresse au Supermarine Spitfire britannique et au Messerschmitt Bf 109 allemand. Seul ce dernier est disponible et c'est ainsi que le premier Bf 109 avec la croix suisse sur la queue vole en 1939. Il est rebaptisé Me 109. 114 appareils ont été utilisés et le dernier modèle est retiré en 1949.

1940: Morane-Saulnier D-3800

En plus du Me-109, la Suisse mise sur le Morane-Saulnier D-3800 français pour moderniser ses Forces aériennes. En 1937, la Suisse évalue cet appareil ainsi que le Henkel He 112 allemand. Le 3 juin 1938, le Conseil fédéral décide d'acquérir 300 D-3800 avec une licence de production. Toutefois, ce modèle n'intègre les Forces aériennes suisses qu'en 1940. À cette époque, il est déjà largement dépassé. C'est pourquoi le Conseil fédéral essaie, jusqu’en 1943, d'acheter des Spitfires aux Britanniques.

1942: K+W C-36

Au début de la Seconde Guerre mondiale, la Suisse ne peut plus se procurer d'avions modernes. Les Britanniques n’ont aucun intérêt à lui vendre leurs Spitfires et les Allemands rompent avec les fournisseurs parce que les Forces aériennes suisses abattent plusieurs de leurs avions pour avoir violé l'espace aérien suisse.

En 1939, la création d'un avion de reconnaissance et de combat terrestre suisse commence sous le projet baptisé C-3601. L’appareil est conçu au sein des Ateliers fédéraux de construction à Thoune et est ensuite construit à l'usine d'aviation d'Emmen. En 1942, les premiers modèles sont livrés aux forces aériennes sous le nom de C-36. Au total, 142 appareils ont été construits et ont été en service jusqu'en 1952.

1948: P51D «Mustang» nord-américain

Après la Seconde Guerre mondiale, les yeux étaient rivés sur les avions à réaction. Pour acquérir le premier, le Conseil fédéral approuve un prêt de 11,1 millions de francs qui permet aux Forces aériennes suisses de se procurer 100 avions P51 D «Mustang» nord-américain d'occasion. Ces appareils font partie des stocks restants des Forces aériennes américaines et se trouvent en Allemagne. Des pilotes suisses les rapatrient. Un peu plus tard, la Suisse achète 30 autres avions qui font office de matériel de remplacement. Ils sont en service de 1949 à 1957.

1950: De Havilland DH.100 «Vampire»

En mars 1946, trois pilotes suisses testent le chasseur monomoteur DH.100 «Vampire» de De Havilland en Angleterre. Suite à de nouveaux essais en Suisse, le Conseil fédéral soumet au Parlement, en mai 1947, une proposition d'achat de 75 appareils à l'Angleterre pour 64,45 millions de francs. En septembre 1948, le Parlement approuve cette demande et, en mars 1949, il autorise la construction de 100 avions supplémentaires sous licence. La même année, les Forces aériennes suisses volent avec les premiers appareils. Le «Vampire» est en service au sein des escadrons jusqu'en 1967 et sert d’avion d'entraînement jusqu'en 1990.

1954: De Havilland DH.112 «Venom»

Alors que les Forces aériennes suisses reçoivent les premiers «Vampires», l’Angleterre teste le «Venom». En avril 1951, le Parlement approuve la construction sous licence de 150 avions DH-112 Mk. 1 pour un crédit s’élevant à 175 millions de francs. Trois ans plus tard, le Parlement accepte la construction de 100 «Venom» supplémentaires en version Mk. 4. 226 DH. De 1954 à 1983, 112 appareils sont utilisés par les troupes comme avions de combat au sol. En 1956, la Suisse est ainsi le premier pays au monde à équiper toutes ses escadrilles (21) d'avions de combat modernes.

1958: Hawker Hunter

Avant de recevoir les premiers «Venom», les Forces aériennes suisses testent un nouvel avion à réaction: le Hawker Hunter. Le 17 octobre 1953, un bang sonique est entendu pour la première fois dans l'espace aérien suisse lors d'une démonstration. En janvier 1958, le Parlement approuve l’acquisition de 100 Hunter suite à l’annulation du développement du P-16. À cette époque, le Hunter était considéré comme l'avion de combat le plus moderne d'Europe. La même année, la Suisse obtient les premiers modèles et en reçoit 60 autres quelques années plus tard. Le dernier Hunter est mis hors service en 1993.

1964: Dassault Mirage IIIS

En 1961, le Parlement approuve l'achat de 100 avions de combat français Mirage III pour un montant de 870 millions de francs. La Suisse veut une flotte ultramoderne pour la protéger pendant la guerre froide. Mais l’acquisition tourne à la débâcle financière. Sans s'en apercevoir, l'administration néglige les aspects financiers, ce qui conduit plus tard à l'affaire des Mirages.

Le Conseil fédéral fournit des informations lacunaires au Parlement concernant notamment les aspects techniques de l'avion et les coûts. Après une enquête, le Parlement décide de réduire la commande: sur les 576 millions de coûts supplémentaires requis, seuls 150 millions sont approuvés. Finalement, la Suisse n'achète que 57 appareils au lieu de 100. Elle s’adapte à ses besoins et utilise le Mirage IIIS.

1978: Northrop F-5

En août 1975, le Conseil fédéral estime que le «Tigre» est le seul modèle qui puisse être acheté en nombre suffisant et dont l’acquisition entre dans le budget. Trois ans plus tôt, il avait annulé l’achat de nouveaux jets Corsair A-7 pour des raisons financières. Le grand public décrit le F-5 comme étant «l’avion de chasse du pauvre».

L’achat de cet appareil sème également quelques doutes sur le plan politique, car le constructeur américain Lockheed est impliqué dans un scandale et Northrop fait l'objet d’une enquête. Mais le procureur général de Berne dissipe les inquiétudes. Le Parlement finit par approuver l'achat de 72 Tigers pour 1,17 milliard de francs. Pour la première fois dans l'histoire des achats d'avions, la Suisse oblige les opposants à conclure des accords sur la compensation.

1997: McDonnell Douglas F/A-18

Au printemps 1992, le Parlement décide d'acquérir 34 avions de combat américains F/A-18 pour un total d’environ 3,5 milliards de francs. Le GSoA lance alors une initiative qui aboutit le 9 juillet 1992 avec 181 707 signatures. L'initiative est rejetée par 57% contre 43%.

En 1996, les Forces aériennes reçoivent les premiers F/A-18. Avant même que le dernier «Hornet» ne soit remis en 1999, le premier appareil s’écrase en Valais en 1998. Aujourd'hui, après trois autres crashs, 30 F/A-18 sont toujours en service.

Et parce que l'on ne s'en lasse pas: Explosion de joie de la Nati après l'arrêt de Sommer

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source: keystone
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