Interdire Insta et TikTok aux ados? Notre sondage cachait une surprise
Notre sondage l'a révélé cette semaine: une large majorité de Suisses veut interdire les réseaux sociaux aux ados. Si la mesure semble stricte, elle est surtout le reflet d'un constat: il n'est plus possible de laisser les plateformes numériques endommager la santé mentale des enfants et des adolescents.
Parmi les chiffres de l'institut Demoscope, une surprise: la confiance que les Suisses portent envers l'e-ID sur cette thématique. Près de 72% des 8300 sondés se disent favorables à cette solution.
En septembre dernier, le peuple suisse avait pourtant accepté ce projet technologique de contrôle de l'identité numérique encadré par l'Etat sur le bout des lèvres, à 50,4%. Les Suisses ont-ils brusquement décidé de faire solidement confiance à l'e-ID?
«Le message est passé»
«Je suis ravi de ce chiffre», lâche son créateur, le conseiller national Gerhard Andrey (Verts/FR). «L'e-ID est un moyen sûr, anonyme et qui permet justement de ne pas dépendre des grandes plateformes pour s'identifier. On le voit dans le sondage: 72% des gens font confiance à l'e-ID, et juste 16% pour un identifiant Apple, Microsoft ou Google.»
La possibilité de fournir une identification par copie de pièce d'identité vient entre-deux, à 52%. «C'est une des solutions aussi utilisée en Australie pour vérifier les âges», note le Fribourgeois, faisant référence au pays qui a interdit les réseaux sociaux aux moins de 16 ans.
De plus, il met dans la main de ces entreprises des copies de leurs documents d'identité. A contrario, «l'e-ID a été prévu comme un service public», indique Gerhard Andrey, qui espère que l'application puisse servir d'exemple pour d'autres pays.
La régulation des plateformes au centre
Et qu'en pensent les opposants de l'époque? La vice-présidente de l'UDC, Céline Amaudruz, estime que «le peuple a désormais tranché» sur cette question. Par ailleurs, dans notre sondage, les votants UDC sont eux aussi favorables à l'utilisation de l'e-ID — avec toutefois la part la plus faible.
«L'e-ID pourrait constituer un outil de contrôle de l'âge, sans transmettre l'identité complète de son utilisateur», concède-t-elle. Et de préciser:
Celle qui est vice-présidente du parti et aussi Genevoise précise par ailleurs que «si l'UDC Suisse recommandait le non à l'e-ID, l'UDC Genève avait recommandé le oui».
En attente sur la Confédération
D'ailleurs, cette solution est-elle bientôt prête à l'utilisation? «Pas encore», s'impatiente Gerhard Andrey, qui appelle la Confédération à accélérer la mise en place du système. Sur la question du numérique et des réseaux sociaux, «le malaise au sein de la population ne cesse de croître, comme le montre votre sondage»
L'expert en tech du Parlement étend d'ailleurs la problématique à d'autres domaines: «La vérification des âges pour les jeunes est une chose. Mais je pense aussi à l'explosion de bots ou de programmes pilotés par l'IA. Il va devenir de plus en plus difficile de savoir si on fait face à un humain ou une machine, en ligne. L'e-ID permettra de clarifier qui est un humain en ligne.» Il note aussi que c'est une question financière, l'application de son outil coûtant beaucoup moins que l'élargissement de la lutte contre les bots.
