Suisse
Migros

Migros et Coop interdisent le port du foulard aux caissières

Migros et Coop interdisent le port du voile aux caissières

Les deux détaillants fournissent des justifications pour l'interdiction des couvre-chefs dans leurs magasins, qui ne s'applique toutefois pas partout.
04.03.2024, 09:4404.03.2024, 09:44
Benjamin Weinmann / ch media

L'affaire a suscité un débat houleux parmi les lecteurs de CH-Media. La semaine dernière, on a appris que Migros avait mis à la porte une employée de longue date à Lucerne. En cause, son refus de venir au travail sans voile. Elle s'estime discriminée par son licenciement et porte désormais plainte contre le détaillant.

Migros a invoqué son code vestimentaire national, qui stipule que tout couvre-chef est interdit dans les activités en contact avec la clientèle. «Cela inclut les couvre-chefs religieux, y compris les foulards, turbans et kippas», a déclaré la porte-parole Carmen Hefti.

Kippas et hijabs, non – bonnets rouges oui

Migros n'est pas la seule entreprise à le faire. Son concurrent direct, Coop, a également fait référence aux directives en matière de vêtements.

«Chez Coop, dans la vente, les casquettes de baseball, les chapeaux, les bonnets et tous les couvre-chefs religieux ne font généralement pas partie de l'uniforme de vente et ne sont donc pas autorisés»
La porte-parole Sina Gebel.

Seulement, ces interdictions formulées de manière générale sont pleines de flous, comme le montre un coup d'œil sur d'autres formats de vente. Ainsi, dans la chaîne de restauration Coop «Rice Up!», il y a bien des employées à la caisse portant le hijab. Et dans le concept italien Sapori d'Italia, les casquettes rouges font partie de l'uniforme du personnel de vente.

Pourquoi Coop fait-elle une différence entre les supermarchés et les autres formats? Le distributeur y voit-il une contradiction entre la vie privée et professionnelle?

Coop esquive les questions

Sina Gebel ne prend pas position sur ces questions. Elle se contente d'indiquer que «Rice Up!» appartient à Two Spice, une joint-venture à laquelle Coop participe majoritairement et qui dispose d'un autre règlement vestimentaire – sans réglementation explicite sur le couvre-chef. Two Spice gère également la nouvelle chaîne de restaurants Coop Yalda, qui vend des spécialités orientales comme les shawarmas, le taboulé et le houmous. Sina Gebel:

«Les couvre-chefs sont autorisés après accord»

Et qu'en est-il de la Migros poursuivie en justice? Fait-elle aussi des exceptions pour ses filiales? Le service de presse du géant orange n'est pas disposé à donner des informations précises à ce sujet. La porte-parole Carmen Hefti se contente de dire que le sujet a été suffisamment traité.

«De notre côté, tout a été dit à ce sujet»

Et elle fait remarquer que les différentes coopératives et entreprises Migros ont la possibilité d'aménager cette directive de manière individuelle. En d'autres termes : il devrait y avoir des exceptions chez Migros également.

Une nouvelle espèce d’anaconda géant découverte en Amazonie
Video: watson
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
Cette «aberration» fait réagir les régies et propriétaires romands
Derrière les tuyaux de climatisation qui recrachent par des portes d'entrée ouvertes leur air chaud dans la rue, régies et propriétaires voient un problème plus large. Règles strictes, coûts, autorisations: selon eux, le bricolage énergétique naît aussi d’un cadre trop rigide.
Une porte grande ouverte, un tuyau de climatiseur mobile posé tant bien que mal vers la rue, de l’air chaud rejeté sur le trottoir: l’image a quelque chose d’absurde. Elle est pourtant devenue familière en période de canicule, notamment devant certains commerces romands. Dans un précédent article, watson pointait ce paradoxe: alors que les autorités appellent à la sobriété énergétique, certains magasins font tourner leur clim’ porte grande ouverte: l’air chaud est expulsé sur le trottoir, puis la chaleur de la rue revient aussitôt par l’entrée. Plusieurs interlocuteurs évoquaient alors un autre problème: la difficulté, pour certains commerçants, d’obtenir l’autorisation d’installer une solution plus efficace.
L’article