Suisse
Vaud

Vaud: le Tribunal cantonal casse le placement de deux enfants

Vaud: le Tribunal cantonal casse le placement de deux enfants
Deux frères attendent toujours de rejoindre leur mère, malgré l'aval du tribunal cantonal (image d'illustration).Image: montage watson

Cette Romande a perdu la garde de ses enfants à cause d'un mensonge

Une nouvelle affaire d'enfants placés secoue la justice vaudoise et éclaire les difficultés du système de protection de la jeunesse.
12.02.2026, 16:5512.02.2026, 16:55

Deux petits garçons sont séparés de leur mère depuis plus de six mois à la suite d’une dénonciation anonyme mensongère, malgré un arrêt du Tribunal cantonal jugeant le placement disproportionné. L’affaire, révélée par 24 Heures, relance les critiques sur le fonctionnement de la protection de l’enfance dans le canton de Vaud.

En septembre 2025, la Direction générale de l’enfance et de la jeunesse (DGEJ) décide le placement en urgence de Noam*, 5 ans, et Ismaïl*, 3 ans, sur soupçons de maltraitance paternelle. A l’origine de l’alerte: une lettre anonyme d'une prétendue voisine, en vérité la grand-mère maternelle qui avait une dent contre le père. Pour appuyer son cas, elle fait constater de prétendues blessures sur les enfants, qui seront pourtant classées comme de simples bobos par l'hôpital. Mais, au vu des allégations de la dame, le protocole impose un signalement.

Le père, fragile psychiquement et sous curatelle, n’a jamais vécu avec les enfants mais bénéficiait jusque-là d’un droit de visite libre. Jusqu’à l’été 2025, la DGEJ ne relevait aucun problème majeur, observant des parents adéquats.

Un placement jugé disproportionné

Malgré l’absence d’indices concrets, la justice de paix entérine le placement. Pour la maman, le monde s'écroule:

«Tout le monde est tombé des nues: enseignante, pédiatre, voisins, les camarades de mes enfants… Je ne savais pas quoi leur expliquer. Je ne pouvais pas dire qu’il y avait des violences du père, puisqu’il n’y avait pas de violences. Je ne pouvais pas dire que je m’occupais mal de mes fils, tout le monde savait que ce n’était pas le cas.»
La mère à 24 Heures

Soutenue par son entourage, la mère mandate l’avocate Kathrin Gruber, qui dénonce une mesure de contrainte injustifiée. En janvier, la Chambre des curatelles du Tribunal cantonal lui donne raison: aucun élément sérieux ne démontre une violence du père, la grand-mère est revenue sur ses accusations et la mère est jugée capable d’élever ses enfants. Le tribunal estime le placement disproportionné.

Pourtant, les enfants restent en foyer. La DGEJ explique ne pas pouvoir lever la mesure sans une nouvelle décision de la justice de paix, attendue fin février. Une lenteur qualifiée de «révoltante» par l’avocate, qui réclame la restitution immédiate des enfants.

La mère décrit une situation douloureuse: visites limitées, enfants en détresse, troubles du comportement. «Ils demandent quand ils rentrent à la maison», confie-t-elle au média lausannois. Selon elle, le placement a fragilisé des enfants auparavant épanouis:

«Si je fais le tableau des «pour» et des «contre», je ne vois que des «contre», par rapport au bien-être de mes enfants. La relation qu’ils avaient entre frères a changé, ils ne veulent plus jouer ensemble, ils se tapent, ils sont tristes, renfermés, désécurisés par tout, alors qu’ils étaient pleins de joie de vivre. Maintenant, ils doivent aller chez le pédopsy! C’est le contraire de l’objectif visé…»
La mère à 24 Heures

L’affaire n’est pas isolée, selon l’ONG Mouvement Parents Enfants Jeunesse. Son président, Julien Dura, affirme que trop de placements durent des mois et sont insuffisamment remis en question. Faute de statistiques précises, impossible toutefois de mesurer l’ampleur du phénomène. En 2024, plus de 1000 mineurs vaudois ont été placés, sans données sur les recours ou leur issue. (hun)

*prénoms modifiés

Les enfants sont formidables
1 / 14
Les enfants sont formidables
source: imgur
partager sur Facebookpartager sur X
La tournée promo de Timothée Chalamet en France fait sensation
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Votre commentaire
YouTube Link
0 / 600
Trump a deux raisons de continuer à taper sur la Suisse
Le président américain a profité d’une interview télévisée pour s’en prendre une nouvelle fois à Karin Keller-Sutter. Cherche-t-il ainsi à mettre la Suisse sous pression avant les discussions sur un accord commercial?
Le président des Etats-Unis n’a toujours pas pardonné à la «première ministre» suisse. Dans un entretien télévisé enregistré lundi, Donald Trump s’est de nouveau plaint de l’attitude «très agressive» de celle dont il ne parvient décidément plus à se souvenir du nom.
L’article