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Un ancien Témoin de Jéhovah raconte l'envers du décor

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Image: Shutterstock

Dans un long entretien en cinq épisodes, un ex membre du mouvement sectaire nous explique le fonctionnement de la congrégation religieuse.

Matilde Meslin / slate



Un article de Slate

Tout le monde les a déjà croisés sans pour autant savoir quoi que ce soit à leur propos. Que croient vraiment les Témoins de Jéhovah? Combien sont-ils? En quoi le «jéhovisme» est-il différent du catholicisme ou du protestantisme? Est-ce une religion ou une secte d'illuminés qui attendent la fin du monde? Pour répondre à ces questions, rien de mieux que de se renseigner de l'intérieur (ou presque).

Bertrand a quitté les Témoins de Jéhovah il y a douze ans, épuisé par les règles de la congrégation et parce que de sérieux doutes l'ont saisi au sujet des croyances du groupe. Au micro d'Élisabeth Feytit, créatrice du podcast sur la métacognition (le fait de penser la façon dont on pense) Méta de choc, Bertrand dévoile l'envers du décor dans un riche entretien divisé en cinq épisodes d'une heure chacun.

Grandir dans la communauté

Comme beaucoup de Témoins de Jéhovah de sa génération, Bertrand est né au sein de la communauté. Fils d'une «jéhoviste» - c'est le qualificatif qu'il utilise, pas très apprécié des Témoins de Jéhovah d'après lui -, il maîtrise les codes du groupe à la perfection et fait son chemin de «bon petit Témoin de Jéhovah». Comme il se doit, il passe des dizaines d'heures hebdomadaires à la «salle du Royaume» (le temple) et fait du porte-à-porte pour faire du prosélytisme depuis son adolescence.

Il ne célèbre ni anniversaire ni fête religieuse, est très attentif à son hygiène et ne prononce ni insulte, ni blague grivoise. Il ne vote pas, ne fume pas, ne boit pas, écoute peu de musique et ne lit pas d'ouvrages fantastiques. Surtout: il n'adresse pas la parole à ceux qui sont exclus du groupe parce qu'ils ont enfreint l'une des très nombreuses règles établies par les anciens. Jeune, il épouse une femme de sa congrégation: chez les Témoins de Jéhovah, on ne se marie pas avec des «gens du monde», des personnes extérieures. «Ils nous veulent du mal», lui explique-t-on au sein du groupe.

Malgré les nombreuses règles qui ordonnent son quotidien et sa carrière professionnelle (interdiction est faite d'être trop ambitieux), Bertrand s'épanouit relativement bien au sein de sa congrégation où règne un sens accru du collectif et de l'accueil des autres membres. Mais au fil des années, pêché ultime, un doute s'installe dans son esprit, relatif aux croyances jéhovistes. Or, c'est bien là l'interdit à ne pas briser: «Il ne faut jamais douter.»

Une faille dans la foi

Lecteur assidu de La Tour de garde et Réveillez-vous!, les deux revues des Témoins de Jéhovah dans lesquelles les dirigeants du Collège central s'adressent aux «vrais chrétiens», Bertrand est pris d'un malaise grandissant face aux multiples revirements de situations auxquels sont soumis les membres de la communauté. La fin du monde n'a pas eu lieu à la date prévue? Ils trouvent un subterfuge pour la reculer de quelques années. Bertrand a de plus en plus de mal à être «l'esclave fidèle et avisé» que la Bible lui demanderait d'être.

Au fil des années, le doute grandit dans l'esprit de Bertrand, qui va jusqu'à écrire aux dirigeants de l'organisation pour leur demander des explications à propos de certaines dates historiques qui ne collent pas. Il finira par sortir des Témoins de Jéhovah après un burn-out et une tentative de suicide, épuisé par la dissonance cognitive entre ce en quoi il croit vraiment et ce qu'il doit montrer en public.

Extrêmement riche, l'entretien aborde aussi bien l'histoire des Témoins de Jéhovah et leur attente de la fin du monde que l'expérience personnelle de Bertrand que l'on sent encore meurtri par bon nombre d'événements. Bien que parfois décousue, l'interview passionne pour ce qu'elle révèle de cette mouvance aux dérives sectaires qui compte des millions d'adeptes à travers le monde, mais aussi de la capacité humaine à s'autopersuader de quelque chose pour être accepté dans un groupe. Le plus difficile reste encore d'en sortir.

Cet article a été publié initialement sur Slate. Watson a changé le titre. Cliquez ici pour lire l'article original

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