G7: une manif surprise ajoute à la situation anarchique à Genève
C’est la surprise du chef. Comme si le Conseil d’Etat genevois n’avait pas déjà assez à faire avec la manifestation anti-G7 prévue le 14 juin dans la cité de Calvin, voilà que le site d’extrême gauche Renversé en rajoute en lançant un «appel spontané» à une «Critical Mass NoG7» le 12 juin dans Genève. Pour info, une critical mass est un «rassemblement informel de cyclistes visant à promouvoir les mobilités douces et à réinvestir l'espace urbain», selon une définition en usage dans ce milieu plutôt anti-voitures.
«Ne pas se plier aux exigences autoritaires»
Principalement diffusé à Genève, Renversé entend visiblement faire d’une pierre deux coups. Au lieu que ce happening à vélo se tienne le dernier vendredi du mois, comme il est de coutume dans le monde entier, le site militant estime qu’«il fait plus que sens qu’il ait lieu le vendredi 12 juin pour soutenir l’ouverture du week-end nog7».
Renversé n’entend pas «se plier aux exigences autoritaires, qui viseraient à rester cloitré chez soi sous prétexte de situation exceptionnelle». Aussi, non sans fausse naïveté ou provocation, le site dévoile-t-il son jeu:
L’heure et le lieu de rendez-vous sont communiqués.
Sauf que...
Sauf qu’il y a un problème de taille. Dans un arrêt du 20 mai, le Conseil d’Etat a décidé:
«Du 12 au 17 juin 2026 inclus, sur l’entier du territoire cantonal, toutes les manifestations sur le domaine public au sens de la LMDPU (loi sur les manifestations sur le domaine public) sont interdites, à l’exception:
- des manifestations qui sont ou seront au bénéfice d’une autorisation délivrée par les autorités compétentes le 3 juin 2026 au plus tard;
- de la manifestation du 14 juin 2026 organisée par le collectif No-G7, en rive droite exclusivement, sous réserve du respect des charges et conditions comprises dans l’autorisation délivrée par les autorités compétentes.»
Au regard de cet arrêté, la «Critical Mass NoG7» voulue par Renversé n’entre pas dans les critères autorisant une manifestation entre le 12 et le 17 juin inclus. En effet, la démarche entreprise par le site de gauche radicale date du 4 juin, un jour après le délai fixé par le Conseil d’Etat pour l’étude des demandes de manifestation.
«Pas de commentaire à ce stade»
Joint par watson, le Département genevois des institutions et du numérique, qui comprend la sécurité, répond «ne pas faire de commentaire à ce stade». Renversé n’avait pas répondu à nos sollicitations au moment de la parution du présent article.
