La Suisse a un problème que les orages n'ont pas atténué
De violents orages ont frappé une grande partie de la Suisse mardi soir. «Les quantités de précipitations les plus importantes sur 24 heures ont été relevées au sud des Alpes», explique Elias Zubler, de MétéoSuisse. Au Tessin, certains sites ont enregistré 50 millimètres de pluie par mètre carré. Cela représente environ 5% des précipitations annuelles. Par endroits, il est même tombé davantage de pluie. Sur le versant nord des Alpes, les quantités ont atteint entre 20 et 40 millimètres.
La pluie s’est accompagnée localement de grêlons de un à deux centimètres de diamètre ainsi que de fortes rafales. Le vent a également soufflé avec vigueur dans tout le pays. Des rafales à plus de 100 km/h ont été enregistrées en Suisse.
Tonnerre et éclairs étaient également au rendez-vous mardi soir. L’activité électrique a été la plus intense dans les Préalpes et le Jura, où elle a été particulièrement élevée en proportion, selon Elias Zubler. Selon MeteoNews, environ 7500 éclairs avaient été recensés dans toute la Suisse jusqu’en début de soirée.
Même si beaucoup ont eu l’impression du contraire, Elias Zubler relativise:
Ces pluies sont tombées sur des sols extrêmement asséchés dans tout le pays, comme le montre la Plateforme nationale sur la sécheresse de l’Office fédéral de l’environnement (Ofev). Selon les spécialistes, ces précipitations sont certes importantes pour la végétation, mais elles n’apportent qu’un soulagement très temporaire.
«La situation de sécheresse restera tendue au cours des prochaines semaines», avertit le météorologue. Pour atténuer durablement le phénomène, il faudrait encore plusieurs jours de fortes précipitations et, au final, probablement des quantités de pluie en juin supérieures à la moyenne.
Le niveau des lacs reste inférieur à la normale
Les dernières semaines de sécheresse se font également sentir sur le niveau des lacs. Sur les rives du lac de Constance, par exemple, le plongeoir est fermé, car un plongeon pourrait facilement se terminer par un choc contre le fond. «Pour obtenir une amélioration durable de la situation, il faudrait davantage de précipitations», explique Viola Mauri, de l’Ofev.
Le niveau du lac de Constance demeure ainsi très bas. Cette situation s’explique par des quantités de neige nettement inférieures à la moyenne cet hiver dans son bassin versant. En raison des températures printanières précoces, une grande partie de la neige a déjà fondu. Les apports d’eau vers le lac sont désormais limités.
Le Rhin à Bâle a certes vu son débit augmenter à la suite des pluies, mais son niveau reste largement inférieur à la moyenne. A l’inverse, l’Aare dispose actuellement de suffisamment d’eau. (trad. hun)
