DE | FR
Belprahon, vote d'autodétermination, 17 septembre 2017.
Belprahon, vote d'autodétermination, 17 septembre 2017.Image: KEYSTONE

Vous pensiez être débarrassés de la Question jurassienne? Eh ben non!

Le 27 juin, Belprahon, petit village du Jura bernois, organise un vote consultatif sur son appartenance cantonale. Tout comme Moutier, les autorités de la localité veulent rejoindre le canton du Jura. Une hémorragie sans fin?
02.06.2021, 06:0803.06.2021, 14:39

Ici, on compte les années en dizaines (parce que le temps dure longtemps) et les habitants en centaines (parce qu’il n’y en a pas beaucoup). Pomme de pin dans les draps confédéraux, la Question jurassienne n’en finit pas de piquer les pieds. Elle devait être terminée le 28 mars, le jour où Moutier a décidé de quitter le canton de Berne pour rejoindre le canton du Jura. Voilà qu'elle rebondit à Belprahon, l’un des sept villages attenant à la cité prévôtoise (l’adjectif pour Moutier). Eux sont restés bernois, tels des nains privés de leur Blanche-Neige.

Dans une lettre adressée le 21 mai au gouvernement bernois, les autorités de Belprahon, 300 habitants, annoncent, la bouche en cœur, la «répétition», le 27 juin, d’un vote sur l’appartenance cantonale de la localité. Et bing! Pour tout dire, c’était dans l’air.

En un mot comme en cent, Belprahon, où plusieurs votes d’autodétermination ont déjà eu lieu (toujours serrés et jamais en faveur du canton du Jura) ne veut pas rester dans le canton de Berne, à présent que Moutier a pris la direction du Nord, celle de la République jurassienne. Berne empêchera-t-il le vote d'avoir lieu? Le conseil communal étant pour, la population devrait suivre son avis. Et la Question jurassienne serait alors relancée, en tout cas symboliquement.

«Un vote sauvage», parole d'antiséparatiste

«C’est un vote sauvage», réagit Virginie Heyer, une antiséparatiste, présidente du Conseil du Jura bernois (CJB) et maire de Perrefitte, l’une des communes satellites de Moutier. «C’est dommage, Moutier parti, on pensait en avoir fini avec tout ça», dit-elle, jointe par watson. Le CJB juge illégal le scrutin prévu le 27 juin à Belprahon. «Tant le canton de Berne que celui du Jura ont déclaré la Question jurassienne terminée au soir du vote prévôtois», rappelle celle qui vise un siège au gouvernement bernois en 2026 (pour 2022, la place est déjà prise).

Les séparatistes se gaussent de la situation, sur le mode: «On vous avait prévenus.» Le canton du Jura, lui, reste sur une ligne légaliste. La venue de Belprahon dans son giron n’est pas au programme. Mais il assiste au spectacle.

Un «oui» le 27 juin créerait à nouveau une situation inconfortable pour le canton de Berne. La crainte de ce dernier est que se reforme un foyer de séparatisme à ses marges septentrionales, obligeant la Confédération à intervenir une fois encore dans un dossier qu’elle connaît bien.

Virginie Heyer ne veut pas croire à un effet domino sur les autres localités entourant Moutier en cas de majorité séparatiste à Belprahon. «Vous savez, à part cette commune-là, les six autres sont clairement antiséparatistes», assure-t-elle.

Barbouillage antiséparatiste. Belprahon, septembre 2017.
Barbouillage antiséparatiste. Belprahon, septembre 2017.Image: KEYSTONE

«Madame Heyer a raison, mais elle oublie d’ajouter une chose: ces communes sont antiséparatistes, pour l’instant», réplique le chef des séparatistes, Pierre-André Comte, secrétaire général du Mouvement autonomiste jurassien et rédacteur en chef du Jura Libre. Dans sa prochaine édition du 4 juin, l’organe du combat jurassien s’en tient à sa grille d'analyse de toujours: l’annexion du Jura à Berne en 1815 a été une «erreur historique».

0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
Le Rhin est à sec et c'est un problème pour le porte-monnaie des Suisses
La sécheresse impacte l’une des plus grandes artères fluviales d’Europe qui n'a jamais été aussi aride qu'en ces jours estivaux. Parmi les conséquences évoquées: le trafic européen et l'activité économique suisse mis à mal.

A Düsseldorf, se trouve la colonne vertébrale de l'Europe rhénane aussi connue pour être l’espace économique le plus dynamique d’Europe. Problème: il n’a jamais été aussi sec que cet été. C'est ce que révèle un article du 24 Heures publié jeudi. Selon le quotidien vaudois, les péniches – de plus en plus rares – ne naviguent sur le Rhin plus que sur cinq cents mètres cubes par seconde en moyenne. Un débit généralement observé durant la période automnale.

L’article