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En Suisse romande, le conseiller d'Etat genevois Mauro Poggia mène vigoureusement campagne en faveur de la vaccination
En Suisse romande, le conseiller d'Etat genevois Mauro Poggia mène vigoureusement campagne en faveur de la vaccination Image: sda
Interview

«Je me sens excédé devant la mauvaise foi, mais je dois me contrôler»

Il menace, il s'énerve. Le conseiller d'Etat genevois Mauro Poggia n'en finit plus d'engueuler les non-vaccinés à la moindre occasion. Pense-t-il vraiment convaincre ainsi les réticents à la vaccination? Entretien.
26.08.2021, 18:1627.08.2021, 15:35
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Mauro Poggia, ça va? On vous sent totalement excédé...
J’ai beaucoup de peine face à la mauvaise foi. Mais je dois me contrôler. Je ne dois pas faire d’amalgame entre les opposants irréductibles au vaccin qui ne veulent rien entendre et les gens qui ont encore des questions ouvertes sur la vaccination.

C'est cela qui vous pousse à prendre des positions extrêmes, comme faire payer aux non-vaccinés les coûts engendrés par leur hospitalisation ?
Ce jour-là, j’étais excédé. J’avais sous les yeux les derniers chiffres des hospitalisations Covid aux HUG. Sur 10 personnes traitées, 9 n’étaient pas vaccinées. D’ailleurs, pour être précis, j’ai proposé qu'un débat s'ouvre au niveau fédéral pour savoir si les non-vaccinés devaient participer aux charges en cas d’hospitalisation. Pas l’entier. Vous savez, la solidarité ne va pas que dans un sens. Chacun doit faire un effort.

Et vous pensez vraiment qu’en provoquant ainsi les sceptiques, vous allez les convaincre ?
Il ne faut pas abuser de ce qui peut être considéré comme menaces, c’est vrai. Je ne réponds plus d’ailleurs aux messages excessifs qui nous accusent des pires maux. En revanche, il faut écouter les gens qui ont encore des questions ou des peurs sur la vaccination. S’ils en ont encore, c’est probablement parce qu’on n’a certainement pas suffisamment été clairs.

Quel genre de peurs ?
Cela peut être des peurs toutes bêtes comme la peur de la piqûre ou alors liées à cette nouvelle technologie d’ARNm. C’est une des raisons qu’on entend régulièrement d’ailleurs chez les non-vaccinés : cette technologie n’aurait pas été suffisamment testée, il n’y aurait pas assez de recul.

Alors comment allez-vous tenter de toucher ces personnes ?
Certaines voix s'expriment au sein de la Conférence des directeurs cantonaux de la santé (CDS) d’autoriser en Suisse des vaccins qui fonctionnent sur un mode traditionnel, comme l’AstraZeneca (sans ARNm) et qui pourrait être administré aux plus de 50 ans. Les citoyens auraient ainsi le choix, comme c’est le cas dans d’autres pays.

«Cette solution permettrait de prendre en compte la peur de celles et ceux qui pensent que nous n’avons pas assez de recul avec les ARNm. Il s’agit de convaincre les hésitants en dépassant les hésitations»

Convaincre les réticents sur FB avec une alternative aux ARNm

En parlant d’hésitations, du côté des cantons, c’est une sacrée cacophonie! Chacun prend des mesures dans son coin.
Fin juillet, les cantons ont reçu des recommandations de l’OFSP pour prendre des mesures anti-Covid dans les lieux de soins. Chacun a agi selon sa situation et sa sensibilité politique. Au fond, ce sont les cantons qui en font le moins qui dictent leur loi au plus grand nombre… Sinon, comment voulez-vous prendre des mesures sévères alors que votre voisin n’en fait rien.

«A un moment donné, si la situation continue de se péjorer, il va falloir que Berne prenne les rênes, que nous agissions d’une manière concertée sur tout le territoire suisse. Nous devons absolument miser sur la prévention. Après, quand les hôpitaux seront pleins ce sera trop tard. Nous serons juste en réaction.»

Chaque canton prend ses mesures👇🏼

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