Un Romand à la tête de Migros? Voici les noms qui circulent
Depuis lundi, c’est une certitude. Ce qui passait pendant des années pour impossible doit désormais être réalisé: la création d’une coopérative unique Migros. Ce serait la fin des 10 coopératives régionales. D’ici à la mi-2027, les 2,3 millions de coopératrices et coopérateurs que compte le groupe rendront leur verdict lors de votations générales dans leurs régions. Pour obtenir le feu vert à son plan, Migros a besoin d’une majorité des deux tiers partout.
Ce qui suivrait serait une méga-restructuration historique. Toutefois, lors de la conférence de presse à Berne, une autre nouvelle a surpris plus encore que le plan de réorganisation. Car tant le chef du groupe Migros Mario Irminger que le chef de Migros Supermarché Peter Diethelm ont annoncé qu’ils se retireraient après les votations générales.
L’élaboration des plans de restructuration a-t-elle provoqué des dissensions? Y a-t-il eu des désaccords avec la présidente du conseil d’administration Ursula Nold, élue jusqu’en 2028 et qui, interrogée par le parterre de journalistes, a laissé ouverte la question de savoir si elle se représenterait pour un nouveau mandat?
Une restructuration qui durera au moins 5 ans
Mario Irminger a justifié, à Berne, l’annonce de son départ par son âge. Il aura déjà 62 ans l’année prochaine. Dans le communiqué de presse, Migros avance exactement le même argument pour Peter Diethelm. Et, interrogée, la porte-parole de Migros Prisca Huguenin-dit-Lenoir souligne elle aussi que c’est la seule raison de ce double départ. Elle ajoute:
D’ici là, Mario Irminger et Peter Diethelm assumeraient pleinement leurs tâches et garantiraient une transition sans heurts. En outre, Peter Diethelm accompagnerait ensuite la transformation jusqu’à fin 2028 «à titre consultatif».
Des candidats externes et internes
La recherche de successeurs est déjà en cours. «Une commission de recherche examine des candidates et des candidats internes et externes», précise Prisca Huguenin-dit-Lenoir. Les deux fonctions devraient être pourvues d’ici début 2027:
Les successeurs devront donc s’attaquer à la plus grande réforme de l’histoire de Migros, ou hériter d’un bûcher si les coopérateurs disent non à cette dernière.
Reste à savoir qui est sur le radar de la commission de recherche pour les deux postes de direction. Dans les milieux de la branche, le nom du chef de Migros Lucerne, Guido Rast, revient souvent, d’autant qu’il préside l’unité d’activité principale dirigée par Peter Diethelm. Mais, dans une interview accordée à CH Media (éditeur de watson) après l’annonce de la restructuration, il s’est mis hors jeu pour les deux sièges qui deviendront vacants:
Trois favoris issus des régions
Les collègues de Guido Rast dans les neuf autres coopératives régionales devraient eux aussi être examinés, ne serait-ce qu’en raison de leur fonction. Un initié suppose que, dans ce cercle, trois directeurs entrent en ligne de compte pour l’un des deux postes de direction au siège de Zurich.
Il y a d’abord le chef de Migros Zurich Patrik Pörtig. Avant son arrivée chez Migros en 2020, il était l’un des plus puissants vendeurs de chaussures du pays, à la tête de Dosenbach-Ochsner SA. Il a ensuite repris la direction des magasins spécialisés Migros, et a ainsi fait office, avant tout, de fossoyeur et de vendeur des filiales Do it+Garden, Melectronics, Micasa et SportXX. Depuis 2024, il dirige la région de Zurich. «Il a définitivement des ambitions pour des responsabilités plus élevées», dit un initié à propos de cet homme de 47 ans, titulaire d’un bachelor en économie.
Le chef genevois Grégory Décaillet est également cité. Cet homme de 48 ans jouit d’une bonne réputation au siège. Le Romand ne travaille chez Migros que depuis 2020 et, avant son passage en Suisse romande en 2024, il était actif dans les achats et dans la transformation de Migros Supermarché SA à Zurich.
Et, troisièmement, des chances sont reconnues au chef de Migros Suisse orientale Martin Lutz, 53 ans, qui, avec dix ans chez Migros, a un peu plus d’expérience que Grégory Décaillet et Patrik Pörtig. «Il en aurait l’étoffe», dit quelqu’un qui le connaît.
D'autres nom qui reviennent souvent
Normalement, le chef de Migros Aar jouerait aussi un rôle. Car il dirige la plus grande zone économique du détaillant, et c’est donc de là que sont régulièrement issus les directeurs qui ont accédé à la tête de Migros, comme jadis Peter Everts et Herbert Bolliger. L’actuel chef de Migros Aar Reto Sopranetti aurait en outre, avec plus de 30 ans d’expérience chez Migros, la culture nécessaire. Mais il y a un problème: il a déjà 62 ans.
Parallèlement, il y a encore les membres de la direction générale de la Fédération des coopératives Migros. Le chef de l’industrie Matthias Wunderlin, suppléant de Mario Irminger, passe pour un manager accessible. Cet homme de 52 ans a déjà occupé plusieurs fonctions dans l’univers Migros et était déjà donné comme candidat avant la nomination de Mario Irminger.
Un initié pourrait aussi imaginer Thomas Eisele, responsable de la transformation. «Il a une très bonne présence.» Son désavantage potentiel: il n’est arrivé chez Migros qu’en 2024, après avoir travaillé 17 ans pour le groupe de kiosques Valora.
Michel Gruber, chef de la division du commerce, devrait pour sa part avoir suffisamment à faire avec la filiale de discount Denner, qui a récemment perdu du terrain et enregistré de nombreux départs dans son management.
Comme plus rien n’est inimaginable chez Migros en ce moment, il est aussi possible que ce soient finalement des externes qui remportent la course, et doivent mener à bien ce plan historique. (trad. ysc)
