Crans-Montana: on en sait plus sur les ratés qui ont mené au drame
Un fumoir jamais régularisé, plus de 1200 visites périodiques non effectuées: ces gros ratés ont tous précédé l'incendie du 1er janvier, qui a fait 41 morts et 115 blessés.
Nos confrères des titres de Tamedia les ont reconstitués, notamment grâce aux auditions d'élus et de fonctionnaires.
«C'est passé sous les radars»
En 2016, l'inspection finale des travaux ne porte que sur la véranda. Jacques Moretti en a garanti le concept comme «responsable de l'assurance qualité», ce qui suppose de bonnes connaissances en protection incendie. Le chargé de sécurité de Chermignon ne l'a pas vérifié: «J'ai suivi ce qu'il a écrit sans aucune autre vérification.»
Fin 2017, Jessica Moretti invite à l'inauguration d'un fumoir au sous-sol. Un fonctionnaire lui demande de l'annoncer et de le mettre aux normes anti-incendie. Rien ne sera fait. «Franchement, c'est passé sous les radars», reconnaît-il. Le soir du drame, au moins deux clients y étaient attablés.
1273 visites en retard
Engagé en 2017 pour contrôler seul quelque 130 bars et restaurants, le chargé de sécurité de Crans-Montana signale un manque d'effectif dès 2018. En 2020, il chiffre à 1273 les visites périodiques non effectuées en trois ans. Le Constellation n'est plus inspecté après 2019.
En 2024, son successeur, lui aussi en sous-effectif, ne l'aurait pas signalé par écrit au Conseil communal. «J'étais convaincu que les contrôles avaient été faits», a déclaré le président de Crans-Montana, Nicolas Féraud.
Dans le logiciel Lodur, le bar n'affiche aucune non-conformité ouverte, critère retenu pour prioriser les visites. Sa visite était prévue au printemps. (dag)
