Ces échanges «abrupts» qui posent problème à la police genevoise
L'organe de médiation indépendante entre la police genevoise et la population (MIPP) recommande un dispositif institutionnel de prévention du profilage racial. Parmi ses autres préconisations, publiées pour la première fois mardi à l'occasion de ses dix ans, il suggère de rappeler que les policiers ont l'obligation d'enregistrer des plaintes.
Dans son rapport, le MIPP, seul mécanisme de ce type en Suisse, estime que la réflexion sur une approche contre le profilage racial devrait considérer les répercussions des contrôles d'identité à moyen et long terme sur la confiance de la population dans sa police. Les termes déshumanisants devraient être bannis.
De nombreuses situations conflictuelles relayées auprès de l'organe sont liées à de premières discussions considérées comme «abruptes» ou discourtoises, ajoute le MIPP. Des salutations sont requises, de même que le vouvoiement, sauf si l'interlocuteur autorise davantage de familiarité.
Pour les mineurs, les auditions devraient avoir lieu dans des salles adaptées. L'intimidation de ces personnes peut être contreproductive, selon le MIPP.
Dans les locaux de la police, les échanges avec les personnes concernées doivent rester confidentiels et ne pas être entendus par les autres usagers. De même, les discussions entre collaborateurs ne doivent pas l'être par les personnes auditionnées ou détenues. En cas de privation de liberté, les informations nécessaires doivent être communiquées dès l'intervention policière.
Une alternative au dépôt de plainte peut être proposée à une personne souhaitant engager une procédure, mais elle doit lui être expliquée clairement et «sans ironie». Si la personne souhaite malgré tout déposer plainte, sa demande doit être enregistrée. Le MIPP demande également un suivi de ces recommandations.
L'année dernière, plus de 130 personnes ont contacté le MIPP, un chiffre stable après la hausse enregistrée l'année précédente. Près de 70 dossiers ont été ouverts, un nombre en baisse sur un an. La plupart l'ont été à la demande de la population, mais 12 à celle de la direction de la police genevoise. Une trentaine de dossiers étaient encore en cours. En 2025, plus de 70 ont par ailleurs été clôturés. La plupart sont traités dans un délai de quatre mois. (ats/mrs)
