DE | FR

C'est quoi ce médicament de Roche homologué contre le Covid par l'OMS?

Image: Shutterstock
L'organisation mondiale de la Santé recommande un anticorps fabriqué par la géant bâlois pour traiter les gens très touchés par le Covid. Son défaut? Il est plutôt cher.
06.07.2021, 23:1807.07.2021, 14:55

Jusqu'à présent, en dehors de vaccins, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) n'avait homologué que l'utilisation de dexamethasone qui diminue la mortalité chez les cas graves. Le tocilizumab (non ce n'est pas une faute de frappe) du Bâlois Roche est, désormais, le second médicament validé par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) contre le coronavirus pour les patients très affectés. Combiné avec des corticostéroïdes, il réduit la mortalité et la menace d'assistance respiratoire.

D'où il sort?

Le tocilizumab, en vente depuis 2009, fait partie des anticorps monoclonaux qui sont utilisés dans le traitement de plusieurs maladies. La plupart des médicaments fabriqués avec cette technologie sont très chers (lire plus loin).

Pourquoi est-il efficace?

Selon une étude publiée mardi sur des dizaines de tests cliniques avec près de 11 000 patients, l'administration du tocilizumab ou du sarilumab, qui n'est lui pas fabriqué par Roche, avec des corticostéroïdes, permet de réduire de près de 20% les décès par rapport aux patients soignés seulement avec des corticostéroïdes.

C'est quoi les corticostéroïdes?
Les corticostéroïdes sont des hormones produites chimiquement qui sont très semblables au cortisol produit par le corps humain. Ce dernier peut aider le corps en cas d'infection, de traumatisme ou de stress émotionnel.
👉 Pour aller plus loin. (jah)

Chez les personnes qui ne sont pas ventilées, ce dispositif diminue de 21% la menace d'une assistance respiratoire ou de mortalité. Parmi les patients dans les tests cliniques, un quart des patients qui n'ont reçu que les soins habituels sont décédés dans le mois qui a suivi. Cette part est 10% moins élevée chez ceux auxquels de tocilizumab ou du sarilumab ont été donnés.

Si des corticostéroïdes sont ajoutés, 1% supplémentaire des patients seront sauvés. Cette combinaison diminue également la menace chez les personnes gravement atteintes de devoir être confrontées à une assistance respiratoire avant de décéder. Celle-ci s'établit à 26%, contre 33% chez les patients qui reçoivent seulement les soins habituels.

Un médicament très cher

Le prix du tocilizumab peut aller jusqu'à plus de 3300 francs par dose de 600 mg aux Etats-Unis contre le coronavirus, contre lequel ce médicament a été homologué il y a deux semaines par les autorités sanitaires américaines. Le coût de fabrication est estimé à moins de 37 francs par dose de 400 mg. Alors que celui des anticorps monoclonaux est souvent inférieur à 93 francs par gramme lorsqu'il est lancé à grande échelle, ajoute Médecins Sans Frontières (MSF).

«Nous devons être désormais attentifs à l'accès»

A rappelé la responsable de l'OMS. Etant donné l'inégalité vaccinale, les patients des pays pauvres doivent être ciblés pour l'acheminement de ceux-ci, dit-elle.

Appel à baisser de prix

Le prix du médicament préoccupe Médecins Sans Frontières. Mardi soir, l'ONG a appelé le groupe bâlois, seul producteur du tocilizumab, à partager rapidement son savoir-faire et sa technologie avec des fabricants dans les pays pauvres ou à revenus intermédiaires. Les prix doivent baisser pour rendre celui-ci accessible, insiste-t-elle.

Roche devrait accepter de vendre le tocilizumab contre le coronavirus à un prix beaucoup plus abordable qu'actuellement, ajoute l'ONG. Le brevet a expiré en 2017, mais des protections secondaires ont empêché l'approbation de médicaments similaires dans les pays pauvres ou à revenus intermédiaires par les autorités, aussi selon elle.

0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
Une étude cible la mauvaise collaboration entre secteurs avec la canicule
Les récentes canicules et sécheresses mettent en lumière une collaboration insuffisante entre secteurs.

Une étude de l'Université de Zurich a relevé les failles entre les différents secteurs en période de canicule. Les chercheurs ont analysé huit événements extrêmes sur trois continents au cours des vingt dernières années.

L’article