Il a plu, mais le niveau des lacs et des fleuves pose problème
La Suisse souffre de la sécheresse. Le niveau de nombreux cours d’eau et lacs reste trop bas pour la saison, malgré les pluies de cette semaine. Le lac de Constance et le lac de Zoug sont particulièrement touchés. En Suisse romande, la situation semble plus stable.
Malgré les précipitations tombées ces derniers jours, le débit de nombreux cours d’eau du Plateau reste faible, voire très faible pour la saison, selon les dernières mesures de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV). Les niveaux du Rhin supérieur, de la Reuss et de la Limmat demeurent notamment inférieurs aux valeurs habituelles pour cette période de l’année.
Les niveaux sont parfois très bas
Le lac de Constance et le lac de Zoug affichent même des niveaux «très bas» en comparaison saisonnière, a indiqué une hydrologue de l’OFEV à l’agence Keystone-ATS. Cette situation s’explique par la sécheresse des derniers mois. Des températures temporairement supérieures à la moyenne ont également favorisé l’évaporation.
Début juin, le niveau d’eau dans la partie occidentale du lac de Constance a atteint un minimum historique, avec des conséquences sur la navigation. Depuis fin avril, le tronçon du Rhin entre Stein am Rhein (SH) et Diessenhofen (TG) n’est plus navigable. Sur les lacs de Zoug et d’Ägeri, en revanche, le trafic lacustre a pu être maintenu malgré le faible niveau de l’eau, a indiqué jeudi la compagnie de navigation du lac de Zoug.
Les conditions météorologiques extrêmes ont de fortes répercussions sur les eaux non régulées, comme le lac de Constance ou le lac de Walenstadt. Selon Remo Rey, directeur de la Compagnie suisse de navigation sur l’Untersee et le Rhin (URh), les fortes variations entre hautes et basses eaux se sont accentuées ces dernières années, en particulier pour le lac de Constance et le Rhin supérieur.
Les variations sont importantes
A titre d’exemple, une alerte de crue du niveau de danger maximal avait été émise sur l’Untersee en juin 2024. Dix mois plus tard à peine, le niveau de l’eau atteignait un plus bas historique. «Il est difficile d’établir des prévisions fiables», souligne Remo Rey. L’URh cherche désormais des solutions pour adapter l’exploitation de ses bateaux aux faibles profondeurs afin de pouvoir continuer à naviguer même en période de basses eaux.
A l’exception du lac de Constance et du lac de Walenstadt, la plupart des lacs suisses sont régulés. Cette gestion permet d’atténuer les effets des crues et des périodes d’étiage, tout en conciliant les besoins de la nature, de la navigation et de la production d’énergie.
Selon l’OFEV, les pluies des derniers jours ont provoqué une hausse temporaire des débits et du niveau des lacs dans les régions concernées. Les dernières prévisions montrent toutefois que les niveaux d’eau vont à nouveau diminuer dans les semaines à venir, ce qui risque d’aggraver la situation d’étiage.
La Romandie est épargnée
En Suisse romande, la situation semble pour l’heure plus stable. Selon les données de l’OFEV, le niveau du lac Léman, mesuré à Genève-Sécheron, s’élève actuellement à 372,09 mètres au-dessus du niveau de la mer, soit un niveau proche de la moyenne annuelle fixée à 372 mètres. A la même période l’an dernier, il atteignait 372,11 mètres.
Même constat pour le lac de Neuchâtel: au Nid-du-Crô, le niveau de l’eau se situe actuellement à 429,46 mètres, contre 429,48 mètres un an plus tôt. Ce niveau reste par ailleurs supérieur à la moyenne annuelle, établie à 429,29 mètres. (ats)
