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Interview

Orages, grêle, le ciel est-il en train de nous tomber sur la tête?

Image: watson/shutterstock/twitter
Depuis quelques jours, les tempêtes se succèdent sans répit dans toute la Suisse. Est-ce normal? Une chose est sûre: ce n'est pas encore fini.
22.06.2021, 11:5922.06.2021, 16:25
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Depuis la nuit de vendredi à samedi, la Suisse est balayée par les intempéries. De très violents orages se sont abattus sur plusieurs régions du pays, des grêlons mesurant plusieurs centimètres sont tombés sur Fribourg, dimanche, et sur La Chaux-de-Fonds, lundi. Le ciel est-il en train de nous tomber sur la tête? On a posé la question à Dean Gill, prévisionniste à Météo Suisse.

On a vu beaucoup d'orages en très peu de jours, dans plusieurs parties du pays. Est-ce normal?
La notion de normal ne veut pas dire grand-chose dans ce domaine. L'activité orageuse varie très fortement d'une année sur l'autre, d'un mois sur l'autre. Cela fait partie de la variabilité naturelle du climat. On peut avoir d'un seul coup plusieurs vagues orageuses qui se suivent, et souvent ça peut durer plusieurs jours d'affilée. Il n'y a rien d'anormal à cela. D'une manière générale, on n'a pas noté une augmentation du nombre de tempêtes.

Il faut aussi dire que les orages sont des événements plutôt localisés, qu'on a toujours de la peine à prévoir individuellement. On peut dire qu'il y aura des orages dans une région donnée, mais on ne sait pas encore prédire où ça va tomber exactement.

Va-t-il y en avoir d'autres?
Oui, ça devrait encore se poursuivre ces prochains jours, déjà à partir de ce mardi. On va d'ailleurs émettre une préalerte qui dit que des orages sont possibles cet après-midi et ce soir.

«Mercredi, la journée pourrait être plus orageuse, notamment en soirée. On peut s'attendre à des orages localement forts»

On reste à peu près dans la même configuration, c'est-à-dire qu'on a un courant de sud-ouest en altitude qui draine de l'air chaud, humide et instable: c'est le carburant pour les orages.

Justement, comment se forment-ils?
C'est un cocktail. Pour faire de l'orage, il faut de l'air chaud et humide, et de l'instabilité. Mais il faut aussi un déclencheur: c'est ce qu'on appelle le soulèvement, un élément qui soulève la masse d'air. Cela peut être une montagne, un front, ou une zone de convergence, où des vents opposés se rencontrent.

Pour avoir un orage violent, il faut additionner un élément supplémentaire, qui s'appelle le cisaillement de vent. C'est la variation du vent avec l'altitude, qui change de direction. Cela va influer sur l’organisation de l'orage, qui va durer plus longtemps et donner de très gros grêlons.

Le réchauffement climatique joue-t-il un rôle dans la formation des orages?
A l'heure actuelle, c'est difficile de faire le lien. Certains le font, d'autres pas, la question est encore ouverte. Par contre, on voit une différence au niveau des événements de précipitations extrêmes.

C'est-à-dire?
Ce sont de fortes précipitations qui durent plusieurs jours et qui peuvent provoquer des inondations, mais il ne s'agit pas forcément d'événements orageux. Ces intempéries sont clairement en augmentation, et cela est dû au réchauffement climatique.

La grêle a fait près de 100 millions de dégâts
Les nombreux orages de grêles qui se sont abattus ces derniers jours en Suisse ont fait près de 100 millions de francs de dégâts, selon les assureurs. Les véhicules et l'agriculture ont été les plus touchés, avant tout sur le Plateau et le Jura. Rien que pour l'agriculture, Grêle Suisse fait face à quelque 2500 déclarations de sinistres qui ont provoqué des pertes d'un montant de 18 millions de francs, a annoncé mardi la société qui assure les récoltes d'environ 30 000 exploitations. Les grandes cultures, les cultures maraîchères et fruitières, les plantations de tabac ou les baies ont été particulièrement touchées dans les cantons de Vaud, Fribourg, Neuchâtel, Jura, ainsi que Berne, Lucerne, Zoug et Zurich. (ats)

Les intempéries en Suisse

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Les intempéries en Suisse
source: sda / salvatore di nolfi
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