Suisse
Genève

Genève accepte la contraception gratuite, une première suisse

La sexualité des genevois va changer
Le conseiller d’Etat genevois Pierre Maudet après les résultats des votations, dimanche à Genève.Image: montage watson

La sexualité des Genevois va changer

Les citoyens ont accepté dimanche à 58,46% l’initiative socialiste visant à rendre gratuitement accessibles tous les moyens contraceptifs reconnus. Genève devient ainsi le premier canton suisse à inscrire ce principe dans la loi.
27.09.2026, 15:1127.09.2026, 15:56

Genève devient le premier canton à accepter le principe de gratuité universelle pour la contraception. L'initiative socialiste «Pour une contraception gratuite» a été acceptée dimanche par 58,46% des votants. Reste maintenant à concrétiser ce principe dans une loi.

Tous les moyens contraceptifs dont l'efficacité est reconnue sont concernés: soit la pilule, les stérilets, les implants, les injections, les patchs, les anneaux vaginaux, la pilule du lendemain ou encore les préservatifs. Cette gratuité s'applique sans distinction de revenus ou d'âge. L'initiative du PS était soutenue par la gauche, Le Centre et Libertés et justice sociale (LJS). Le taux de participation a atteint 44,24%.

«Avec ce vote, Genève rattrape une partie de son retard en matière d'accès à la contraception et démontre qu'une politique de santé publique peut aussi être une politique d'égalité», relève le comité d'initiative. Il précise:

«Genève fait le choix de considérer enfin la contraception comme ce qu'elle est: une composante essentielle de la santé publique, et non un luxe»

Un vote clair

Etant donné qu'il s'agit d'une initiative non-formulée, le Conseil d'Etat doit désormais proposer un projet de loi pour mettre en oeuvre le principe de gratuité. Le ministre de la santé Pierre Maudet compte rassembler rapidement les gynécologues, les pharmaciens, les associations ainsi que les initiants pour discuter du périmètre de l'initiative et des moyens à déployer.

«Mais on ne part pas de rien: on pourra se baser sur le dispositif préexistant», a souligné le conseiller d'Etat. Il mise sur un débat au Grand Conseil au printemps 2027 et une entrée en vigueur en 2028. Et de souligner que le vote des Geneois est clair: il n'est pas question d'atténuer le principe de gratuité. A noter que le gouvernement était opposé à l'initiative, lui préférant la prévention et l'accompagnement.

Tout ou rien

Pour les adversaires de l'initiative, soit le PLR, l'UDC et le MCG, le coût de l'initiative, estimé à 20 millions de francs par année, était rédhibitoire dans le contexte budgétaire actuel. Opposés à un système «arrosoir», ils estimaient aussi que la contraception était «une affaire privée, pas une affaire d'Etat».

Seule l'initiative était soumise en votation. Un contre-projet édulcoré avait bien été élaboré par la majorité du Grand Conseil, mais il avait été refusé en plénière suite à une mauvaise compréhension de certains députés. Les Genevois devaient donc choisir dimanche entre tout ou rien. C'est finalement le tout qui l'a emporté.

Neuchâtel aussi

En Suisse, la contraception n'est pas remboursée par l'assurance maladie de base alors qu'elle nécessite généralement une consultation médicale. Une situation qui contraste avec de nombreux pays européens, comme la France, la Grande-Bretagne ou l'Espagne.

Plusieurs tentatives ont été menées au niveau du Parlement fédéral pour un remboursement par l'assurance-maladie. Aucune n'a abouti. A l'échelle cantonale, une réflexion est en cours à Neuchâtel suite à l'approbation en septembre 2025 d'une motion de la Jeunesse socialiste demandant une contraception gratuite pour les moins de trente ans. Le rapport du gouvernement sur ce sujet est attendu. (tib/ats)

Tags racistes à Genève
1 / 7
Tags racistes à Genève
Tags racistes dans la salle des professeurs du CEC André-Chavanne, à Genève. La directrice, Joyce Mollet, serait visée.
source: dr
partager sur Facebookpartager sur X
La canicule frappe en silence dans les rues de Genève
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
«Opération d'enfumage» ou décision unanime: on a voté sur la neutralité
La Suisse ne veut pas graver une nouvelle définition de sa neutralité dans le marbre et confirme le maintien de la pratique actuelle. À gauche, le résultat est lu comme un vote de confiance. Mais à l’UDC, on dénonce une campagne qui aurait brouillé le sens même du concept.
C'est non. La Suisse ne veut pas changer sa recette de la neutralité, telle qu'elle existe actuellement. Le peuple a fait confiance à la «neutralité évolutive» d'Ignazio Cassis, celle privilégiée par le parlement et l'ensemble de la classe politique, à l'exception de l'UDC.
L’article