Ce phénomène «inquiétant» fait craindre des hivers glaciaux en Suisse
Le système de courants océaniques Amoc (Atlantique), dont le Gulf Stream fait partie, régule le climat à l'échelle planétaire. Selon une étude de l'Université de Bordeaux et du CNRS, relayée par la RTS et publiée dans la revue scientifique Science Advances, il pourrait perdre la moitié de son débit d'ici à 2100.
Les modèles climatiques antérieurs prévoyaient un recul de 32% en moyenne. Cette nouvelle estimation le porte à 51%.
L'Amoc, acronyme de «Circulation méridienne de retournement de l'Atlantique», possède un débit équivalent à dix fois celui de tous les fleuves du monde réunis. Sa perte d'intensité, due au réchauffement climatique, augmente la stratification de l'océan, et rend ainsi ses couches plus difficiles à mélanger.
Les conséquences d'un effondrement
Si l'Amoc venait à s'effondrer, avec un recul de plus de 80%, les répercussions seraient planétaires. Les hivers en Europe du Nord deviendraient nettement plus froids, et des sécheresses durables frapperaient le Sahel. Le niveau des mers monterait, et la capacité de l'océan à capter le CO2 se réduirait considérablement.
Un sujet qui divise les scientifiques
Le Giec estimait, en 2021, qu'un effondrement de l'Amoc était «très peu probable» ce siècle, tout en admettant qu'un «affaiblissement substantiel» demeurait «un scénario plausible», comme le rapporte la RTS.
La communauté scientifique reste partagée devant les résultats de l'étude. Florian Sévellec, directeur de recherche au CNRS à Brest, indique:
Une étude récente suédoise est arrivée à des conclusions opposées avec «des méthodes comparables», précise en outre Fabien Roquet, professeur d'océanographie physique à l'Université de Göteborg. Florian Sévellec conclut:
(ysc)
