Cette police romande est démunie face aux «pans dans le cul»
A Neuchâtel, les conducteurs qui collent le véhicule de devant ne sont sanctionnés que si une patrouille les surprend en flagrant délit. Comme le relate ArcInfo, la police cantonale n’a, en effet, aucun dispositif technique à sa disposition pour l'aider à repérer «les pans dans le cul», comme l'a titré, avec humour, le média neuchâtelois. Elle n'a pu ainsi dénoncer que six cas cette année, contre quatre en 2025.
Cela alors que l’an dernier, 54 des 885 accidents de la route survenus dans le canton — soit 6,1% — ont été causés par une distance insuffisante. Parmi eux, 29 ont fait des blessés. Pour la comparaison: l’inattention au volant en a provoqué 169, soit 19%.
Les polices bernoise et tessinoise, par exemple, utilisent un appareil mobile pour faire face à cette problématique. Berne dispose aussi d’un système fixe, qui fonctionne depuis plus de dix ans. Rien que du 17 au 21 août dernier, elle a dénoncé 29 infractions sur les autoroutes — surtout grâce à l’appareil mobile.
Du matériel mal adapté
Mais, pour le capitaine Alain Saudan, ce type d’appareils ne conviendraient pas au canton, qui n’a pas d’aussi grands axes autoroutiers que Berne. A sa connaissance, d'ailleurs, aucune autre police romande n’en possède.
Un dispositif fixe coûterait environ 350 000 francs et serait impossible à monter dans les tunnels. Un appareil embarqué coûterait moins cher, mais ne servirait pas dans le tunnel de La Vue-des-Alpes. Voilà le casse-tête.
Alain Saudan espère que les aides à la conduite, comme le tempomat, feront reculer le problème. Pour rappel, pour celui ou celle qui se fait pincer, l’infraction est jugée grave sous 0,6 seconde d’écart: le permis est alors retiré trois mois, s'il n'y a pas d'antécédents. (dag)
