G7: Pour cette ministre française, la Suisse est trop obsédée par l'argent
Une ministre française regrette le manque de confiance en amont du sommet du G7 d'Evian (F) avec les autorités suisses et genevoises. «Il y a eu une fermeture dès le départ» au lieu d'en faire un rayonnement pour Genève, a affirmé vendredi soir Éléonore Caroit à Genève.
«Il est dommage de n'avoir vu que des coûts et des potentiels volets négatifs», a dit à quelques journalistes la ministre Franco-Suisse, en charge de la francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l'étranger.
La ministre espère «que ce sera une leçon commune pour l'avenir». En revanche, elle ne se prononce pas sur une prise en charge des frais de sécurité, surtout à Genève, comme elle ne négocie pas dans cette affaire. «A ma connaissance, nous n'avons pas reçu de décompte ou de facture de la part de la Suisse», dit-elle.
Mais elle rappelle que, contrairement au moment du sommet du G8 en 2003, où la France avait remboursé une grande partie des frais suisses, la collaboration est réglée par un accord entré en vigueur en 2008. Des représentants des forces de l'ordre françaises sont d'ailleurs venus aider leurs collègues genevois au moment de la manifestation anti-G7, sans pour autant faire du maintien de l'ordre.
Et cette fois-ci, aucune délégation n'a dormi sur le territoire suisse. «Il y a eu une fermeture dès le départ sur le G7. La France a finalement tout mis en place pour que Genève soit le moins impliqué dans l'organisation du G7, à la demande des autorités suisses», estime Mme Caroit.
Dizaines de millions au total
Avant même le sommet, le délégué du Conseil fédéral pour le G7, Alain Gaschen, avait déploré qu'aucun accord financier n'ait été trouvé. Ajoutant que les discussions se poursuivaient, il était plutôt pessimiste. La situation n'a pas changé depuis.
Face à la colère à Genève, le président français Emmanuel Macron avait remercié la Suisse pour son soutien dans les dernières secondes de son dernier discours au sommet, à la fin de la conférence de presse.
Mercredi, la conseillère d'Etat Carole-Anne Kast avait chiffré à 31,6 millions de francs le coût pour Genève. Dans ce montant, 20 millions environ seront à la charge du canton et le reste est payé par la Confédération. Et le déploiement de milliers de soldats n'est pas considéré dans cette enveloppe.
Et la ministre genevoise avait estimé que Berne aurait pu être plus «pugnace» avec la France dans le dialogue, en posant certaines conditions. Elle allait aussi jusqu'à affirmer que le différend pourrait à terme «peser sur nos relations régionales» avec les collectivités publiques de l'Etat voisin.
Plusieurs rencontres multilatérales
Caroit est elle régulièrement en Suisse. Vendredi, elle a rencontré les nouveaux élus consulaires français, parmi lesquels figure l'ancien maire de Genève Rémy Pagani. Symbole du paysage politique français, ceux-ci représentent désormais tout le «spectre», de la gauche extrême à l'extrême droite.
La ministre a également vu les représentants des entreprises françaises en Suisse. Elle défend les relations économiques entre les deux pays. Sur le volet multilatéral, elle a participé à la conférence annuelle de l'Alliance francophone pour la propriété intellectuelle.
Et elle a rencontré la secrétaire générale de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) Celeste Saulo et celui de la Fédération internationale des sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) Jagan Chapagain. Avec ces deux interlocuteurs, elle a notamment abordé la question des alertes précoces face au changement climatique.
La France soutient l'initiative du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres et portée par l'OMM pour doter tous les pays d'un système d'alerte précoce d'ici 2027. Elle participe au financement de dispositifs dans plus de 70 Etats. (sda/ats)
