Ces Iraniens manifestent pour le droit de rester en Suisse
Le bilan est sanglant. Lors des protestations qui ont éclaté le 28 décembre dans tout le pays en raison de la misère économique et du mécontentement à l'égard du système politique, le régime iranien a tué, selon les estimations, jusqu'à 30 000 personnes en début d'année.
Le pays ne connaît pas le repos. Après l'échec des négociations sur le programme nucléaire, les Etats-Unis et Israël ont attaqué militairement le régime des mollahs ce week-end. Vivre dans le calme, la sécurité et la liberté reste un rêve pour les habitants de la République islamique.
Un retour au pays qui implique un grand danger
C'est aussi de paix que rêvent la trentaine d'Iraniens déboutés de leur demande d'asile qui ont manifesté hier à Wabern, près de Berne, devant les portes du Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), pour protester contre la politique suisse en matière d'asile.
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Il s'agit du groupe «Empathie et Unité». Ce dernier a demandé une nouvelle fois au SEM de revoir sa pratique à l'égard des réfugiés iraniens. Concrètement, il exige que les quelque 320 personnes qui devraient quitter le pays en vertu d'une décision de renvoi entrée en force soient reconnues comme réfugiées politiques. Ces personnes auraient été contraintes à la fuite en raison de leurs activités politiques et de leur opposition au régime des mollahs.
Le groupe avertit qu'un retour en Iran représenterait pour elles un risque majeur, pouvant aller jusqu'à la mort.
Une situation éprouvante
Une porte-parole nous a déclaré que la politique suisse méconnaît la situation difficile en Iran. Elle a demandé que le SEM permette une intégration dans la vie professionnelle et un accès à la formation. Certaines des personnes déboutées vivent en Suisse depuis plusieurs années et ne perçoivent que l'aide d'urgence. La situation est épuisante, indique le groupe, notamment pour les enfants et les adolescents.
Notons toutefois que les enfants en âge scolaire ont le droit de fréquenter l'école indépendamment du statut de leurs parents. Le SEM, de son côté, ne dispose d'aucune base légale pour accorder de manière générale un statut de séjour régulier à l'ensemble des demandeurs d'asile iraniens déboutés. Un porte-parole précise néanmoins:
Aucun renvoi pour l'instant
En raison des agissements brutaux de l'Iran contre son propre peuple, le SEM a décidé le 13 janvier de renoncer jusqu'à nouvel ordre aux expulsions d'Iraniens. Les demandes susceptibles de recevoir une décision négative sont également suspendues depuis lors. L'Aide aux réfugiés salue cette décision du SEM, mais exige que les personnes non reconnues comme réfugiées bénéficient d'une admission provisoire en raison de la violence généralisée qui règne dans leur pays d'origine.
La Suisse compte actuellement un peu moins de 7600 personnes titulaires d'un passeport iranien. 6100 d'entre elles font partie de la population résidante permanente. Les autres ont soit été admises à titre provisoire, soit attendent encore leur décision d'asile.
Au cours des cinq dernières années, le SEM a enregistré en moyenne un peu plus de 430 demandes d'asile par an en provenance d'Iran. Environ 20 à 30% des demandeurs ont été reconnus comme réfugiés politiques.
