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Harcèlement en ligne, Neuchâtel renforce ses outils de sécurité

Harcèlement en ligne, Neuchâtel renforce ses outils de sécurité

Malgré un niveau de satisfaction élevé envers la Police neuchâteloise, le sentiment d’insécurité progresse depuis 2019, notamment en lien avec les escroqueries et la cybercriminalité, selon une enquête mandatée par le canton.
10.02.2026, 15:0810.02.2026, 15:08
Céline Vara se confie sur son voyage à Oman.
Céline Vara, la conseillère d'Etat.

Malgré un léger recul par rapport à 2019, 85% des personnes se sentent en sécurité dans le canton de Neuchâtel, selon un sondage. Pour améliorer le sentiment de sécurité, la population neuchâteloise pourra dès ce printemps signaler, y compris anonymement, les comportements de harcèlement en ligne. Des caméras sont aussi envisagées dans certains lieux pertinents de l'espace public.

«La confiance envers la police neuchâteloise et la satisfaction restent élevées»
Céline Vara

Céline Vara, conseillère d'Etat en charge de la police. Ce deuxième sondage montre que 79% des répondants estiment que la police écoute leur préoccupation et que 92% d'entre eux sont satisfaits de la qualité de vie dans leur quartier ou village.

Par rapport à 2019, le sentiment d'insécurité a augmenté de manière générale d'environ 4% dans le monde physique.

«Cette évolution résulte notamment de la hausse du vol à l'astuce et de l'escroquerie, en lien avec le phénomène des faux policiers.»
Sami Hafsi

La cybercriminalité inquiète aussi davantage la population qu'en 2019. Près de 60% des répondants craignent des atteintes à leurs biens sur Internet, notamment des escroqueries ou l’usage frauduleux de moyens de paiement.

Dans l'espace physique, le sentiment d'insécurité augmente également, même si les taux de victimisation (personnes ayant effectivement été victimes) restent globalement stables. «Les cambriolages sont par exemple en baisse mais la peur d'être cambriolée a augmenté», a précisé Simon Baechler, chef de la police judiciaire.

Centres fédéraux d'asile: inquiétudes

Pour 67%-68% des habitants des communes de Boudry et des Verrières et de celles proches des centres fédéraux d'accueil (CFA) de requérants, la sécurité s'est dégradée ces dernières années. «Si la situation de criminalité de l'asile s'améliore, elle n'est pas en adéquation avec le ressenti de la population, qui dénonce peut-être un ras le bol», a ajouté le commandant de la police. Les problèmes de 2020 (opération Litto), avec notamment des vagues de vol à l'arraché, ont aussi marqué les esprits.

Le centre des Verrières pour requérants récalcitrants a fait aussi beaucoup réagir l'an dernier et il a été finalement fermé à fin novembre par la Confédération. Pour le CFA de Boudry, «nous n'allons pas mettre de côté cette question et voir quelles mesures peuvent être prises», a ajouté Céline Vara.

«Pour combler le delta entre le sentiment de sécurité et la réalité, le canton va notamment mettre en place ce printemps un dispositif en ligne, via le portail électronique de l'Etat, permettant de signaler les comportements de harcèlement.»
La conseillère d'Etat

Cela devrait permettre à la police d'avoir une meilleure connaissance du terrain, pour pouvoir intervenir de façon plus ciblée.

Les personnes pourront inscrire en ligne un signalement de façon anonyme et sans devoir déposer une plainte pénale. Elles décideront elles-mêmes, si elles souhaitent que la police les recontacte. Même les touristes de passage, à l'aide d'un QRcode, pourront déposer un signalement.

Caméras de sécurité

Un autre moyen serait d'installer des caméras de sécurité dans des lieux perçus comme préoccupants. Le sondage montre que 72% des personnes seraient favorables à l'augmentation de caméras dans l'espace public. «On ne va pas en installer partout», a expliqué Sami Hafsi.

«Actuellement, il y a des caméras dans les gares notamment mais pas de réseau de caméras qui maille l'espace public», a précisé Simon Baechler. «On va entamer des discussions avec des communes et des particuliers.»
Céline Vara

Le sondage a été confié à des experts indépendants, dont notamment l'Ecole des sciences criminelles de l'Université de Lausanne. Au total, 14'000 personnes sélectionnées au hasard ont été invitées à participer à ce sondage, qui a vu son taux de participation s’élever à 18%, ce qui a permis d'assurer une bonne représentativité de la population en termes d'âge, de genre et de commune de domicile. (dal/ats)

Pourquoi la police neuchâteloise filme ses policiers en direct
Video: twitter
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