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L'Allemagne veut renvoyer 80% des Syriens: et la Suisse?

L'Allemagne veut renvoyer 80% des Syriens chez eux: et la Suisse?
Image: Imago, montage watson

Berlin veut renvoyer 80% des réfugiés syriens: voici ce que fait la Suisse

Le chancelier Friedrich Merz et le président syrien de transition Ahmed al-Charaa souhaitent que la majorité des réfugiés présents en Allemagne rentrent au pays. La Suisse prépare elle aussi un programme de retour pour les ressortissants syriens.
01.04.2026, 11:5401.04.2026, 11:54
Kari Kälin

Ahmed al-Charaa, ancien chef du groupe rebelle islamiste HTS, est devenu fréquentable en Occident. Les Etats-Unis ont rayé l'an dernier de leur liste terroriste le président syrien de transition, qui a renversé le dictateur de longue date Bachar al-Assad.

Lundi, al-Charaa a été reçu à Berlin par le chancelier fédéral Friedrich Merz et le président Frank-Walter Steinmeier. De nombreux Syriens en exil l'ont accueilli frénétiquement aux cris d'«Allahu Akbar» (Dieu est grand, en français).

Le chancelier allemand Friedrich Merz a reçu le président par intérim syrien Ahmed al-Scharaa à Berlin en début de semaine.
Friedrich Merz et Ahmed al-Charaa à Berlin.Image: Filip Singer / EPA

Al-Charaa se présente comme le dirigeant d'une nouvelle Syrie, déterminé à recoller les morceaux d'un pays déchiré par la guerre civile. Des violences contre des minorités continuent toutefois régulièrement de faire l'actualité de ce territoire encore troublé.

Après la rencontre à Berlin, c'est avant tout un chiffre qui retient l'attention des médias: le chancelier Merz souhaite que 80% des quelque 900 000 Syriens vivant en Allemagne rentrent dans leur pays au cours des prochaines années. Al-Charaa le souhaite également, selon le journal télévisé ARD Tagesschau. Merz entend expulser en priorité ceux qui «abusent de notre hospitalité».

Une approche qui ne convainc pas en Suisse

En Suisse, près de 30 000 Syriens résident sur le territoire. La grande majorité d'entre eux ont fui en raison de la guerre civile. Près de 10 000 personnes ont été reconnues comme réfugiés depuis 2012, et près de 13 000 ont bénéficié d'une admission provisoire. Si l'on transpose l'offensive de rapatriement annoncée par Merz aux proportions helvétiques, le ministre de l'asile Beat Jans devrait annoncer qu'environ 18 000 Syriens doivent faire leurs valises.

Les revendications politiques ne manquent pas. L'UDC avait déjà exigé, peu après la chute d'Assad en décembre 2024, que la Confédération introduise un retour forcé. Une chose est sûre: même dans le nouveau contexte politique, les Syriens ne rentrent que très rarement de manière volontaire. L'an dernier, ils n'étaient que 139 à l'avoir fait. Durant la dernière année sous la dictature d'Assad, ils n'étaient que 15.

Pour l'heure, rien ne laisse présager une vaste opération d'expulsion imminente de la part du département de Beat Jans. Le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), compétent en matière d'asile, indique que l'évolution de la situation en Syrie reste incertaine et qu'une dégradation de la sécurité est possible à tout moment.

La situation en matière d'Etat de droit, de protection des minorités et de maintien de la paix est volatile. Les quotas annoncés par le chancelier Merz ne seront ainsi pas suivis par le SEM. Ce dernier examinera plutôt l'admissibilité du renvoi au cas par cas, précise un porte-parole.

Beat Jans, ministre chargé de l'asile.
Beat Jans, ministre chargé de l'asile.Image: Peter Klaunzer / Keystone

Le Conseil fédéral a néanmoins pris plusieurs dispositions pour encourager le retour volontaire des Syriens. En février, il a recommandé d'accepter une motion dans laquelle la conseillère nationale Barbara Steinemann (UDC) réclame un programme de retour. Elle estime que plus d'un an après le changement de pouvoir à Damas, le moment est venu de mettre en place un dispositif en ce sens.

Steinemann déplore en outre que l'aide au retour proposée par la Suisse soit si peu sollicitée, notamment parce que les prestations sociales et le système de santé suisse sont bien plus attractifs qu'une aide unique. Elle demande que la Confédération renvoie le plus grand nombre possible de Syriens.

Des incitations financières

A la mi-juin, la Suisse a rejoint un programme de retour de l'Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex). Chaque personne reçoit 615 euros (565 francs), auxquels s'ajoutent 2000 euros (1840 francs) d'aide à la réintégration pour la première personne et 1000 euros (920 francs) supplémentaires pour chaque autre membre d'une famille qui rentre au pays.

Une famille de cinq personnes peut ainsi rentrer avec un peu plus de 9000 euros (8200 francs) en poche. Elle s'en sort parfois mieux qu'avec les tarifs suisses en vigueur. Entre juillet et décembre 2025, 60 Syriens ont accepté cette nouvelle offre, majoritairement des familles. Le SEM n'a toutefois pas encore communiqué activement sur cette possibilité auprès des réfugiés. Le Conseil fédéral souhaite lancer un programme d'aide au retour au plus tôt à l'été prochain.

L'Organisation suisse d'aide aux réfugiés appelle quant à elle à la prudence. Elle considère que les conditions d'un retour en sécurité ne sont toujours pas réunies. Elle souligne que plus de la moitié de la population dépend de l'aide humanitaire et que les conflits entre différents groupes de population continuent de générer une profonde insécurité.

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