Le mystère d'une des lunes de Mars aurait été percé en Suisse
Déimos, la plus petite et la plus éloignée des deux lunes martiennes, a une forme presque ovale et présente une profonde dépression à l'un de ses pôles. Selon une étude internationale dirigée par l'Université de Berne (UniBE), ces caractéristiques bien particulières seraient la conséquence de l'impact d'un astéroïde.
Pour arriver à cette conclusion, les scientifiques ont utilisé le logiciel de pointe Bern Smoothed Particle Hydrodynamics (SPH) développé à l'UniBE. Il peut simuler des collisions d'objets célestes (astéroïdes, comètes, planètes), indique l'alma mater dans un communiqué publié mardi.
En se servant de cet outil, les scientifiques ont effectué une centaine de simulations impliquant une collision entre Déimos et un astéroïde, en variant la taille et l'angle d'impact de ce dernier. Ils ont ensuite comparé avec les données qu'a recueillies la sonde spatiale Héra lors de son survol de Déimos.
Les résultats de l'étude plaident clairement en faveur d'un scénario impliquant un astéroïde de 320 mètres de diamètre venu percuter Déimos avec un angle de 45 degrés. Cette lune mesure une quinzaine de kilomètres. L'impact aurait ainsi causé la dépression que l'on observe au niveau d'un des pôles.
Couche de poussière
La collision expliquerait aussi pourquoi Déimos est recouvert d'une couche peu compacte de poussière et d'éboulis, appelé régolithe. Cette couche lui confère un aspect lisse. Elle atteint par endroits une profondeur de plus de 200 mètres, souligne l'UniBE dans son communiqué.
Les chercheurs avancent d'autres hypothèses encore pour expliquer la forme cabossée. L'étude dirigée par l'UniBE a toutefois le mérite de coller avec les observations à disposition. De futures missions spatiales sont appelées à la confirmer, notamment celle de l'Agence d'exploration aérospatiale japonaise (JAXA). (sda/ats)
