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Michel Jaboyedoff (médaillon). Inondations à Frutigen, Oberland bernois. Oct. 2011. image:keystone

Interview

Les épisodes violents comme à Cressier vont se multiplier

Michel Jaboyedoff est le directeur de l'Institut des sciences de la Terre à l'Université de Lausanne. A la suite de la catastrophe de Cressier, il analyse pour watson les risques et dangers liés à la répétition de graves intempéries en Suisse même.



Quel est le phénomène à l’origine du très gros orage du mardi 22 juin sur Cressier ?
Michel Jaboyedoff: Il y a en ce moment une plus grande instabilité dans l’air que d’habitude. Les courants sont très changeants. L’air vient du Nord et vient du Sud. Et celui qui vient du Sud est beaucoup plus chaud que d’habitude à cette période de l’année. Ces forts contrastes, ces courants contradictoires créent de gros foyers orageux, de façon répétée. Cela se manifeste, et nous le ressentons tous, outre par des orages, par des sautes de températures importantes. On passe de 18 degrés un jour à 32 degrés le lendemain. Ce n’est pas une situation normale.

Quelles sont les zones de danger en Suisse?
Elles sont nombreuses, voire innombrables. On le voit bien avec les effets produits par les très gros orages. Vu le nombre de torrents que comptent la Suisse et notamment les Alpes, mais pas seulement, pensons à Lavaux dans le canton de Vaud, des catastrophes comme à Cressier peuvent frapper là où le terrain s’y prête. S’il s’agit de glissements de terrains, on estime que cela concerne 6% du territoire national. Quant aux zones inondables, c’est plus, de l’ordre de 10%, vu le nombre de plaines pouvant être affectées. Cela concerne entre autres la plaine du Rhône, ainsi que la plaine face à Cressier, justement.

Aux inondations de type classique s’ajoute le ruissellement, du fait de l'empreinte humaine sur la nature, soit l’eau qui s’accumule et fragilise des terrains, et notamment des terrains construits. Ce qui est inquiétant et coûte cher en travaux de stabilisation.

Michel Jaboyedoff

Ce qui est susceptible de changer avec le réchauffement climatique, c’est que les épisodes violents comme celui de Cressier, dont on estimait jusqu’ici la fréquence à tous les trente ans ou les cent ans, risquent de se rapprocher.

Est-ce qu’on peut parer aux dangers liés à ces épisodes violents? Construire des déviations? Ou faudra-t-il par endroit se résoudre à partir? Ce qui créerait en Suisse même des réfugiés climatiques.
Des réfugiés climatiques en Suisse même, non, je ne pense pas. Les réparations à Cressier vont coûter quelques millions de francs. On pourrait dire que ce type d’incident risque de se reproduire. Dès lors, au lieu de dépenser des millions en réparations, on pourrait les allouer à des mesures de prévention. Et cela sera très probablement fait à Cressier. On ne pourra pas le faire pour tous les torrents susceptibles d’affecter des zones habitées, car cela coûterait trop cher. La tendance, c’est d’aménager des déviations pour amener l’eau là où il n’y a personne.

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source: sda / laurent gillieron
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