Manif NoG7: Genève pourrait accepter des «modifications» au parcours
Une semaine que la coalition No-G7 fait mariner le Conseil d’Etat genevois. Le 27 mai dernier, le gouvernement avait finalement donné son feu vert à la manifestation contre le sommet d’Evian, mais à ses conditions. Départ à 16 heures — votations obligent — et parcours limité à la rive droite. Enterré, donc, le tracé en «U lacustre» réclamé depuis des semaines par ce collectif qui rassemble plus de 60 organisations.
Carole-Anne Kast, cheffe du Département des institutions et du numérique (DIN), avait alors posé un ultimatum: ce parcours ou rien. La coalition avait demandé un délai de réflexion. Sa réponse est tombée mercredi matin dans un courriel adressé à l’exécutif cantonal.
Un oui du bout des lèvres
Le parcours est accepté du bout des lèvres par les manifestants. «Vu l’intransigeance du Conseil d’Etat, nous entrons en matière sur sa proposition. Mais certains points du tracé sont problématiques au niveau de la sécurité», a indiqué mercredi Françoise Nyffeler, responsable légale de la manifestation, à Keystone-ATS.
Dans le viseur du collectif: encore et toujours le pont du Mont-Blanc. Verrouillé par un important dispositif policier, il pourrait devenir un foyer de tensions. L’avenue de France, actuellement en travaux, suscite également des inquiétudes.
C’est dire que la position du Conseil d’Etat était particulièrement attendue ce mercredi 3 juin, lors de son point presse hebdomadaire. Las, la montagne a accouché d’une souris. Le ballet des négociations va se poursuivre. Une nouvelle rencontre entre les autorités et la coalition est prévue. Quand? «Nous n’avons pas encore fixé de date», répond la magistrate socialiste.
Le Conseil d’Etat entrouvre la porte
A moins de deux semaines de la manifestation, le gouvernement se dit prêt à apporter de «légères modifications de parcours en concertation avec le collectif, pour autant qu’elles soient raisonnables». Comprendre: il n’y aura pas de passage sur le pont du Mont-Blanc, le tracé ne s’écartera guère de la proposition actuelle et le départ restera fixé à 16 heures. Et ce, même si les affiches de la coalition appellent déjà à un rassemblement dès 14 heures. «Je ne vais pas commencer à commenter les communications de la coalition», balaie Carole-Anne Kast.
Concernant le nombre de participants attendus, le flou demeure. La semaine dernière, le chiffre de 50 000 manifestants avait été avancé lors du même point presse. Mercredi, le Conseil d’Etat a revu ses estimations à la baisse, tablant désormais sur une affluence comprise entre 10 000 et 20 000 personnes.
Un guide qui ne fait pas paniquer la police
Mardi 2 juin, un guide émanant du groupe antirep a fuité dans la presse. Le document prodigue notamment des conseils aux manifestants sur l’attitude à adopter face aux forces de l’ordre.
«Ces manuels, nous les connaissons. Disons que celui-ci a été adapté à la problématique des frontières», a réagi Carole-Anne Kast. A ses côtés, la commandante de la police genevoise, Monica Bonfanti, ne semble guère s’en émouvoir. «L’action qui compte, c’est celle que nous allons déployer sur le terrain», résume-t-elle.
