La sexualité des Genevois va changer
Genève devient le premier canton à accepter le principe de gratuité universelle pour la contraception. L'initiative socialiste «Pour une contraception gratuite» a été acceptée dimanche par 58,46% des votants. Reste maintenant à concrétiser ce principe dans une loi.
Tous les moyens contraceptifs dont l'efficacité est reconnue sont concernés: soit la pilule, les stérilets, les implants, les injections, les patchs, les anneaux vaginaux, la pilule du lendemain ou encore les préservatifs. Cette gratuité s'applique sans distinction de revenus ou d'âge. L'initiative du PS était soutenue par la gauche, Le Centre et Libertés et justice sociale (LJS). Le taux de participation a atteint 44,24%.
«Avec ce vote, Genève rattrape une partie de son retard en matière d'accès à la contraception et démontre qu'une politique de santé publique peut aussi être une politique d'égalité», relève le comité d'initiative. Il précise:
Un vote clair
Etant donné qu'il s'agit d'une initiative non-formulée, le Conseil d'Etat doit désormais proposer un projet de loi pour mettre en oeuvre le principe de gratuité. Le ministre de la santé Pierre Maudet compte rassembler rapidement les gynécologues, les pharmaciens, les associations ainsi que les initiants pour discuter du périmètre de l'initiative et des moyens à déployer.
«Mais on ne part pas de rien: on pourra se baser sur le dispositif préexistant», a souligné le conseiller d'Etat. Il mise sur un débat au Grand Conseil au printemps 2027 et une entrée en vigueur en 2028. Et de souligner que le vote des Geneois est clair: il n'est pas question d'atténuer le principe de gratuité. A noter que le gouvernement était opposé à l'initiative, lui préférant la prévention et l'accompagnement.
Tout ou rien
Pour les adversaires de l'initiative, soit le PLR, l'UDC et le MCG, le coût de l'initiative, estimé à 20 millions de francs par année, était rédhibitoire dans le contexte budgétaire actuel. Opposés à un système «arrosoir», ils estimaient aussi que la contraception était «une affaire privée, pas une affaire d'Etat».
Seule l'initiative était soumise en votation. Un contre-projet édulcoré avait bien été élaboré par la majorité du Grand Conseil, mais il avait été refusé en plénière suite à une mauvaise compréhension de certains députés. Les Genevois devaient donc choisir dimanche entre tout ou rien. C'est finalement le tout qui l'a emporté.
Neuchâtel aussi
En Suisse, la contraception n'est pas remboursée par l'assurance maladie de base alors qu'elle nécessite généralement une consultation médicale. Une situation qui contraste avec de nombreux pays européens, comme la France, la Grande-Bretagne ou l'Espagne.
Plusieurs tentatives ont été menées au niveau du Parlement fédéral pour un remboursement par l'assurance-maladie. Aucune n'a abouti. A l'échelle cantonale, une réflexion est en cours à Neuchâtel suite à l'approbation en septembre 2025 d'une motion de la Jeunesse socialiste demandant une contraception gratuite pour les moins de trente ans. Le rapport du gouvernement sur ce sujet est attendu. (tib/ats)
