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C'est quoi ce «Tinder» albanais made in Switzerland?

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Image: Shutterstock

Une start-up suisse a créé une application de rencontre téléchargée près de 350 000 fois. Elle est utilisée dans toute l’Europe et s’adresse aux Albanaises et aux Albanais. Mais elle se heurte à des problèmes de protection des données.

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Aujourd’hui, pour trouver l’amour sur Internet, les utilisateurs ont le choix: Tinder, Bumble, Grindr, Parship, C-Date, etc. Il existe également des apps de niche qui ciblent les personnes qui aiment les chiens, les personnes croyantes ou encore….la population albanaise.

Oui, vous avez bien lu: il existe bel et bien une app qui vise une population spécifique. Depuis son lancement, dua.com a été installée près de 350 000 fois. La plateforme a été développée en Suisse orientale par la start-up de Valon Asani, qui gère actuellement les opérations depuis Zurich et Pristina, la capitale du Kosovo.

L’entrepreneur souligne que son site n’est pas qu’une simple app de rencontre pour la population albanaise. Il préfère se comparer à l’app Bumble et non à Tinder. «Sur dua.com nous ciblons les personnes d’origine albanaise, mais aussi toute la diaspora. Nous souhaitons rassembler les gens, que ce soit pour des dates, des rencontres amicales ou des opportunités commerciales. Toutes les personnes qui souhaitent créer des contacts dans ces domaines sont les bienvenues».

Des spams, à la suite d'annonces publicitaires

Le CEO de la plateforme parle de son expérience et du fait que les gens aux traits de caractère similaires cherchent à se réunir autour des mêmes intérêts: «Le succès de JDate ou de Muzmatch et co. n’est pas un hasard et est similaire à celui de dua.com. Nos utilisateurs viennent de plus de 50 pays différents. Notre objectif est désormais de proposer une plateforme à d’autres communautés». L’équipe a déjà commencé à préparer une plateforme pour la population roumaine.

Valon Asani dua.com

Valon Asani (au milieu), CEO de la plateforme, en 2017. Image: watson

Toutefois, lors du développement de son app, l’entrepreneur s’est heurté à quelques problèmes liés à la protection des données; un problème que connaissent de nombreuses start-ups. D’une part, les investisseurs exigent une garantie vis-à-vis de la sécurité des données, d’autre part, les familles des pays de l’Europe de l’Est font face à une hausse de spams.

Qu’elles soient albanaises, serbes, croates ou turques, de nombreuses familles issues de la migration font face à des appels agaçants d’assurances ou de fournisseurs de crédit, qui leur proposent des offres dans leur langue.

Valon Asani explique que pendant la période estivale, les personnes albanaises reçoivent également des SMS de compagnies aériennes. Son entreprise fait face à ce genre de problèmes, et des utilisateurs se sont plaints. L’app a reçu des critiques négatives, l’accusant d’être liée à ces appels publicitaires.

«Les données des utilisateurs ne sont utilisées ni pour des appels, ni pour des SMS publicitaires. Toutes ces allégations sont fausses», révèle le CEO, qui comprend néanmoins le mécontentement des utilisateurs.

«Mais il n’y a aucun lien entre ces appels et notre app. C’est une conclusion erronée. Nous comptons près de 1000 nouveaux utilisateurs tous les jours et nous ne vendons jamais leurs données à des tiers», explique-t-il. L’entreprise a publié un démenti et procède à une vérification du profil par téléphone.

La protection des données est la plus grande priorité, mais elle est difficile à garantir

Au fil de la discussion avec l’entrepreneur, on se rend compte qu’il prend la question des données très au sérieux. Il explique qu’il a même engagé un responsable de la protection des données, conformément à la loi et au traitement des informations sensibles.

Les utilisateurs de dua.com peuvent fournir des informations sur leur religion. Si le site se fait pirater, les hackers disposeraient d’informations sur les utilisateurs et sur leur manière de voir le monde.

dua.com

L’app s’inspire du design et des fonctionnalités d’autres apps de rencontre, qui ont aussi du succès. Image: capture d'écran

Valon Asani est conscient que sa start-up n’est pas à l’abri d’une attaque. Les études montrent qu’une simple recherche sur Internet permet de télécharger les données d’une centaine de profils, en quelques minutes. Watson a ainsi obtenu facilement des photos de profil, des noms de famille et des prénoms, ainsi que l’âge, la position géographique et la religion d’environ 1200 utilisateurs.

«Les utilisateurs fournissent librement leurs données et tous ceux qui sont enregistrés y ont accès depuis l’app»

Valon Asani

À l’exception des noms de famille, il s’agit des mêmes données auxquelles les utilisateurs ont accès lorsqu’ils «swipent». Des machines peuvent charger ces données plus facilement et les utiliser pour des recherches ultérieures. Par exemple, pour rechercher des profils sur LinkedIn, Facebook et Instagram, où l’on peut aussi trouver des informations sur les carrières professionnelles ou les opinions politiques.

Au téléphone, Valon Asani explique que ce genre de failles l’énerve, mais il relativise: «Les utilisateurs fournissent librement leurs données et tous ceux qui sont enregistrés y ont accès depuis l’app». Toutefois, le nom de famille a été supprimé de l’app, ce qui permet d’identifier une personne moins facilement.

«Nous sommes constamment en train de chercher des solutions afin de rendre notre app plus sûre. A la suite de cette situation, nous avons limité les recherches à 100, et seuls les utilisateurs enregistrés y ont accès», explique l’entrepreneur.

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Des centaines de photos et de données personnelles ont été facilement téléchargées. Image: watson

En ce qui concerne le fait que les mots de passe des utilisateurs circulent sans cryptage entre l’app et le serveur à travers un canal HTTPS, Valon Asani souligne: «Les mots de passe sont cryptés. Nous utilisons AWS Cognito pour l’authentification des utilisateurs, ce qui permet de répondre aux exigences liées à l’organisation de données sensibles. En plus du canal crypté HTTPS, avec notre responsable technique, nous cherchons d’autres possibilités au niveau du cryptage des clients».

Faux profil avec la photo LinkedIn d’une Zurichoise

Parmi les données des près de 1200 utilisateurs que watson a pu obtenir, en raison de la plateforme peu sécurisée, la photo de profil d’une certaine Laura (nom d’emprunt) est ressortie. Une recherche d’images sur Google a permis de trouver le profil LinkedIn d’une Zurichoise qui s’appelle Laura.

La vraie Laura ne savait pas qu’elle avait un profil sur dua.com. «Ça me choque! Je n’ai jamais entendu parler de cette plateforme et je ne m’y suis jamais inscrite», nous a-t-elle écrit. Laura n’est sûrement pas la seule à être victime d’un faux compte sur une app de rencontre.

Parmi les quelques 1200 données, watson a trouvé des photos vendues sur des banques d’images. Dua.com n’est pas la seule app qui se bat contre ce problème. Tinder, Bumble et Grindr proposent aussi des faux comptes qui sont souvent, mais pas toujours, générés par des robots qui tirent au hasard des images depuis Internet.

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Des centaines de données d'utilisateurs pourraient avoir été téléchargées par des robots. Image: capture d'écran

Valon Asani est indigné de constater que Laura est une «vraie» personne et non un modèle tiré d’une banque de photos. «Nous avons une équipe de support qui s’occupe tous les jours uniquement de vérifier les comptes et de bloquer les faux profils. Avec près d’un quart de millions d’utilisateurs, nous avons déjà bloqué 14 431 comptes en une année, depuis le lancement de l’application», explique-t-il.

Pour des raisons de confidentialité, il ne commente pas le cas de Laura. Il promet toutefois: «Nous allons enquêter sur cette affaire, comme nous le faisons pour toutes les autres affaires».

Article traduit de l'allemand par Kenza Vionnet

Après ce long sujet, voici maintenant un pantalon de 70 mètres de long:

1 / 9
Un pantalon de 70 mètres de long présenté à Beromünster (LU)
source: sda / urs flueeler
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