Nombre record d'enfants maltraités pris en charge en Suisse en 2025
L'année dernière, 2380 enfants et adolescents ont été pris en charge dans l'une des 19 cliniques pédiatriques suisses à la suite d'un cas de maltraitance présumé ou confirmé. Il s'agit du chiffre le plus élevé depuis le début de la collecte nationale de données en 2009.
L'augmentation par rapport à l'année précédente s'est élevée à 296 cas, soit 14,2%, a annoncé lundi la Société suisse de pédiatrie. La violence physique était la forme la plus fréquente de maltraitance, avec 756 cas, bien que sa part en pourcentage ait légèrement diminué.
Les cliniques ont également enregistré des chiffres plus élevés que l'année précédente en matière de négligence (699 cas) et d'abus sexuels (325 cas).
Le nombre de cas de maltraitance psychologique a connu une hausse particulièrement forte. Après une baisse marquée l’année précédente, 582 cas au total ont été recensés en 2025, soit 33,2% de plus que l’année précédente. Dans la sous-catégorie «exposition à la violence domestique», le nombre d'enfants concernés est passé de 198 à 371.
Plus de 40% des enfants concernés avaient moins de six ans. La répartition par âge, stable depuis des années, montre que les nourrissons et les jeunes enfants restent particulièrement vulnérables", a indiqué la Société de pédiatrie à ce sujet.
Dans près de 70 % des cas, les auteurs présumés appartenaient à la famille. Quatorze pour cent supplémentaires des auteurs faisaient partie du cercle de connaissances des enfants concernés.
En 2025, un enfant âgé d’un an est décédé des suites de mauvais traitements physiques. En 2023, quatre jeunes enfants sont décédés à la suite de maltraitance.
Les signalements de mise en danger
Pour la Société suisse de pédiatrie, les chiffres de l’année écoulée montrent qu’une protection efficace de l’enfance, reposant sur une prévention précoce et un soutien ciblé aux familles, reste essentielle.
Elle précise également que les signalements de mise en danger adressés à l’autorité de protection de l’enfant et de l’adulte (APEA) restent un outil central pour mettre en place des mesures contraignantes de protection et de soutien en cas de mise en danger du bien-être de l’enfant.
En 2025, comme les années précédentes, les maltraitances psychologiques ont le plus souvent été jugées «certaines»: «deux tiers des cas ont pu être classés sans ambiguïté». «En revanche, l’évaluation diagnostique des abus sexuels est souvent restée complexe», poursuit le communiqué. (sda/ats/svp)
