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Les experts du climat prophétisent l'apocalypse. Décryptage en 5 points

Le changement climatique est bel et bien causé par l'homme. Voilà ce que souligne le dernier rapport du Giec. Et pour éviter le pire, il faut prendre des mesures urgentes. Analyse des 5 points principaux du document avec un expert du changement climatique.



L'homme pointé du doigt

Huit ans après son dernier rapport, le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) est sans équivoque: l'activité humaine a réchauffé l'atmosphère.

«Depuis le début de la révolution industrielle jusqu'à aujourd'hui, il y a eu une concentration croissante de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Cette concentration croissante a conduit au réchauffement climatique qui à son tour contribue aujourd’hui de plus en plus à ces impacts négatifs en termes d'événements météorologiques extrêmes»

Sandeep Sengupta, IUCN’s Climate Change Coordinator.

Selon les scientifiques, de nouveaux modèles et de nouvelles méthodes permettent de mieux comprendre l'influence humaine sur le climat. Et le résultat est indiscutable. «C'est un fait établi, les activités humaines sont à l'origine du changement climatique » a commenté la climatologue et coprésidente du Giec, Valérie Masson-Delmotte, lors de la conférence de presse.

«Il existe une fenêtre d'opportunité, mais cette fenêtre se rétrécit. Si nous n'agissons pas aujourd'hui, alors les impacts dans le futur seront bien plus graves»

Sandeep Sengupta, IUCN’s Climate Change Coordinator

Les impacts se font sentir dans le monde entier

Du dôme de chaleur au Canada en passant par les incendies en Grèce et aux inondations en Chine, le changement climatique est actuellement ressenti simultanément dans le monde entier.

«Le changement climatique affecte déjà toutes les régions de notre planète. Chaque fraction supplémentaire du réchauffement affectera les régions de multiples manières» souligne Panmao Zhai, coprésident du Groupe de travail I du Giec.

«Aucune région au monde n'est épargnée par le changement climatique aujourd'hui. Nous l'avons vu dans les récentes inondations en Allemagne et en Chine et dans les vagues de chaleur extrême au Canada et aussi récemment en Grèce. C'est donc un phénomène mondial»

Sandeep Sengupta, IUCN’s Climate Change Coordinator

Le Giec a également mis en place un atlas interactif avec les données utilisées dans le rapport pour comprendre ce que signifie le changement climatique dans le monde.

Une météo de plus en plus extrême

D'après Panmao Zhai, coprésident du Groupe de travail I du Giec, les activités humaines contribuent à rendre les événements climatiques extrêmes.

«Partout dans le monde, nous pouvons nous attendre à voir beaucoup plus de conditions météorologiques extrêmes, les véritables manifestations du changement climatique, sous la forme de sécheresses, d'inondations et de vagues de chaleur»

Sandeep Sengupta, IUCN’s Climate Change Coordinator

Avec des températures qui vont continuer d'augmenter, la glace de mer estivale au sommet de l'océan Arctique disparaîtra entièrement au moins une fois d'ici 2050, selon le scénario le plus optimiste du Giec.

Il faut absolument réduire les gaz à effets de serre

Le CO2 est le principal gaz à effet de serre responsable du changement climatique. Le rapport souligne qu'il existe une relation presque linéaire entre l'augmentation de la température et la quantité d'émissions de CO2 dans l'atmosphère.

Chaque tonne de CO2 que nous envoyons dans l'atmosphère augmente la température globale de la planète. Cela signifie que le seul moyen de limiter le réchauffement climatique est d'atteindre 0 émission nette de C02 à l'échelle mondiale.

«Le monde manque de temps et si vous regardez ce que le Secrétaire général des Nations Unies a dit en réponse au rapport, c'est que ce rapport est une alerte rouge pour l'humanité»

Sandeep Sengupta, IUCN’s Climate Change Coordinator

Le rapport se concentre également sur un autre gaz, le méthane, qui contribuerait également au réchauffement climatique. Selon Sandeep Sengupta, le méthane est un polluant climatique à courte durée de vie, mais a un potentiel de réchauffement planétaire beaucoup plus élevé que le CO2, et est donc important à contrôler aussi.

La balle dans le camp des gouvernements

Aux vues des résultats de ce rapport, chaque nation est maintenant invitée à présenter à la COP26 de Glasgow de nouveaux plans pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

«Le budget carbone est en train de s'épuiser rapidement. Les pays vont devoir être plus ambitieux pour réduire leurs émissions nationales»

Sandeep Sengupta, IUCN’s Climate Change Coordinator

Ces propositions devront entre autres limiter le réchauffement mondial à 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels, l'ambition première de l'accord de Paris sur le climat.

Selon Sandeep Sengupta, si nous réduisons nos émissions de manière ambitieuse, immédiate et soutenue en suivant les recommandations du Giec, il est fort probable que nous pourrons maintenir la limitation de l'augmentation de température à 1,5°C. Et si nous le faisons, la probabilité des pires scénarios climatiques commencera à diminuer.

BONUS: Et en Suisse, on est bon élève?

Selon Christian Lüthi, Directeur de l’Alliance climatique Suisse, la Suisse n’est pas bonne élève du tout. «Avec le refus de la loi CO2, il y a maintenant un grand besoin de prendre de nouvelles mesures et que ces mesures soient plus ambitieuses», commente Christian Lüthi.

«Au niveau global, les émissions liées aux investissements des institutions financières suisses ont un impact 20 fois plus élevé que les émissions directes du pays»

Christian Lüthi, Directeur de l’Alliance climatique Suisse

D'après lui, la place financière helvétique est un important levier du changement climatique. Les politiques doivent agir pour réduire les émissions directes de la Suisse, mais aussi pour s'assurer que le secteur financier arrête de soutenir les industries du charbon, du pétrole et du gaz et qu'il augmente sa contribution aux énergies renouvelables et pour la transition vers une société zéro carbone.

Cependant, le rapport du Giec assure qu'il n'est pas trop tard pour éviter le pire. «Il est temps de prendre des mesures visant à décarboner notre économie et notre vie quotidienne au plus vite possible», confirme Christian Lüthi.

Les incendies en Grèce et Turquie

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Les incendies en Grèce et Turquie
source: sda / yannis kolesidis
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Depuis la sortie du rapport du Giec, plusieurs personnes ont placardé ses pages aux sièges des institutions. Malgré l'intervention systématique de la police, les actions se multiplient.

Le changement climatique est causé par l'homme. Pour éviter le pire, il faut prendre des mesures urgentes. Sinon, c'est l'apocalypse. Voici ce que soutient en substance le nouveau rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), dévoilé lundi 9 août.

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